À la Réunion, les soignants ont-ils reçu des masques moisis de la part des autorités de santé ?

Les professionnels de santé de la Réunion ont eu la mauvaise surprise de découvrir des masques moisis.
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À LA LOUPE – Des photos de masques moisis, livrés par l'Agence régionale de Santé, ont été mises en ligne par des soignants sur l'île de la Réunion. Les médecins et personnels de santé vont-ils manquer de matériel ? L'ARS assure que de nouveaux arrivages sont imminents.

L'approvisionnement en masques est un enjeu majeur pour les personnels de santé, qui doivent non seulement venir en aide aux patients atteint du Covid-19, mais également éviter eux-mêmes une contamination et la propagation du virus. Sur l'île de la Réunion, la question est sensible : des soignants ont en effet découvert avec stupeur que de nombreux masques reçus en début de semaine était tout bonnement inutilisables. 

Sur les photos partagées par les internautes réunionnais, on découvre en effet des traces de moisissure sur des lots entiers, qui rendent inutilisable le précieux matériel. Impossible de les porter et donc de se protéger. 

L'Agence régionale de Santé (ARS), qui a fourni les masques en question, est pointée du doigt. D'aucuns en profitent d'ailleurs pour relayer une pétition mise en ligne avant cet épisode et qui dénonçait la mauvaise gestion de l'épidémie sur l’île. Le texte demande ni plus ni moins la démission de la directrice locale de l'ARS.

L'ARS plaide le cafouillage

Les photos relayées sur les réseaux sociaux montraient-elles des cas isolés ? Une large part des stocks était-elle concernée ? Devant ce couac, l'ARS de la Réunion n'a pas tardé à réagir, donnant des précisions sur le déroulé des faits et sur les masques concernés. L'Agence a ainsi expliqué que "dans l’attente de la distribution nationale et vu l’urgence à fournir des masques pour protéger les professionnels de santé", elle avait décidé de procéder à une distribution de matériel "provenant du stock régional historique et stratégique".

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Mardi, ce sont donc 36.000 masques de type FFP2 qui ont été livrés, soit 30% des quantités censées parvenir aux soignants. Rapidement après les premières livraisons, les pharmaciens ont pourtant fait remonter les problèmes. L'ARS assure que ce stock, entreposé au CHU de l'île, avait fait l’objet il y a environ une semaine d’un "premier contrôle visuel sur échantillons". Des précautions visiblement pas suffisantes, ce que reconnaît l'Agence en évoquant "une incompréhension et une coordination manifestement insuffisantes entre l’ARS et la pharmacie du CHU". 

En marge de ce mea culpa, la décision a été prise de cesser toute distribution de ces lots de masques. Les professionnels de santé qui les avaient déjà réceptionnés ont quant à eux été invités à les détruire, avant que n'en soient livrés de nouveaux. En effet, l'Agence prévoit que 50% des masques défectueux soient remplacés sous 48 heures. En parallèle, "chaque unité manquante de FFP2 sera compensée, au moment de la nouvelle distribution, par une unité de masque chirurgical, de façon à ce que chaque professionnel reçoive bien l’intégralité de sa dotation pour deux semaines d’usage", conclut l'ARS.

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Pourquoi notre pays se trouve-t-il en manque de masques ?

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