Décès de Julie, 16 ans : "Cela indique qu'il faut faire absolument attention", selon un directeur adjoint à l'Institut Pasteur

Décès de Julie, 16 ans : "Cela indique qu'il faut faire absolument attention", selon un directeur adjoint à l'Institut Pasteur

VIRUS - Invité ce vendredi 27 mars d'Elizabeth Martichoux, Vincent Enouf, directeur adjoint du centre de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur, fait un point sur l'évolution de la recherche et revient notamment sur le cas de Julie, cette adolescente de 16 ans décédée du Covid-19.

Jeudi soir, le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon, a annoncé le décès de Julie, une adolescente de 16 ans, victime d'une forme sévère du virus, "extrêmement rare" chez les jeunes. Invité d’Elizabeth Martichoux ce vendredi matin, Vincent Enouf, directeur adjoint du centre de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur, est revenu sur le décès de cette lycéenne parisienne, la plus jeune victime française de la pandémie pourtant réputée pour toucher principalement les personnes âgées ou vulnérables : "Jusqu’ici, on disait que les personnes jeunes pouvaient être infectées et s’en sortaient bien. Je ne connais pas le dossier de cette jeune fille mais son cas sera regardé de près. Face au même virus, des personnes qu’elles soient âgées ou jeunes peuvent réagir de manière complètement différente." 

Ce qui est sûr, c'est qu'il s'agit d'un virus respiratoire agressif une fois qu'il a infecté quelqu'un mais, précise-t-il, "il faut aussi regarder les pathologies sous-jacentes chez les personnes contaminées pour en apprendre plus" : "Il y a encore beaucoup de choses qu'on ne sait pas le concernant. Pour le cas de Julie, il est trop tôt pour savoir si le virus était particulier ou sur un terrain qui le favorisait. Il faut vraiment continuer à étudier et dans tous les cas, cela indique qu’il faut faire absolument attention : si nos jeunes se pensaient indemnes de toute possibilité d’être infectés, ce n’est pas vrai."

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"Un virus assez stable aujourd'hui"

Par extension, le directeur adjoint du centre de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur fait le point sur ce que l'on sait et ce que l'on en sait pas encore sur le Covid-19 : "Des mutations de ce virus ont lieu en permanence, elles pourraient le ralentir ou le rendre plus dangereux. Aujourd'hui, on a affaire à un virus assez stable, qui mute toujours mais dont les mutations n'augmentent pas, pour l'instant, sa dangerosité. Il reste très infectieux, avec une capacité à infecter très rapidement une grande partie des familles : quand un membre est infecté, les autres membres le sont aussi." 

Vincent Enouf rappelle ainsi que "ce qui est dangereux aujourd'hui, c'est la contagiosité du virus pour les personnages à risque" : "C'est pour cela que le confinement le plus drastique doit être suivi pour que les personnes à risque et atteintes de comorbidité ne soient pas exposées. Ce virus pourrait provoquer une décompensation d'une pathologie sous-jacente."

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"On cherche activement un vaccin"

D'autres thèmes inhérents au virus ont été évoqués avec le directeur adjoint du centre de référence des virus respiratoires de l'Institut Pasteur, notamment la nécessité d'un vaccin si celui-ci devient saisonnier : "Si le virus revient chaque hiver, il nous faudra absolument un vaccin d'ici à l'hiver prochain, fin 2020 ou début 2021", assure-t-il. "On se demande si ce virus ne va pas devenir saisonnier, ou si on peut l'attraper une seconde fois... On cherche activement un vaccin. Des essais sont prévus pour dans quelques mois. Et à la fin du confinement, on doit massivement effectuer des prises de sang sur la population, pour évaluer le taux d'anti-corps. Ce sera très important." 

Il précise par ailleurs qu'il n'y a pas de concurrence dans la recherche d'un vaccin : "Au contraire, il y a beaucoup d'entraide entre les chercheurs du monde entier. Récemment, les Chinois nous ont transmis des informations cruciales."

Sur le sujet de la chloroquine, au cœur de bon nombre de débats enflammés cette semaine, "des études ont été lancées pour vérifier son efficacité à plus grande échelle", rappelle-t-il. "Elles permettront d'infirmer ou de confirmer la pertinence de l'utilisation de cette molécule." Et quant au confinement imposé aux Français, "au bout des 15 premiers jours, normalement, on devrait pouvoir commencer à évaluer son efficacité."

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