Départements "sous surveillance" : ces indicateurs désormais regardés à la loupe

Départements "sous surveillance" : ces indicateurs désormais regardés à la loupe

REPERES - Placés sous "surveillance renforcée", 20 départements sont susceptibles d'être soumis, dès le 6 mars, à des "mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque". Quelles sont les données qui permettront d'en juger ?

Un compte à rebours a été amorcé ce jeudi pour vingt départements français en proie à une circulation accrue de l'épidémie de Covid-19. Comme cela s'est déjà produit depuis le début de la crise sanitaire, le gouvernement se donne un laps de temps pour envisager "des mesures de freinage proches de celles mises en place à Nice et Dunkerque" si la situation venait encore à se dégrader dans ces territoires. Le cas échéant, celles-ci seront applicables dès le 6 mars.

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La France face à une 3ème vague d'ampleur

Les zones concernées, qui recouvrent toute l'Ile-de-France, le Rhône, les Bouches-du-Rhône, le Var, les Alpes-Maritimes, l'Oise, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, la Drôme, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle ou encore l'Eure-et-Loir, ont d'ores et déjà été placées en sous "surveillance renforcée" et en "vigilance maximale". Selon quels critères ? Au moins quatre si l'on s'en tient à l'énumération de Jean Castex ce jeudi, laissant présager que ces mêmes indicateurs vont être épiés ces prochains jours.  

Niveau d’incidence autour de 250 cas pour 100.000 habitants

Comme c'est le cas depuis sa mise en place en mai, le taux d'incidence demeure un indicateur de référence pour juger de la dégradation de la situation épidémique. Dans la majorité des départements en sursis, le taux d'incidence est supérieur à 250, le seuil d'alerte maximum fixé par les autorités. En Ile-de-France, il a notamment bondi de 240 à plus de 300 cas pour 100.000 habitants sur sept jours. Et il augmente fortement en Seine-Saint-Denis, qui compte désormais 318 nouveaux cas sur une semaine pour 100.000 habitants, se rapprochant ainsi du Pas-de-Calais (352).

À titre de repère, lorsque le confinement partiel a été annoncé dans les Alpes-Maritimes en début de semaine, le taux d'incidence de la métropole niçoise était particulièrement élevé, avec plus de 700 cas positifs pour 100.000 habitants, soit 3,6 fois la moyenne nationale (190). Dans l'agglomération de Dunkerque, désormais soumise à la même mesure, le taux d’incidence a atteint 900 cas de Covid-19 sur 100.000 habitants, ce mardi. 

Une part de variant supérieure à 50%

Mais contrairement aux vagues précédentes, le taux d'incidence est à mettre en corrélation dans le contexte actuel avec un critère plus récemment apparu : celui du taux de pénétration des variants, et particulièrement celui du variant "anglais". Depuis le 5 février, tous les tests PCR positifs font notamment l'objet d'un second test PCR, ciblant deux positions particulières de la protéine Spike du virus. Si ce nouvel indicateur est à surveiller de près, il l'est d'autant plus dans les territoires où la situation se veut "préoccupante". Les données épidémiques tendent à montrer que le virus circule plus activement dans les territoires où les variants sont les plus présents. D'où la disparité observée à l'échelle nationale.

À Dunkerque, les élus locaux avaient alerté le gouvernement dès le 12 février sur la montée de la vague, portée dans cette ville proche de l'Angleterre et de la frontière belge par le variant anglais, qui représente plus de 70% des contaminations. D'après les données provenant de la plateforme Si-Dep et exploitées par Santé publique France, ce taux s'affiche à 57,77% et 54,73% dans les départements du Nord et des Alpes-Maritimes.

Une pression hospitalière proche du seuil critique

La pression hospitalière est un autre critère très surveillé par les autorités, avec une situation déjà critique dans certains départements. C'est notamment le cas dans le Pas-de-Calais où les hôpitaux sont désormais sous tension, avec un taux d'occupation des lits de réanimation de 135%. Dans ces services, le nombre de patients admis (115 au 24 février) frôle désormais celui atteint lors du pic de la deuxième vague, en novembre. Ce taux atteint 105% en Seine-et-Marne, 133% dans la Drôme, nous indique le site Covidtracker. En Moselle, l'occupation des lits de réanimation est de 91%. Du jamais vu depuis le printemps 2020.

À titre de comparaison toujours, dans les Alpes-Maritimes, où un confinement le week-end a déjà été annoncé, le nombre de personnes hospitalisées (743) est largement supérieur au pic de la première vague, et n'a jamais connu de baisse après le deuxième confinement. En réanimation, 133% des lits présents avant la pandémie sont occupés. Dans le Nord, la pression hospitalière est estimée à 65%.

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A noter enfin que dans une étude publiée mercredi, l'Institut Pasteur juge que sans restrictions supplémentaires, la campagne de vaccination ne permettra pas d'éviter un bond des hospitalisations.

"Une circulation virale qui commence à s'accélérer"

À l'échelle nationale, le nombre quotidien de contaminations a été de 25.403 cas, jeudi 25 février, nettement derrière les 31.519 cas positifs enregistrés la veille, qui représentaient un plus haut depuis la mi-novembre. Reste que la tendance du nombre de nouveaux cas recensés chaque jour est la hausse depuis le 17 février. Pareillement si on observe un jour en particulier, semaine après semaine. Et si celle-ci n'est pas exponentielle, c'est-à-dire qu'elle n'est pas aussi marquée que celles observées pendant les accélérations du printemps et de l'automne comme l'a rappelé Jean Castex jeudi, cela n'en demeure pas moins le signe d'un nouveau sursaut épidémique. D'où l'attention particulière portée à la moindre accélération.

Le lien entre la progression des variants et l'accélération de la circulation du virus est également dans le viseur des autorités. Établie "à peu près" à la moitié par Jean Castex, ce jeudi, la part des variants dans le nombre d'infections quotidiennes pourrait amener à un tournant, rappelait plus tôt dans la semaine Martin Hirsch. "45%, c'est "the turning point' en Angleterre", prévenait le directeur général de l'AP-HP. "C'est là que la pente s'infléchit ou s'accélère", poursuivait-il, évoquant une "semaine de la vérité" pour l'Ile-de-France, où un patient sur deux est atteint par le variant "anglais". Mais également, en déduit-on, tous les autres territoires actuellement "sous surveillance"...

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