Coronavirus : la pauvreté n’a pas favorisé l’épidémie, selon la Fondation Jean Jaurès

Coronavirus : la pauvreté n’a pas favorisé l’épidémie, selon la Fondation Jean Jaurès
Santé

CRISE SANITAIRE - Contrairement à la pensée générale, les facteurs sociaux n’ont pas favorisé la pandémie de coronavirus, affirme Hervé Le Bras, directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales (EHESS), dans des travaux relayés par la Fondation Jean Jaurès.

C’est une note à contre-courant de la pensée générale. Selon l’historien et démographe Hervé Le Bras, les facteurs sociaux tels que la pauvreté ne sont pas les principales causes de la propagation du coronavirus au sein de la population. La contagion tient "davantage à l’importance des clusters initiaux qu’aux facteurs économiques et sociaux ‘classiques’", estime-t-il dans des travaux relayés par la Fondation Jean Jaurès.

Même si Hervé Le Bras constate "l’ampleur des inégalités devant l’épidémie de Covid-19", il estime que son "développement est sans rapport avec le terrain social sur lequel elle se propage, non que la situation sociale soit sans importance, mais elle n’intervient qu’en second rang". Pourtant, l’historien est clair : "le risque de décès est deux fois plus élevé pour les Noirs que pour les Blancs au Royaume-Uni, et une fois et demie pour les originaires du sous-continent indien". Aux Etats-Unis, "la disproportion est encore plus importante" puisque "les Noirs et les Latinos courent un risque trois fois plus élevé que les Blancs, dans le Michigan et l’Illinois".

"Lorsque l'épidémie n'a pas fait irruption, les plus faibles ne sont pas plus menacés"

Si "le virus n’est bien sûr pas sensible à la couleur de peau ni au pays d’origine", comment expliquer que "ces minorités", "plus pauvres", soient plus touchées par l’épidémie ? "De ce constat, on glisse souvent à l’idée que la pauvreté, la présence de minorités et d’autres facteurs socio-démographiques tels que la proportion de personnes âgées, la densité ou la concentration urbaine facilitent la progression de l’épidémie voire la constitution de foyers épidémiques lorsqu’une personne contaminée fait partie des populations défavorisées", assure le démographe.

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Mais selon Hervé Le Bras, l’épidémie ne menace les plus fragiles qu’une fois qu’elle s’est propagée, et non avant. "Lorsque l’épidémie est là, elle s’attaque aux plus faibles", confirme l’historien. "Mais lorsqu’elle n’a pas fait irruption, ces derniers ne sont évidemment pas plus menacés que les autres."

"Les différences démographiques et sociales ne prennent une grande importance" qu'une fois l'épidémie installée

"L’importance de la contagion tient seulement aux conditions de départ, à l’importance des foyers épidémiques initiaux avant qu’ils soient repérés et que l’on cherche à contrôler", continue le directeur d’études à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales. "La cartographie de l’épidémie repose sur les clusters initiaux et non sur les variables habituelles des analyses économiques, sociologiques et démographiques."

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En conclusion, Hervé Le Bras assure que "les différences démographiques et sociales prennent une grande importance" une fois l’épidémie installée, mais que ces inégalités, "facteurs habituels aux sciences sociales", ne sont pas responsables de la propagation de l’épidémie.

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