Retour en classe, perplexité des enseignants, vacances d'été... Jean-Michel Blanquer étaye les ressorts du "déconfinement progressif"

Retour en classe, perplexité des enseignants, vacances d'été... Jean-Michel Blanquer étaye les ressorts du "déconfinement progressif"
Santé

REACTION - Invité ce mercredi 15 avril d'Elizabeth Martichoux, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Education nationale, a apporté des précisions sur l'après-11 mai, date annoncée par Emmanuel Macron comme celle de la réouverture progressive des écoles.

Invité ce mercredi 15 avril d'Elizabeth Martichoux, Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale, est longuement revenu sur l'annonce d'Emmanuel Macron lundi soir concernant la réouverture progressive des crèches, des écoles, des collèges et des lycées à partir du 11 mai. Avec une question en exergue, comment va-t-elle fonctionner, concrètement ? : "Il faut souligner le mot progressif", martèle-t-il d'emblée. "Il n'a jamais été question de faire rentrer tout le monde en même temps. Cette rentrée suppose une phase de pré-rentrée pour les remettre en route, une pré-rentrée des professeurs et ensuite les élèves n'arriveront pas tous, massivement. On sera dans un mix entre l'enseignement à distance et la nécessité d'être présents à l'école. Nous accueillons les enfants de soignants, 30.000 enfants environ et nous savons le faire. La protection est fondamentale."

Une prime pour les enseignants ?

Alors que les plus jeunes sont potentiellement des vecteurs importants du coronavirus, cette réouverture progressive a inquiété de nombreux enseignants et leurs syndicats. Pour autant, le ministre de l'Education nationale rappelle ce mercredi que "l'école est obligatoire et la loi le dit" tout en rappelant la nécessité de "protéger les personnels et les élèves" : "J'entends les enseignants impatients de revenir. Si certains ont des problèmes de santé, je serai le premier à considérer qu'ils ne doivent pas revenir. En mai et juin, cela ne se passera pas du tout comme en temps ordinaire (...) On raisonne par niveau d'élèves et caractéristique du territoire, d'impératif pédagogique et éducatif". 

De là à envisager une prime pour les enseignants ? "C'est sur la table", lance-t-il, allusif.

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"Plus le confinement dure, plus il y a un risque de décrochage"

Jean-Michel Blanquer confirme ce jeudi que la dimension sociale, un des effets considérables du confinement, entre explicitement en ligne de compte : "Plus le confinement dure, plus il y a un risque de décrochage", poursuit-il. "L'ensemble des précisions sera donné d'ici deux semaines. On met des idées sur la table mais je prendrais les décisions d'ici deux semaines (...) Il faut raisonner par scénario, sur ce type de sujets : admettre les inconnus et avoir des scénarios pour s'adapter aux réalités. La date du 11 n'a pas été dite au hasard (...) Il faut un consensus des partenaires pour arriver à des formules pour rechercher le bien commun, l'intérêt général". 

Alors que, selon lui, les enseignants avaient perdu le contact avec "5 à 8% des élèves", le ministre de l'Education étaye dans le détail les différents profils d'élèves et les disparités inhérentes : "Concernant le niveau par niveau, les enfants de l'école primaire sont ceux qui souffrent le plus du confinement et les inégalités se creusent. C'est dans les CAP et Bac Pro que nous avons le plus de décrochage".

Autre question en suspens : les élèves porteront-ils un masque ? "Ça fait partie des choses possibles", assure Jean-Michel Blanquer qui n'élude aucune hypothèse. "Savon, points d'eau, distance, récréation... Tous ces sujets seront discutés pour avoir des règles communes à toute la France".

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Vers un maintien des concours

Si l'on savait que le bac 2020 serait maintenu sur la base d'un contrôle continu total, d'autres concours comme "l'agrégation, le Capes et le concours de professeur des écoles" auront lieu. "L'oral pourra être passé en juin-juillet", précise Jean-Michel Blanquer. "Des écrits auront aussi lieu : ils seront organisés dans des conditions sanitaires qui conviennent, dans des salles qui permettront cela, et cela de la mi-juin à la fin juillet. Les candidats recevront un mail pour donner les détails de ce qui arrive. J'ai souhaité qu'ils puissent passer leur concours". 

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Jean-Michel Blanquer maintient la date des grandes vacances d'été qui auront bien lieu le 4 juillet. "J'ai dit dès le début que nous maintiendrions cette date, mais du 4 juillet jusqu'à la fin août, nous allons avoir des dispositifs spéciaux", soit "les vacances apprenantes (des colonies de vacances très éducatives), le dispositif "écoles ouvertes" pour les activités du quotidien afin qu'aucun enfant ne soit confiné pour des raisons sociales au mois d'août, c'est ce que nous allons déployer", promet le ministre.

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