Covid-19 : la multiplication des clusters à l'AP-HP inquiète

Covid-19 : la multiplication des clusters à l'AP-HP inquiète

PROPAGATION - La situation dans les hôpitaux ne cesse de se dégrader. Dans une interview publiée dans Le Parisien ce mardi, l'infectiologue Gilles Pialoux s'alarme de la vitesse galopante à laquelle le Covid-19 contamine les soignants et les patients. 18 clusters se sont formés dans 5 hôpitaux de l'AP-HP sur le seul mois de janvier, selon lui.

Alors que le personnel de santé figure parmi les bénéficiaires prioritaires au vaccin contre le Covid-19, peu d'entre eux ont pour le moment franchi le pas. Selon des chiffres de l'AP-HP relayés par France Inter, seuls 18% se sont déjà faits vacciner. Or c'est précisément là que les clusters se multiplient. Dans les colonnes du Parisien ce mardi, le professeur Gilles Pialoux, chef de l'infectiologie de l'hôpital parisien Tenon, s'inquiète du nombre de soignants infectés, notamment par la souche britannique, et qui contaminent à leur tour les patients. 

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L'épuisement des soignants et l'arrivée des variants en cause

Selon lui, 18 foyers de contaminations au Covid-19 ont été recensés en janvier dans seulement cinq établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : Saint-Antoine, la Pitié-Salpêtrière, Charles-Foix, Tenon et Rothschild. "Cela se traduit par 820 jours sans pouvoir travailler et 120 lits fermés !", regrette-t-il. Pour le professeur, ces contaminations s'expliqueraient non seulement par l'épuisement des soignants, qui "respectent moins les gestes barrières au fil du temps", et par l'arrivée des variants, "plus contagieux".

Les inquiétudes du professeur sont à remettre en perspective avec les chiffres des autorités sanitaires. En effet, comme nous l'écrivions ici, les données de l'AP-HP montrent que 11.900 cas d'infection au Covid-19 ont été détectés parmi son personnel, "soit environ 12%" depuis juillet 2020. Des taux "relativement comparables" à ce qui est observé dans les autres catégories socioprofessionnelles.

Des opérations déprogrammées en nombre

Alors que 15% des opérations de chirurgie s'apprêtent à être déprogrammées pour être davantage mobilisés sur les patients Covid, Gilles Pialoux indique qu'en réalité, les déprogrammations sont déjà légion "parce que les soignants contaminés sont en quarantaine". "Rien qu'à Tenon, plusieurs salles d'hospitalisations sont aujourd'hui fermées. Cette problématique des clusters n'est absolument pas prise en compte", reproche le professeur, qui se dit "très en colère qu'on continue à appliquer les mesures de 2020 à ces variants d'une grande perversité".

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Les réanimations se remplissent plus vite que les services d'hospitalisation.- Gilles Pialoux, infectiologue, au Parisien-Aujourd'hui en France

Pour lui, il est urgent de renforcer les gestes barrières, le dépistage, le traçage des cas, en plus de la vaccination pour enrayer la propagation du virus dans les hôpitaux. Car, dit-il, si une étude est nécessaire pour le confirmer, il observe une dégradation bien plus rapide de l'état des patients contaminés par le variant britannique que par la forme initiale du Covid-19. "Les réanimations se remplissent plus vite que les services d'hospitalisation, ce que l'on n'avait pas vraiment observé depuis le début de l'épidémie. Lorsque le variant est apparu en Angleterre, on disait qu'il n'était pas plus mortel, maintenant, la question est clairement posée."

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