Selon une étude, le soleil et la chaleur pourraient affaiblir le coronavirus, Olivier Véran temporise

Vincent Maréchal, virologue sur la saisonnalité des virus enveloppés
Santé

ESPOIR - La durée de vie du virus serait réduite à seulement quelques minutes en présence notamment de rayons du soleil, rapporte une étude présentée ce jeudi 23 avril à la Maison Blanche. Une hypothèse tempérée par Olivier Véran ce vendredi.

Le nouveau coronavirus, responsable de la pandémie de Covid-19, s'affaiblit-il dans une atmosphère chaude et humide ainsi que sous les rayons du soleil ? C'est l'hypothèse qui ressort d'une étude du gouvernement américain, présentée jeudi 23 avril à Washington, mettant en lumière des "maillons faibles" dans la chaîne de transmission du virus. 

"Notre observation la plus frappante à ce jour est l’effet puissant que semble avoir la lumière du soleil pour tuer le virus, aussi bien sur des surfaces que dans l’air", a déclaré un haut responsable du département de la sécurité intérieure, Bill Bryan. "Nous avons vu un effet similaire à la fois des températures et de l’humidité. La hausse des températures ou de l’humidité, ou des deux, est généralement moins favorable au virus (...) Nous avons identifié quelques-uns des maillons faibles dans la chaîne de transmission du virus. Nous avons identifié que la chaleur et l’humidité étaient des éléments faibles de cette chaîne. Nous avons identifié que la lumière du soleil, les rayons UV étaient une faiblesse dans cette chaîne", a insisté cet expert en science et technologie.

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Des observations qualifiées d'"encourageantes", par le vice-président américain Mike Pence, tempérées par Donald Trump, restant prudent mais notant que les Etats-Unis pourraient être en meilleure position avec l’arrivée de l’été. "Si la chaleur est bonne, si la lumière du soleil est bonne, je pense que c’est une très bonne chose" a-t-il ajouté. 

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Une transmission réduite

A l’appui de ses dires, l’expert a présenté quelques données chiffrées de cette étude menée au National Biodefense Analysis and Countermeasures Center selon laquelle une demi-vie du virus, à savoir le temps nécessaire pour réduire de moitié sa puissance, est de dix-huit heures avec une température comprise entre 21 et 24 degrés Celsius, avec 20 % d’humidité sur une surface non-poreuse, dont des poignées de portes. Cette demi-vie est néanmoins ramenée à six heures quand le taux d’humidité monte à 80 %, et seulement à deux minutes lorsque la lumière du soleil est ajoutée à l’équation. Quand le virus est suspendu dans l’air, la demi-vie est d’une heure avec une température de 21 à 24 degrés Celsius et 20 % d’humidité. Avec un même taux d’humidité, une même température, mais avec l’ajout de la lumière du soleil, cette durée tombe à une minute et demie.

Bill Bryan en a conclu que des conditions estivales pouvaient créer "un environnement dans lequel la transmission peut être réduite" sans pour autant affirmer pleinement que l’agent pathogène soit éliminé entièrement. En d'autres termes, ce sont des résultats encourageants mais qui ne sauraient justifier une levée des mesures de distanciation sociale actuellement en vigueur aux Etats-Unis. 

Olivier Véran temporise

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Cette étude pourrait alimenter les espoirs que le coronavirus va imiter le comportement d’autres maladies respiratoires, comme la grippe, qui sont généralement moins contagieuses en période estivale. Reste cette donnée venant amoindrir cet espoir de sortie de crise sanitaire : le coronavirus s’est révélé non moins meurtrier dans des lieux comme Singapour alors que les températures y étaient estivales, mettant en doute un lien entre comportement du virus et facteurs environnementaux.

Interrogé ce vendredi matin sur France Inter, Olivier Véran ne masque pas son scepticisme : "Il est de ma responsabilité de toujours envisager le scénario le plus dur. Je ne peux pas fonder des hypothèses sur une idée absolument pas démontrée selon laquelle le virus n'aimerait pas le printemps ou l'été", a commenté le ministre de la Santé. 

"Je constate que le virus circule en Iran, en Egypte, sur les territoires en outre-mer, en Amérique du sud, des territoires chauds avec des degrés d'humidité extrêmement variables", poursuit-il. "Pour moi, le vrai grand mystère, c'est de savoir pourquoi il n'y a pas de cas en Dordogne alors que le Haut-Rhin, il y a eu autant de cas ? Pourquoi il n'y a quasiment pas de cas en Suède alors qu'en Norvège, oui ? Plusieurs hypothèses sont là aussi à l'étude."

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