Quitter Paris pour la province : "Si vous êtes malade, vous allez conduire le virus dans une région où il n'est pas"

Quitter Paris pour la province : "Si vous êtes malade, vous allez conduire le virus dans une région où il n'est pas"

CONTAGION - Craignant un confinement total dans la capitale, de nombreux Franciliens ont pris la route pour la province... Sans respecter les consignes de confinement. Une démarche dangereuse ?

Lundi 16 mars, en fin d'après-midi, on mesurait environ 130 km de bouchons dans la région Île-de-France. Un chiffre somme toute assez banal. Sauf que le contexte, lui, ne l'est pas : quelques heures plus tôt, dans la matinée, on n'en mesurait que 45, ce qui dit une évolution du trafic, et une migration massive, dans le courant de cette journée, des Franciliens vers la province. "L'idée, c'es d'avoir un endroit sans contaminer le reste de la France", témoigne ainsi, auprès de l'AFP, Julie Lahaye-Dugauguez, qui a vient de quitter sa ville de Saint-Mandé avec son mari et ses cinq enfants pour un gîte dans le Perche à 500 euros la semaine. Mais justement, n'y a-t-il pas dans cette démarche un risque de propager un peu plus le coronavirus ?

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"Bien sûr que si. Evidemment, sur le plan individuel, si vous avez moins de 40 ans, la vie ne sera pas plus risquée pour vous à la campagne. Et c’est vrai qu’il est plus agréable de travailler depuis une grande maison au vert que depuis son appartement. Mais d’un point de vue collectif, c’est dangereux. Parce que l’objectif du confinement, c’est de ralentir la propagation du virus. Or, en agissant de la sorte, on l’accélère. D’autant que la situation dans l’agglomération francilienne est déjà détériorée, avec un taux d’infection assez important", répond, catégorique, à Libération Rémi Salomon, président de la commission médicale d’établissement de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

Il développe : "L’enjeu, face à ces personnes qui menacent d’emmener le virus partout en France avec elles, c’est de savoir si on aura 10.000, 30.000 ou 100.000 patients dans les services de réanimation, dans un état grave." Ce qu'affirmait également, ce lundi matin sur LCI, Philippe Juvin, chef du service des urgences de l'hôpital Georges-Pompidou à Paris, selon lequel "le risque, ce sont les phénomènes d'exode. Vous avez une maison dans une région qui est totalement épargnée,  vous prenez votre voiture et vous y allez. Si vous êtes malade, et je vous rappelle qu'un malade sur deux ne présente pas de symptômes mais est contagieux, eh bien vous allez conduire le virus dans une région où il n'est pas". Pour mémoire, l’Île-de-France est, en nombre de cas, la deuxième région la plus touchée du pays par le coronavirus. 

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