PCR, sérologiques ou salivaires : où en est-on des tests du coronavirus en France ?

PCR ou nasopharyngés, sérologiques... Ces tests sont utilisés pour dépister le Covid-19. Le premier permet de déterminer si une personne est infectée ou non par le virus, le second détecte la présence des anticorps dans l'organisme.
Santé

CRISE SANITAIRE - Alors que la question est centrale en vue du déconfinement, où en est-on des différents moyens de dépistage ? LCI fait le point.

C'est l'une des grandes promesses d'Emmanuel Macron lors de sa dernière allocution présidentielle : les tests de dépistage du coronavirus. "Le 11 mai, nous serons en capacité de tester toute personne présentant des symptômes", a indiqué le chef de l'État. Mais où en sont nos capacités de tests ? Quid des tests sérologiques, alors que l'immunité après avoir été en contact avec le virus est remise en cause ? En quoi consistent les tests salivaires, peu mis en avant mais en phase d'essais cliniques ? 

Les tests PCR

Les tests PCR, également appelés test nasopharyngés, sont les plus utilisés actuellement. Ils permettent de savoir, grâce à un long coton-tige, si le patient est infecté par le coronavirus au moment du test ou non. "L'échantillon prélevé nous permet d'avoir un équivalent de charge virale", expliquait à LCI au début de l'épidémie Sylvie Behillil, responsable adjointe au Centre national de référence des virus respiratoires à l'institut Pasteur, où a été développé le test. "Le liquide prélevé est ensuite analysé et nous savons ainsi s'il est chargé en virus ou non." Entre le prélèvement et le résultat, plusieurs heures sont cependant nécessaires.

Ces tests ne sont pas réservés à l'ensemble de la population : seules les personnes ayant des symptômes devraient y être éligibles. En mars, le ministre de la Santé Olivier Véran avait annoncé que la France serait capable de réaliser "50.000 tests PCR chaque jour d'ici fin avril". Mais ce chiffre a semble-t-il été revu à la baisse. Sur RTL, en début de semaine, Olivier Véran a indiqué que la France réalise "environ 150.000 tests par semaine" et est en train d'aller "vers les 200.000 tests" hebdomadaires. Ce dimanche, le ministre de la Santé a encore revu ses objectifs et espérait réaliser, à compter du 11 mai, 500.000 tests de la sorte chaque semaine. 

Une fois la capacité maximale atteinte, les soignants, personnes symptomatiques et cas contacts devraient être les premiers à pouvoir être testés massivement. En outre, ce sont ces tests de diagnostic qui sont utilisés pour mener les campagnes de dépistage dans les Ehpad. S'ils se révèlent négatifs, ils ne permettent toutefois pas de déterminer si le patient a été au contact du virus par le passé ou non. 

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Les tests sérologiques

Les tests sérologiques sont les plus attendus. Leur principe est simple : une prise de sang permet de déterminer la présence ou non des anticorps dans l'organisme. Ces tests sont encore en cours de développement, et la Haute autorité de santé (HAS) vient de publier des premières règles concernant leur utilisation.

L'évaluation "systématique" de leur fiabilité par le Centre national de référence de Pasteur et celui de Lyon et la "transparence" sur leurs performances de la part des industriels font partie du "cahier des charges" recommandé par la HAS pour ces tests. Ils sont "développés en urgence et dans un contexte de progression continue des connaissances sur cette maladie virale et son évolution", rappelle la HAS

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Coronavirus : qu'est-ce qu'un test sérologique ?

Mais ces derniers jours, une interrogation est née : les personnes ayant été au contact du virus développent-elles toutes des anticorps qui les protègent ? Si oui, pour combien de temps ? Les scientifiques n'ont pas encore les réponses. "Nous sommes en train de nous poser la question pour savoir si quelqu'un qui a fait un Covid est si protégé que cela", a reconnu Jean-François Delfraissy, président du comité scientifique, mercredi. Et pire : "Nous ne savons pas si les anticorps que nous développons nous-même contre le virus ne sont pas un risque d'augmenter la maladie", s'inquiète Frédéric Tangy, chercheur du CNRS, notant que les symptômes les plus graves du Covid-19 arrivent tardivement, au moment où le patient a développé des anticorps.

En théorie, les tests sérologiques devaient séparer la population en deux : ceux ayant contracté le virus (et qui font barrière à l'épidémie), et ceux n'ayant pas été au contact du virus (et sont donc encore vulnérables). Mais ces interrogations pourraient tout remettre à plat. Toutefois, à l'étranger, des campagnes de tests sérologiques sont lancées pour mieux connaître la part, probablement très faible, des populations contaminées.

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Autre type de test, plus méconnu : les tests salivaires. Il y a quelques jours, le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) a lancé une étude clinique "pour tester la performance d'un nouveau test de dépistage". Réalisé par un consortium français au CHU de Montpellier, cet essai a pour but de "mettre sur le marché un test salivaire de diagnostic" du coronavirus.

À l'instar des tests PCR, ils doivent permettre de déterminer, à un instant donné, la présence du virus dans l'organisme. Mais cette fois, pas de long coton-tige dans le nez, ni d'heures d'attente avec de connaître le résultat. "Ce test est réalisable simplement, sans laboratoire : il suffit de prélever de la salive, l'un des principaux vecteurs du virus, et de la placer avec les réactifs à 65°C pendant 30 minutes", indique le CNRS. "Le personnel soignant peut alors lire le résultat à l’œil nu." Si les résultats de l'étude s'avèrent concluants, tout pourrait être prêt "pour un déploiement auprès des personnels soignants dès le mois de mai".

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