Ces 4 indicateurs à connaître avant de craindre une deuxième vague épidémique

Ces 4 indicateurs à connaître avant de craindre une deuxième vague épidémique
Santé

INDICATEURS – Mayenne, Gironde, Finistère, Ile-de-France... les indicateurs de l'épidémie repartent à la hausse mais de quoi parle-t-on ? Que signifie un "seuil d'alerte" ou un "taux d'incidence" ? LCI vous aide à mieux comprendre.

La France est-elle menacée par une reprise de l'épidémie de coronavirus ? Plusieurs départements de l'ouest sont sous surveillance. La Mayenne, notamment, l'est depuis qu'elle a dépassé son "seuil d'alerte" pour le taux d'incidence du virus, des campagnes massives de tests y sont lancées et le port du masque y est obligatoire dans les lieux publics clos. En juillet, en Bretagne, le "taux de reproduction" du virus a bondi... sans pour autant que cela ne signifie une forte augmentation des cas. Seuil d'alerte, seuil de vigilance, taux d'incidence, taux de reproduction.... que signifient ces termes employés pour qualifier l'épidémie ? Et à partir de quel "seuil" peut-on considérer que l'épidémie repart ? Voici des éléments de réponse pour mieux comprendre et ne pas tout mélanger. 

Taux d'incidence

Il correspond au nombre de cas positifs par rapport à la population. Ce taux d'incidence atteint son seuil de vigilance lorsqu'on compte plus de 10 nouveaux cas positifs pour 100.000 habitants lors des 7 derniers jours. Le seuil passe ensuite à "l'alerte" lorsqu'on compte au moins 50 nouveaux cas cas pour 100.000 habitants sur 7 jours. C'est pour cette raison qu'avec 143 nouveaux cas pour 100.000 habitants au 30 juillet, la Mayenne reste toujours bien au-delà de son "seuil d'alerte". A cette date, 17 autres départements présentaient un taux d'incidence compris entre 10 et 20 nouveaux cas ces sept derniers jours, quand le Val d'Oise en présentait 20,5.

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Le taux de positivité

Cet indicateur concerne cette fois les tests dits PCR, c'est à dire ceux qui sont faits pour diagnostiquer si un patient est, ou non, positif au virus. Ce sont ces tests qui sont effectués à l'aide d'écouvillons introduits dans le nez des patients. Le taux de positivité des tests PCR dépasse son seuil de vigilance quand il se situe entre 5 et 10 % et son seuil d'alerte au-dessus de 10 %. A l'échelle nationale, le taux de positivité était à la mi-juillet, de 1,4% selon les chiffres de Santé Publique France du 30 juillet.

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Le taux de reproductivité ou "R effectif"

Ce taux, également appelé "R effectif", correspond au nombre de personnes de son entourage qu'un malade contamine. Il résulte de trois facteurs : le risque de contamination pendant un contact physique, le nombre de contacts quotidiens et la durée de contagiosité d’une personne malade (allant jusqu’à 14 jours). Ce "R" parvient à son niveau de vigilance entre 1 et 1,5 et à son niveau d'alerte au-dessus de 1,5. Concrètement, l'épidémie régresse quand il est inférieur à 1 et elle s'accélère quand il est supérieur à 1.  Pour calculer le R effectif, Santé Publique France se fonde sur les tests de dépistage effectués dans chaque région. 

La carte ci dessous, réalisée par notre partenaire Esri, indique le "R effectif" région par région. En Centre Val de Loire, il est actuellement de 2,27.

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La capacité hospitalière

Dernier indicateur, la capacité hospitalière est définie par le nombre de lit de réanimation disponibles. Ce taux franchit son seuil de vigilance quand les lits en réanimation sont occupés entre 40 et 60 % par des malades du Covid-19 et son seuil d'alerte à plus de 60 %. 

Des indicateurs qui doivent se conjuguer

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Reproductivité, incidence, positivité... aucun de ces indicateurs "seuls" ne permet de conclure à une reprise de l'épidémie.   Le "R effectif", par exemple, est utile pour surveiller la circulation du virus. Mais il ne suffit pas pour constater que l’épidémie s’accélère, explique Santé Publique France. En effet, le taux de reproduction peut rapidement augmenter à cause de plusieurs événements propres à chaque territoire : "Par exemple, la survenue d’un cluster dans une entreprise peut conduire à des actions de dépistage et un afflux de patients dans un service d’urgence ou dans un laboratoire, faisant augmenter ponctuellement le R sans pour autant qu’il y ait une diffusion dans la communauté." 

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