Coronavirus : la chaleur de l’été peut-elle endiguer l’épidémie ?

Coronavirus : la chaleur de l’été peut-elle endiguer l’épidémie ?
Santé

CRISE SANITAIRE – Comme de nombreux virus, l’épidémie de Covid-19 va-t-elle s’estomper avec les chaleurs estivales ? Des travaux relayés par l’Académie nationale de médecine semblent l’indiquer. Explications.

Depuis le mois d’avril, les courbes épidémiques du nombre de cas de coronavirus et du nombre de patients en réanimation suivent une pente descendante. Si le confinement a porté ses fruits, cette trajectoire positive pourrait également s’expliquer par des températures de plus en plus chaudes. Selon des travaux relayés par l’Académie nationale de médecine, confirmant les pensées des scientifiques, la chaleur affecte la propagation du virus et permet de diminuer le nombre de contaminations.

Dans un communiqué publié lundi 27 mai, l’Académie explique que, selon une étude réalisée par des chercheurs chinois, "une augmentation d’un degré de température est associée à une diminution de 3,1% des nouveaux cas et d’1,2% des décès" (voir vidéo en tête de cet article).

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Afin de confirmer cette tendance, l’Académie de médecine a lancé une enquête "à partir d’un réseau de 19 médecins, pharmaciens et cadres de santé" dans deux pays de zone tempérée (France et Italie), six "en zone africaine intertropicale : Sénégal, Côte d’Ivoire, Burkina Faso, Mali, Togo et Gabon" et dans les départements d’Outre-mer (Guadeloupe, Martinique, La Réunion, Mayotte, St Martin, St Barthélémy, Nouvelle-Calédonie).

"Les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission"

L’objectif de cette enquête "était d’étudier l’influence de la température sur les taux d’attaque de la Covid-19 en comparant les données issues des zones intertropicales avec celles des pays européens", est-il écrit dans le communiqué. Et les résultats semblent confirmer la tendance. Ils "attestent que l’indice de diffusion, de 2,67 en Europe pour une moyenne de 11,2°C, s’abaisse à 0,03 en Afrique subsaharienne où la température moyenne s’élève à 34,8°C". Autrement dit, selon ces résultats, le virus serait donc sensible aux variations de température.

"Ils confirment les observations selon lesquelles les climats chauds ont un effet réducteur sur la transmission et confortent l’hypothèse d’une influence saisonnière du climat sur l’épidémiologie de la Covid-19 dans les pays tempérés." Cette hypothèse, avant d’être confirmée, avait été évoquée dès le début de l’épidémie par certains spécialistes. "Cette famille de virus est saisonnière et donc sensible aux conditions climatiques", expliquait à LCI mi-mars Etienne Decroly, directeur de recherche au CNRS. "Lorsqu’il fait chaud et sec, cela induit la déshydratation des particules virales, ce qui diminue l’infectiosité du virus."

"Ne pas négliger le risque de résurgence épidémique"

Toutefois, cela ne signifie pas que, sous prétexte de fortes chaleurs, notre vigilance face au virus doit baisser. "Il ne suffira pas de se dorer au soleil sur une plage cet été pour faire mourir le coronavirus", prévient le médecin urgentiste Gérald Kierzek, consultant santé de LCI. "Si nous relâchons nos efforts seulement parce qu’il fait beau, l’épidémie pourrait repartir de plus belle dès que les températures diminueront."

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À ce sujet, l’Académie nationale de médecine demande d’ailleurs "de ne pas négliger le risque de résurgence épidémique de Covid-19, notamment en France métropolitaine, surtout si la circulation du virus persiste dans l’hémisphère Sud pendant l’été". Elle souhaite un renforcement des "capacités de surveillance, de prévention et de riposte dès le mois de septembre".

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