Coronavirus : des chercheurs marseillais dévoilent des tests prometteurs contre les cas graves

ILLUSTRATION
Santé

RECHERCHE MÉDICALE - Après avoir analysé la réaction immunitaire sévère provoquant les cas graves de coronavirus, des chercheurs marseillais sont en train de tester un anticorps en cours de développement contre les cancers pour traiter la maladie.

Alors que la course au vaccin bat son plein, celle pour trouver un traitement efficace contre le coronavirus ne chôme pas non plus. Une équipe de chercheurs de la société Innate Pharma et de Marseille, baptisée "Explore Covid-19", vient de publier les résultats d'une étude analysant "les cellules immunitaires des patients présentant un Covid-19 à différents stades de la maladie". Le but ? Comprendre la réaction immunitaire des personnes infectées et ouvrir la voie à un remède efficace. Pour ce faire, 82 personnes ont participé aux travaux, dont 10 témoins sains et 72 patients touchés par la maladie. Parmi ces 72, 10 présentaient peu de symptômes, 34 souffraient d'une pneumonie, et 28 présentaient un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA).

Depuis plusieurs mois, les chercheurs ont affirmé que les complications liées à la maladie étaient causées par un "orage cytokinique". Ce phénomène est une réaction du système immunitaire, qui produit des cytokines lorsqu'il est attaqué par le coronavirus. Or, cette réaction peut causer un emballement du système et une réaction hyper-inflammatoire, qui cause ensuite des cas graves, conduisant des patients en réanimation.

Une molécule liée à l'orage cytokinique en cause

Les chercheurs de Marseille ont donc tenté de comprendre d'où provient cette réponse inflammatoire si sévère, afin de mieux cibler les traitements. Pour cela, ils ont étudié le "système du complément", c'est-à-dire "un ensemble de 35 molécules qui sont sécrétées par l'organisme et qui s'activent les unes les autres", lors de l'orage cytokinique, indique Eric Vivier, directeur scientifique d'Innate Pharma, dans des propos relayés par France Info. Parmi elles, une attire leur attention : la molécule C5 (divisée en deux entre C5a et C5b). "Autant C5b est très importante pour l'immunité, autant C5a ne semble pas vraiment requise, mais semble jouer un rôle très important dans le déclenchement de la réaction immunitaire", poursuit Eric Vivier.

Lire aussi

Selon les chercheurs, l'étude, publiée dans la revue Nature, "a montré que chez les patients qui progressent vers une forme sévère" de la maladie, à savoir les patients présentant une pneumonie sévère ou un SDRA, "on observe une activation de la voie C5a/C5aR1". "Plus particulièrement, les chercheurs ont observé des niveaux élevés de C5a et une sur-activation des cellules (...) dépendantes de C5a, qui contribueraient à l'inflammation des poumons", écrivent les scientifiques dans leur publication.

Un anticorps capable de bloquer l'emballement immunitaire ?

Cette découverte ouvre donc la voie à un traitement qui bloquerait l'activation de cette molécule. Les chercheurs estiment que "le ciblage de la voie C5a-C5aR1 pourrait limiter la réponse inflammatoire aiguë". Un anticorps, actuellement en essai clinique dans le traitement des cancers, nommé "avdoralimab", et censé bloquer cette voie, est aujourd'hui également à l'essai pour les formes sévères de Covid. Selon l'étude, "avdoralimab empêche le recrutement et l'activation des cellules induits par C5a".

Toute l'info sur

Coronavirus : la pandémie qui bouleverse la planète

Les dernières informationsLes pays les plus touchés par le Covid-19

En l'absence de vaccin, la recherche d'un traitement pour lutter contre les cas graves de Covid-19 représente un nouvel espoir au cœur de cette pandémie.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent