Non, des livraisons de gel hydroalcoolique n'ont pas été bloquées par les autorités de santé

Les producteurs d'alcool disposent ses compétences pour se lancer dans la réalisation de gel hydroalcoolique.
Santé

À LA LOUPE – Le maire d'une petite commune d'Indre-et-Loire a déploré que les stocks de gel hydroalcoolique produits par des usines des Hauts-de-France soient bloqués par des décisions de l'Agence régionale de santé. Des affirmations rapidement démenties.

Très actif sur les réseaux sociaux, le maire de la petite commune de Cigogné (431 habitants), en Indre-et-Loire, s'est emporté la semaine dernière sur son compte Twitter. Selon Vincent Louault, des palettes de gel hydroalcoolique produit à Lillers (62) et Origny (02) étaient prêtes à être acheminées, mais elles auraient été "bloquées par l’ARS", l'Agence régionale de santé. Celle-ci, poursuit-il, n'aurait pas osé prendre "ses responsabilités", car les usines qui ont fabriqué ce gel "n’ont pas l’agrément".

L'ARS se défend

Dans son message, l'élu indique que les préfets étaient furieux. Une version contredite par la préfecture du Pas-de-Calais, qui explique que tout s'est passé dans les règles. L'ARS des Hauts-de-France a elle aussi réagi. Au message du maire qui indiquait finalement que la livraison avait été débloquée dans le courant de la journée, l'autorité de santé a répondu qu'en effet, l'acheminement des gels suivait son cours. Par ailleurs, elle a souligné que ce transport n'était en aucun cas soumis à une autorisation de sa part. 

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Les usines mentionnées par l'édile se situent dans l'Aisne et le Pas-de-Calais. Comme trois autres lieux de production similaires, elles servent d'ordinaire à la production d'alcool pour le compte du leader français du secteur : l'entreprise Tereos. Devant les pénuries de gel hydroalcoolique, cette dernière a ainsi décidé de réorienter sa production, arguant que ses usines "disposent du savoir-faire nécessaire à la fabrication d’alcool pharmaceutique". 

Pas d'autorisation nécessaire en cas de don

Ne faut-il pas une autorisation spéciale pour concocter le précieux produit en grande quantités ? Contacté par LCI, la Direction générale de la Santé (DGS) affirme que non, tant que la production est destinée à être donnée et pas commercialisée. Sur ce point, Tereos a été très clair : tous les gels sont mis gratuitement "à la disposition des Agences régionales de Santé et des hôpitaux des régions proches". Aucun problème à signaler, donc.

La DGS précise que les entreprises qui proposeraient ainsi leurs services doivent se conformer aux préconisations l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui a rédigé un guide spécifique pour accompagner les "professionnels de la pharmacie", mais également le cas échéant les industriels. Si les gels avaient été vendus dans le commerce, la DGS précise toutefois qu'une autorisation sur mise sur le marché aurait été nécessaire. "À partir de là, ce sont les services de Bercy qui se chargeraient des contrôles", nous indique-t-on, "via notamment la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF)". 

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