Coronavirus : le nombre d'arrêts cardiaques a doublé en Île-de-France lors du pic de la maladie

Coronavirus : le nombre d'arrêts cardiaques a doublé en Île-de-France lors du pic de la maladie
Santé

PANDEMIE - Le nombre de morts par arrêt cardiaque a connu une forte augmentation en région parisienne au plus fort de la pandémie. Selon cette étude publiée dans "The Lancet Public Health", la grande majorité de ces décès supplémentaires ne serait néanmoins pas liée directement à la maladie.

La crise liée au coronavirus pourrait être indirectement à l’origine de certaines évolutions néfastes que l’on ne connaît pas encore. Ainsi, selon une étude dans The Lancet Public Health le nombre d’arrêts cardiaques entraînant le trépas d’une personne a fortement augmenté au plus fort de la maladie (pendant les six premières semaines de confinement et notamment entre le 23 mars et le 5 avril). Pour autant, les chercheurs remarquent paradoxalement que seul un tiers de ces décès "supplémentaires" serait directement associables au Covid-19. Ces travaux s'appuient sur le registre francilien (Paris et Hauts de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne) du Centre d’expertise mort subite (Paris-CEMS).

Concrètement, l’étude remarque que la moyenne de morts par arrêt cardiaque en dehors de l'hôpital en Île-de-France aurait brutalement augmenté pendant les six semaines s’étendant de mi-mars à fin avril et correspondant au pic épidémique. Elle se chiffre ainsi à 26,6 morts pour 1 million d’habitants contre 13,4 sur la même période entre 2012 et 2019. L'un des instigateurs de l'enquête, Eloi Marijon, précise à l'AFP que "le profil des patients est le même que d'habitude (2/3 d'hommes, autour de 69 ans)". En revanche, plus de 90% des arrêts ont eu lieu à domicile, avec des témoins, le plus souvent la famille, qui commençaient beaucoup moins un massage cardiaque, et des secours plus longs à arriver malgré les routes vides." Les chiffres sont éloquents. Sur la période donnée, seuls 12,8% des patients identifiés étaient vivants à l'arrivée à l'hôpital, contre 22,8 % à la même période les années précédentes. La survie à l'arrivée à l'hôpital a donc été été deux fois moindre. 

Des tentatives d'explication

Pourtant, seul un tiers (33%) du surplus de décès serait serait donc dû au coronavirus. L'étude s'est interrogée sur les autres causes qui ont pu conduire à une telle augmentation. Plusieurs hypothèses sont ainsi avancées, de la mauvaise accessibilité aux services de santé à leur saturation en passant par un stress accru. Le professeur Marijon détaille : "Il y a eu rupture du suivi médical des patients, parce qu'ils n'ont pas pu consulter, qu'ils ont craint de gêner, d'où un retard à l'appel, ou peur, pour certains, d'être contaminés à l'hôpital". Selon lui, dans certains cas, il y aurait eu aussi certains effets secondaires des médicaments utilisés pour le traitement du coronavirus .

Des conséquences à tirer

Les auteurs préviennent que "cette augmentation de l'incidence des arrêts cardiaques extra-hospitaliers met en évidence les décès collatéraux, non pris en compte dans les statistiques de décès de Covid-19". Les résultats de l'étude "permettent de mieux appréhender les conséquences de cette crise, les leçons à tirer, également pour mieux réagir en cas de 2e vague", estime Nicole Karam.

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