"Ne m'approchez pas, ici on ne se touche pas" : à Codogno, la peur du coronavirus plombe l'ambiance

Coronavirus en Italie : une région entre psychose et désorganisation

REPORTAGE - Alors que le nombre de personnes contaminées a explosé en quelques heures en Italie, nous nous sommes rendus ce dimanche matin dans la ville de Codogno, en Lombardie, considérée comme le principal foyer de coronavirus.

"Ne m'approchez pas, restez où vous êtes". En prenant bien soin de garder ses distances, cet habitant arrête son vélo et nous explique qu'à Codogno, "on ne se touche pas, une seule personne peut propager le virus". Ce dimanche matin, dans cette commune de Lombardie considérée comme "l'épicentre du foyer" d'épidémie, les passants se font rare, les rues sont désertes. L'hôpital est fermé, les écoles aussi. A 60km au sud de Milan, il règne ici une ambiance de ville fantôme. 

Les 15.000 habitants qui y vivent sont appelés à observer une sorte de semi-confinement. A Codogno ainsi que dans neuf localités voisines, tous les lieux publics (bars, mairies, bibliothèques, écoles) sont fermés depuis vendredi soir. Les pharmacies échappent à la règle. Celle que nous avons pu visiter un peu plus tôt a été prise d'assaut et ne dispose plus de masque hygiénique, le gel désinfectant est lui aussi en rupture de stock.

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Devant la gare de Codogno, fermée, cet usager est désespéré : les trains ne s'arrêtent plus... ni dans deux villes voisines. 

Le déroulement de la messe adapté

Alors que ces dernières heures, les autorités locales ont annoncé une explosion des cas de contamination au coronavirus, les habitudes sont bouleversées. Jusqu'à la messe dominicale, qui a été annulée à Codogno. Nous nous rendons donc à Piacenza en Émilie-Romagne, la police italienne nous ayant demandé de quitter la ville lombarde. Là, dans cette église située à une quinzaine kilomètres du foyer de l'épidémie, la communion ne s'effectue pas de la main du prêtre à la bouche du fidèle, qui se fait rare ce dimanche. L'accolade, signe de paix, a elle aussi été suspendue, histoire de réduire les possibilités de contamination. 

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Partout, l'inquiétude domine. "On ne parle ni football, ni politique, on ne parle que de la peur de la contagion", raconte ce journaliste d'Il Giorno, le quotidien local. L'atmosphère est lourde dans cette commune placée à l'isolement comme une dizaine d'autres villes (10 en Lombardie et 1 près de Padoue en Vénétie). L'entrée ou la sortie des communes "ne sera pas autorisée sauf dérogation particulière", a prévenu le Premier ministre Giuseppe Conte, précisant qu'environ 52.000 personnes sont concernées. Les forces de l'ordre sont positionnées devant le panneau de la ville.

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