Covid-19 : en quoi consiste le vaccin Moderna, dont la phase finale d'essais cliniques a débuté ?

Covid-19 : en quoi consiste le vaccin Moderna, dont la phase finale d'essais cliniques a débuté ?
Santé

VACCINATION - Alors que le coronavirus ne cesse de se propager dans le monde, les scientifiques continuent leur course contre la montre pour trouver un vaccin. Ce lundi, aux États-Unis, le vaccin Moderna, entre dans la dernière phase des essais cliniques. Voici ce qu'il faut savoir.

Si la pandémie de coronavirus a déjà touché au moins 16 millions de personnes dans le monde, aucun remède n'a pour l'heure été trouvé par les chercheurs, ni pour soigner les cas graves, ni pour endiguer l'épidémie. Mais, huit mois après l'apparition des premiers cas en Chine, la recherche progresse. Après des résultats prometteurs, l'entreprise américaine Moderna lance ce lundi la dernière phase des essais cliniques pour son vaccin. Voici ce qu'il faut savoir sur ce dernier.

En quoi consiste-t-il ?

À ce jour, quatre stratégies vaccinales ont été mises en place dans le monde pour venir à bout du Covid-19. Celle de Moderna est "conçue suivant une technologie nouvelle", explique à LCI le professeur Daniel Floret, vice-président de la commission technique des vaccinations de la Haute autorité de santé, "c'est un vaccin à ARN messager". Il est fabriqué à partir d'éléments génétiques du virus. "L'ARN messager est injecté, et la protéine S", c'est-à-dire la protéine par laquelle le virus s'accroche aux cellules humaines, "est sécrétée dans l'organisme", continue le scientifique. "À l'intérieur de l'organisme, il va y avoir une production de la protéine S du virus, et donc une réaction du système immunitaire pour lutter et fabriquer des anticorps."

À quoi sert la dernière phase clinique ?

Mi-juillet, l'entreprise américaine a publié les résultats de la première phase des essais cliniques, réalisée sur 45 patients. Des résultats très encourageants, puisque la vaccination a permis la création d'anticorps chez l'ensemble des participants. La phase 3, qui débute ce lundi, va désormais permettre d'aller plus loin. "Cette dernière phase de l'évaluation clinique est fondamentale", rappelle Daniel Floret. "Elle doit permettre de statuer sur deux points : le vaccin est-il efficace, et quel est son pourcentage d'efficacité ? Le vaccin ne présente-t-il pas de risques de provoquer d'effets indésirables ?"

Pour répondre à ces questions, 30.000 volontaires vont participer à cette ultime phase. "Ils seront répartis en deux branches", continue le vice-président de la commission technique des vaccinations. "Une branche va recevoir le vaccin, et l'autre un placebo. Cela va se passer aux États-Unis, où le virus circule actuellement de façon très importante, donc les volontaires y seront plus ou moins confrontés", indique le professeur Floret.

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Les résultats des deux groupes vont ensuite être analysés. "L'efficacité du vaccin ainsi que les effets indésirables déclarés vont être comparés", assure le chercheur. Si les patients seront suivis pendant deux ans, "la firme pense avoir des résultats d'ici quelques mois". "Mais cela ne signifie pas qu'ils seront forcément positifs", prévient-il, "ils permettront simplement d'apprécier l'efficacité et la tolérance" du vaccin.

À quelle échéance ce vaccin pourrait-il être disponible ?

Si cette dernière phase s'avère positive, l'entreprise américaine pourra se préparer à commercialiser son vaccin partout dans le monde. Mais plusieurs étapes doivent auparavant être franchies. "Une fois que les résultats seront disponibles, ils devront être analysés par les agences réglementaires, la FDA aux États-Unis et l'Agence européenne du médicament pour la France", indique Daniel Floret. "Ce sont elles qui donnent l'autorisation de mise sur le marché."

En cas d'issue positive, la fabrication devrait être rapide. "A priori, les vaccins à ARN sont assez faciles à fabriquer", commente le chercheur. "Si tout se passe bien, entre le moment où les agences diront qu'il est possible d'utiliser le vaccin et le moment où il commencera à arriver, cela devrait aller assez vite. Mais la demande sera mondiale, il va donc falloir répartir les doses." 

Une question qu'il pourrait falloir trancher rapidement : "Si l'essai est positif, peut-être que nous pourrions bénéficier de vaccins avant la fin de l'année, durant le dernier trimestre 2020", annonce Daniel Floret.

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Même la France ? "À ma connaissance, l'Europe, dont la France, négocie avec les fabricants pour réserver des doses", répond-il, mais "c'est du ressort du gouvernement."

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