Coronavirus : front commun contre l'épidémie mondiale de fausses informations

Alors que le nombre de cas de coronavirus continue d'augmenter en Chine et au-delà, le directeur de l'OMS estime ce mardi que l'épidémie constitue "une très grave menace" pour le monde.
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A LA LOUPE - Les premiers cas de coronavirus étaient à peine révélés que des milliers de publications circulaient déjà dans toutes langues, propageant des informations aussi fausses qu’inquiétantes. L’OMS avec l’aide des réseaux sociaux tente de rétablir la vérité, mais le combat est rude.

Un virus mystérieux, venu de Chine, en plein nouvel an lunaire et qui soulève encore beaucoup de questions sur ses origines et sur d’éventuels remèdes… Les complotistes du monde entier ne pouvaient pas rêver mieux ! "Nous avons comptabilisé plus de 15 millions de Tweets sur ce sujet au cours des quatre dernières semaines et cette tendance semble se poursuivre", affirmai Twitter le 31 janvier. 

Le coronavirus intéresse et inquiète, d’autant que ces sujets de santé sont particulièrement propices aux fausses informations. Ils sont anxiogènes et font appel à l’émotion. Tous les ingrédients sont réunis. 

"De la cocaïne pour tuer le coronavirus"

Des messages recommandent ainsi aux utilisateurs de Facebook de boire de l’eau de javel pour soigner la maladie, tandis que sur Twitter, une publication largement relayée évoque la cocaïne comme remède pour tuer le virus. Donald Trump en personne affirme que l’épidémie prendra fin au printemps parce qu’elle supporte mal "la chaleur ".  

Si certaines publications font sourire, d’autres ont de graves conséquences. Vendredi 7 février, un faux communiqué de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a provoqué un vent de panique dans la commune de Carry-le-Rouet, qui accueille en quarantaine les rapatriés venus de Chine. Le texte indiquait que la sécurité des habitants n’était pas assurée, en s’appuyant sur des affirmations inquiétantes : "Le centre n’est pas isolé", évoquant "des entrées et sorties du personnel et la libre circulation des patients" et que "la quarantaine n’est pas réalisée correctement". Malgré les efforts des autorités sanitaires pour discréditer ces informations, l’angoisse s’est installée à Carry-le-Rouet.

Un front commun contre la désinformation

La semaine dernière, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a insisté sur l’urgence de "lutter contre la propagation de rumeurs et la désinformation" autour du coronavirus. Rétablir la vérité devient "une priorité" pour l’OMS  qui demande de l’aide à Google et aux plateformes de réseaux sociaux.

Par exemple, une alerte GOOGLE SOS  a été mise en place pour que les internautes arrivent en priorité sur le site de l’Organisation lorsqu’ils tapent le mot "coronavirus". 

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Sur Facebook, en plus de renvoyer systématiquement les internautes vers la page de l’OMS, la modération est renforcée. "On ne supprime pas les fausses informations, mais on cherche à réduire leur visibilité via notre algorithme", nous indique Geoffroy Sigrist, responsable de communication chez Facebook France. Et de préciser que "cela réduit la viralité des fake news de 80% en moyenne". Lorsqu’il y a un doute sur une publication, le réseau social diffuse un message d’alerte et peut décider de supprimer le message "s’il représente un risque pour la santé des utilisateurs". 

Les mêmes mesures ont été prises par Twitter. Si l’internaute tape "#coronavirus", il accédera "d’abord à des informations crédibles diffusées par les autorités sanitaires".

Barrière de la langue et réseaux sous surveillance

Malgré toutes ces démarches, le combat contre la désinformation sur le coronavirus est loin d’être gagné. En quelques semaines, près de 200 articles de fact-checking ont été produits dans une trentaine de pays. Sur le même sujet, c’est inédit.

Il faut dire que cette actualité est particulière tant par la profusion de fake news que par les difficultés à vérifier certaines informations. Au sein de la rédaction de LCI, avec l'équipe d'À la loupe, nous avons été confrontés à plusieurs difficultés. 

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En premier lieu : l’accès difficile aux réseaux sociaux chinois alors que la plupart des informations proviennent de là (Weibo, Wechat, Douyin). En Chine, plus qu’ailleurs, ceux qui publient le font sous pseudonyme et sans indice de lieu, pour leur sécurité. Difficile donc de remonter à la source initiale de l’information. A cela s’ajoute la barrière de la langue et le fait qu’il faut être parrainé pour accéder à ces réseaux.

À noter qu'en plus de l’OMS, les autorités françaises mettent également en place des dispositifs pour limiter la propagation de ces fake news. La Direction Générale de la Santé (DGS) met régulièrement à jour sa foire aux questions et répond à des problématiques très précises comme "A partir de quelle distance une personne peut-elle contaminer les autres ?" ou encore "quelles sont les consignes dans les transports en commun ?". En tout, ce sont plus d’une vingtaine de questions publiées qui trouvent directement des réponses auprès d’experts.

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