"Évincer" les élèves non vaccinés en cas de Covid-19 : le nouveau protocole sanitaire ne passe pas

"Évincer" les élèves non vaccinés en cas de Covid-19 : le nouveau protocole sanitaire ne passe pas

COLÈRE - Le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a dévoilé mercredi le protocole sanitaire qui s'appliquera à la rentrée. Il prévoit, dans les collèges et les lycées, l'éviction des élèves non vaccinés dès le premier cas de Covid dans une classe. Auprès des syndicats comme des parents d'élèves, cette mesure préventive crispe.

Le protocole sanitaire de la rentrée 2021 ne passe pas du tout. Dévoilé mercredi par le ministre de l'Éducation nationale, il prévoit que les collégiens et les lycéens non vaccinés restent chez eux et suivent les cours à distance s'ils sont cas contact. "C'est évidemment une forte incitation à être vacciné", a souligné Jean-Michel Blanquer sur Franceinfo.

À la découverte de ces nouvelles règles, jugées discriminatoires, de nombreuses voix se sont élevées.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

La crainte d'une "école à deux vitesses"

"Nous sommes passés d'une campagne d'incitation à la vaccination à l'éviction d'une partie des élèves !", déplore la FCPE, principale fédération de parents d'élèves, dans un communiqué, apparentant ce protocole à "un pass sanitaire déguisé"

À un mois de la rentrée, la FCPE "est très inquiète"  à la perspective de cette "école à deux vitesses". "Car, ne nous leurrons pas : les élèves non vaccinés qui seront isolés à domicile ne bénéficieront pas de cours à distance, comme le précise le ministère,

puisque leurs professeurs seront en classe", assure-t-elle, demandant au ministère de l'Éducation de "réajuster ses mesures pour ne laisser aucun élève au bord du chemin".

Les plus jeunes élèves défavorisés ?

"Le cumul présentiel/distanciel dans une même classe est impossible, les professeurs n'ont pas le don ubiquité", confirme de son côté sur Twitter le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Si Sophie Vénétitay, secrétaire générale du syndicat, approuve la volonté d'une vaccination massive, elle a précisé mercredi sur RTL avoir été "très surprise" par les annonces de Jean-Michel Blanquer car "il n'en a jamais été question dans les discussions qu'on a pu avoir avec le ministère ces dernières semaines".

Auprès de l'AFP, elle a par ailleurs soulevé le risque de "gros problèmes organisationnels". "Comment on fait pour les élèves de 6e qui ont pour une partie d'entre eux moins de 12 ans et ne sont pas donc pas éligibles à la vaccination ?" seulement ouverte à partir de 12 ans, a-t-elle détaillé. Quant aux "12-16 ans, qui ont pu commencer la vaccination plus tardivement que les autres et sont donc encore loin d'atteindre des chiffres importants, seront-ils concernés dès septembre ?", s'interroge-t-elle encore.

Mon fils entre au collège à 11 ans, comme tous les 6e. Il sera donc pénalisé alors même qu'il n'a pas le droit au vaccin avant 12 ans.- Une mère de famille sur Twitter

Sur Twitter, des parents, inquiets, expriment aussi leur désarroi quant à la problématique des élèves les plus jeunes. "Mon fils entre au collège à 11 ans, comme tous les 6e. Il sera donc pénalisé alors même qu'il n'a pas le droit au vaccin avant 12 ans", déplore une mère de famille en interpellant Jean-Michel Blanquer et Emmanuel Macron. "Ils sont oubliés !", reproche une autre, dont le fils entre également au collège à la prochaine rentrée.

La question du secret médical

Autre point d'accroche : le secret médical. "Qui va contrôler le statut vaccinal des élèves ?", questionne Sophie Vénétitay. "On n'a, a priori, pas accès au statut vaccinal de l'élève et on ne demande pas à y avoir accès, mais la question se pose si on fait le contact tracing", converge auprès de LCI le président du Syndicat national des lycées et collèges (Snalc), Jean-Rémi Girard, notant au passage que l'éviction des élèves risque en soi de dévoiler ce statut. "Cela risque d'ailleurs de susciter des tensions au niveau des familles", présage-t-il.

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Si le gouvernement n'a pas encore répondu à toutes ces interrogations, il s'est déjà défendu sur la vision d'un protocole discriminant. "Dire que l'on met en place une école à deux vitesses, je ne suis pas d'accord", a déclaré sur BFMTV la secrétaire d'État à l'Éducation prioritaire Nathalie Elimas. "Ce que l'on fait là au contraire, c'est protéger le collectif, dès lors qu'il y a un cas, on s'isole, on se fait tester, et après on revient", a-t-elle ajouté. "On met en place tout ce qu'il faut pour que la vaccination vienne vers" les populations défavorisées, a-t-elle défendu.

Lors de son allocution lundi 12 juillet, Emmanuel Macron a annoncé que les collèges, lycées et établissements de l'enseignement secondaire feraient l'objet d'une campagne de vaccination. À l'heure actuelle, 31,8% des 12-17 ans ont reçu au moins une dose de vaccin.

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