"Il ne faut pas avoir peur d'appeler le 15" en cas de difficultés respiratoires, rappelle le directeur du Samu

"Il ne faut pas avoir peur d'appeler le 15" en cas de difficultés respiratoires, rappelle le directeur du Samu
Santé

SOINS D'URGENCE - Alors que le nombre de cas graves du Covid-19 ne cesse de progresser en France, le professeur Pierre Carli, directeur du Samu de Paris AP-HP, était l'invité de l'interview d'Elizabeth Martichoux ce lundi sur LCI. Il appelle les Français à "ne pas hésiter à appeler" le 15 en cas de difficultés respiratoires.

Alors que la crise du coronavirus n'a pas encore atteint son niveau maximal, et que "les quinze prochains jours seront difficiles", selon le Premier ministre, le professeur Pierre Carli, directeur du Samu de Paris AP-HP, a invité les Français à appeler le 15 en cas de respiration difficile. "Les critères sont clairs : si vous n'arrivez pas à faire des phrases longues, si vous toussez tout le temps, si vous n'arrivez pas à reprendre votre souffle lorsque vous toussez, si vous vous sentez extrêmement fatigué, avec une forte fièvre, vous nous appelez", a insisté le professeur invité d'Elizabeth Martichoux lundi dans la matinale de LCI.

Des consignes en contradiction avec ce qui avait été demandé aux Français il y a quelques semaines. Pour rappel, afin de ne pas engorger le Samu, seules les personnes en situation de détresse étaient appelées à composer le 15. "Nous sommes dans une situation extrêmement évolutive", répond Pierre Carli. "Ce que nous disions il y a 15 jours n'est plus d'actualité et ne correspond plus à la situation. Ce qui importe maintenant, ce n'est pas d'être contaminé par la maladie, mais de savoir quelles sont les personnes qui ont une forme grave pour leur consacrer nos efforts. Pour cela, il ne faut pas hésiter à nous appeler quand vous avez des signes qui vous gênent pour respirer."

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Un dispositif "multiplié par 4 ou 5"

Pour faire face à cet afflux d'appels, le Samu de Paris a renforcé ses moyens. "Nous recevons actuellement plusieurs milliers d'appels" chaque jour, explique son directeur, environ "trois fois notre activité normale depuis des semaines." "Le dispositif que nous avons actuellement, c'est quatre à cinq fois ce que nous avons d'habitude. Nous avons multiplié nos équipes et nos moyens d'intervention puisque l'activité est très importante."

Des équipes renforcées notamment par "les secouristes de la Croix Rouge, de la protection civile, et même des sauveteurs en mer qui ont rejoint les rangs des secouristes pour aider le Samu", se félicite Pierre Carli. "Nous avons également mobilisé énormément de médecins, qui étaient par exemple partis à l'étranger pour faire de la recherche dans des universités américaines ou anglaises." De nombreux étudiants en médecine ont également rejoint les rangs du Samu pour traverser la crise. "Ces dizaines d'étudiants ont abandonné leur concours et leurs examens et sont venus se former au Samu rapidement pour aider et répondre au téléphone."

Le TGV médicalisé, une initiative qui "apporte de l'air" aux services de réanimation

L'an dernier, sous l'autorité du professeur Pierre Carli, un test avait été mené pour transporter des patients par TGV médicalisé. Depuis le début de la crise du coronavirus, ce mode de transport semble indispensable pour désengorger les services de réanimation des régions les plus touchées, comme en Alsace. "Il y a un peu plus d'un an, nous avons travaillé sur l'hypothèse de transporter des blessés et des malades de région en région", rappelle le directeur médical du Samu de Paris. "Nous avions alors constaté que les transports aériens sont compliqués, prennent du temps et n'ont pas toujours une énorme amplitude. Avec la SNCF, nous avons donc mené un travail pour utiliser les TGV pour aller d'un centre-ville à un autre, puisque les hôpitaux s'y situent souvent."

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Un mode de transport qui a déjà permis à plusieurs dizaine de patients d'être pris en charge dans des services de réanimation moins surchargés. "Quand nous faisons bouger un TGV, nous prenons en charge environ 20 personnes en réanimation. Lorsque ces services sont surchargés, nous apportons un peu d'air", se félicite le professeur. "Trois transports ont déjà été réalisés, dans des conditions très satisfaisantes. Il s'agit de personnes intubées, ventilées artificiellement. Pendant le transport, elles bénéficient d'une surveillance comparable à celle d'un service de réanimation."

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