Coronavirus : l'ancien ministre Patrick Devedjian a succombé au Covid-19

L'ancien ministre, président des Hauts-de-Seine, a succombé au Covid-19, et s'est éteint dans la nuit du 28 au 29 mars. Il était âgé de 75 ans.
Santé

DÉCÈS - Figure de la scène politique française, ancien ministre, maire et député, Patrick Devedjian a succombé au covid-19 dans la nuit de samedi à dimanche, à 75 ans. Hospitalisé depuis mercredi, il avait pourtant annoncé que son état s’améliorait. L’ancien élu du RPR et de l’UMP aura traversé plus de 35 ans de vie politique.

Le 26 mars dernier, sur Twitter, Patrick Devedjian annonçait être touché lui aussi par le coronavirus. Il se disait alors "fatigué mais stabilisé" grâce au travail "exceptionnel" des personnels soignants. 

Ce dimanche 29 mars, le département des Hauts-de-Seine a annoncé, dans un communiqué, le décès de son président des suites du coronavirus à l’âge de 75 ans. "On le croyait sur la voie de la guérison mais le virus a été le plus fort", s’est émue Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France et membre, sur LCI.

35 ans de vie politique et de petites phrases

Patrick Devedjian a été l’un des visages de la droite sur la scène politique pendant plus de 35 ans. Avocat de formation, il fut tout d’abord maire d’Antony, sa ville de cœur, de 1983 à 2002, occupant pendant plus de trente ans en parallèle le siège de député de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine (1986-2017).

Considéré comme un libéral au sein de l’UDR, puis du Rassemblement pour la République (RPR) qu’il aide à créer en 1976, il fut un proche de Charles Pasqua et de Jacques Chirac qui le prennent sous leurs ailes. C’est pourtant Edouard Balladur qu’il soutient lors de l’élection présidentielle de 1995. Il devra attendre 2002 pour revenir en grâce auprès de Jacques Chirac après une longue traversée du désert.

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Affable, homme de petites phrases qui font le bonheur des médias, Patrick Devedjian devient un visage familier des ministères sous la seconde mandature Chirac puis avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Ministre délégué chargé des libertés locales (2002-2004), à l’industrie (2004-2005), il fut notamment en charge du programme de décentralisation. L’élu vit mal d’être écarté du premier gouvernement Fillon qui joue la carte de l’ouverture. "Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux sarkozistes," lâche-t-il alors avec humour. Clamant que le nouveau président lui avait promis le poste de garde des Sceaux, il se contente dans un premier temps de la présidence du conseil général des Hauts-de-Seine avant de devenir secrétaire général de l'UMP jusqu’à la fin 2008. Il accepte alors de devenir ministre en charge du Plan de relance (2008-2010) en pleine crise financière mondiale.

La rupture est consommée avec Sarkozy lorsque ce dernier soutient son fils Jean à la présidence du groupe majoritaire au conseil général des Hauts-de-Seine en 2010. Elu, le fils du président aura également des velléités de récupérer également la succession de l’ancien ministre à la tête de l'Établissement public pour l'aménagement de la région de la Défense que Devedjian avait pourtant créé. Nouvelle passe d’armes en 2011 avec les élections cantonales et la tête du conseil général du département. Si Devedjian est réélu, plusieurs soutiens de Sarkozy sont au tapis et ce dernier, comme son fils Jean, se rallient finalement derrière l’homme fort du département.

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Fier de ses origines arméniennes

Soutenu par tous les partis politique, il prend la tête du syndicat mixte Paris Métropole fin 2014 pour préparer la future Métropole du Grand Paris. Réélu à la tête du conseil départemental des Hauts-de-Seine en 2015, Devedjian annonce délaisser son mandat de député après 2017. Il soutiendra Alain Juppé lors de la primaire de droite à la présidentielle 2016.

Si Patrick Devedjian a reconnu des erreurs de jeunesse, comme son engagement dans des groupes activistes d’extrême droite dans les années 1960 avec notamment Gérard Longuet ou encore Alain Madelin et quelques arrestations à la clé, sa principale cause fut toujours de faire reconnaître le génocide arménien, pays d’origine de son père. "Fier de ses origines arméniennes, il n'a cessé de combattre pour la reconnaissance du génocide et pour le développement de l'Arménie d'aujourd'hui", écrit le département des Hauts-de-Seine. Il s'opposera pour cela à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. "C’est une personnalité qui va nous manquer", ajoute Valérie Pécresse. "Arménien d’origine et fier de l’être, il s’était enraciné dans le sol français, se disant 100% arménien et 100% français. Il revendiquait cette identité. C’était un féru d’histoire qui ne cessait de nous expliquer l’importance de la connaître."

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