L’humidité et le froid face au Covid-19 et ses variants : qu’en sait-on ?

L’humidité et le froid face au Covid-19 et ses variants : qu’en sait-on ?

CORRÉLATION - Avec la chute vertigineuse des températures enregistrée cette semaine ressurgit la question autour d'un éventuel impact de la météo sur la recrudescence des infections au Covid-19. On fait le point.

La météo dope-t-elle la circulation du Covid-19 ? La question qui a émergé dès les prémices de la pandémie refait régulièrement surface et particulièrement à chaque nouvelle vague de froid. Celle qui s'abat cette semaine sur une partie de la France, avec des températures glaciales ressenties, n'y échappe pas, d'aucuns craignant un nouveau regain de l'épidémie. D'autant plus que cette fois, plusieurs variants du virus pointés pour leur contagiosité accrue, s'ajoutent au cocktail.

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S'annonce-t-il (d'autant plus) toxique ? Que nous apprennent les dernières études sur le lien entre chute des températures et recrudescence des infections ? Et l'expérience de l'automne ? S'il semble qu’effectivement ce virus "aime le froid", ce dernier aurait toutefois ses limites et le phénomène météorologique surnommé le "Moscou-Paris" qui traverse actuellement le pays ne se présente pas comme sa fenêtre météo préférée.

Que retenir de l'expérience de l'automne ?

En octobre dernier, le retour en force du virus alors observé avait été attribué par un certain nombre d'observateurs aux premiers rafraîchissements de l'automne, indépendamment des comportements humains. Pour rappel, alors que l'épidémie reprenait doucement, une hausse des cas fulgurante avait été enregistrée en France comme à travers le reste du continent. "Il se passe quelque-chose", avait notamment commenté le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon, soulignant que les conditions météorologiques avaient "profondément changé" en Europe deux semaines avant cette nouvelle vague. 

Une analyse partagée à l'époque par le professeur Arnaud Fontanet, qui notait sur France 5 que la circulation du coronavirus après la "rentrée scolaire, universitaire et professionnelle" s'était "stabilisée" avant "quatre jours de froid entre le 24 et le 27 septembre" qui pouvaient expliquer qu'"une semaine plus tard, le nombre de cas a augmenté de façon très, très brutale". 

"Ce que l’on a pu voir dans l’hémisphère sud de juin à septembre montre que la pression due à la saison froide est très forte sur ce virus", soulignait à la même période l'épidémiologiste Antoine Flahault. "Quel est le rôle de la température et de l’humidité et le rôle respectif des comportements ? C'est très difficile de le dire", tempérait-il toutefois, alors que de nouvelles données sont depuis venues préciser ce lien.

Que nous apprennent les dernières études sur la question ?

Le lien entre chute des températures et accélération de la transmission du virus est de plus en plus clair. L'Institut Pasteur a notamment récemment publié une pré-étude dans laquelle la "dépendance importante de la transmission du SARS-CoV-2 à la météo" et au climat est confortée. Plus en détail, elle engendrerait une augmentation de 0,16 du R0 pour chaque degré perdu sous une température moyenne de 10°C. En revanche,  sous le zéro degré, la dynamique de la propagation semble changer et la corrélation n’est plus du tout évidente, est venue préciser une étude publiée fin 2020 par la filiale privée de Météo-France, Predict Service. 

"Lorsqu'il fait très froid, moins de trois degrés, les gouttelettes ont tendance à tomber au sol", et donc à moins être disséminées, expliquait en décembre le ministre de la Santé Olivier Véran sur France 5. "Lorsqu'il fait entre 3 et 17 avec un taux d'humidité particulier, ce que nous disent les études scientifiques, c'est que là les conditions de transmission sont réunies", poursuivait-il, parce que "les gouttelettes qui transportent le virus ont tendance à monter et à se disséminer". Les données de Météo France et de l’Institut Pasteur concluent que le virus affectionne les températures comprises entre 2 et 6° et un taux d’humidité dans l’air entre 60 et 80%. 

"Froid" ou "grand froid", la nuance est importante

De quoi nuancer grandement la question récurrente : le froid est-il un facteur aggravant dans la propagation du virus ? Car si cela peut être effectivement le cas, dans une certaine mesure, le grand froid, lui, n’est pas forcément sa fenêtre météo préférée.

"On sait que, lorsqu’il fait un peu plus froid, cela favorise la circulation mais quand il fait très froid, avec des températures négatives, cela fige un peu la circulation virale", insiste Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP) à Paris et consultant TF1-LCI. Et de rappeler : "Ce qu’ont observé la ville de Chicago dans l’Illinois aux États-Unis et des papiers scientifiques."

"Les Chinois ont étudié ça de près, et pas seulement en Chine, mais dans 54 pays dont notamment l’Italie" où 21 villes ont été scrutées en février, mars et avril pour comprendre l’incidence des températures sur l’épidémie, rappelle de son côté le Dr Damien Mascret, pour Franceinfo. Il en était ressorti que la température idéale de propagation du virus, proche de la moyenne avancée par les études françaises, se situerait, autour de 8 degrés. 

Quid des variants ?

Une question reste tout de même une question : est-ce que la température idéale de la forme originale du virus est la même que celle des variants récemment détectés à travers le globe. Ou ces derniers prédisent-ils un comportement différent en fonction d'autres facteurs météorologiques ? Si les mois à venir permettront sans doute d'y voir plus clair, les premiers indices semblent rassurants. 

"On a vu que c'est à Wuhan où il fait plus doux et plus humide qu'à Pékin qu'a démarré l'épidémie. L'Angleterre avait ces conditions très défavorables quand son variant a explosé en décembre", souligne pour Franceinfo Alix Roumagna, de Predict Services. Avec ses données météo et l’université de médecine de Paris, la société cherche à développer une application de "météo Covid" dotée d'un code couleur sur les conditions favorables ou défavorables à la circulation du virus. 

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Rappelons d'ailleurs que s'il est désormais acquis que ce virus "aime le froid", possiblement en partie du fait d’une levée de l’inactivation UV (qui pourrait être commune à d’autres coronavirus), le changement d'habitudes en fonction de la météo (réunions en lieux clos, aération moins systématiques...) peuvent également influencer sa diffusion. C'est en substance, la conclusion d'une étude dirigée en septembre dernier par la chercheuse Akiko Iwasaki, immunobiologiste à la prestigieuse université de Yale, qui pointait, outre les "changements des paramètres environnementaux", le "comportement humain" comme principal facteur de propagation du Covid-19. Et cela vaut donc tout autant en présence des variants.

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