Coronavirus : l'intubation des patients en réanimation, un geste tout sauf anodin

Coronavirus : l'intubation des patients en réanimation, un geste tout sauf anodin

SANTE - Les malades les plus atteints par le coronavirus et en détresse respiratoire doivent être intubés pour continuer à vivre. Mais être placé sous respirateur artificiel n'est pas anodin, et les conséquences nombreuses, notamment à la sortie de réanimation.

Dans les cas les plus graves, le coronavirus provoque un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA). Ce dernier a pour conséquence d'infecter les poumons des malades, et de les empêcher de respirer normalement. Ils doivent alors être intubés, c’est-à-dire placés sous respirateurs artificiels, des machines qui vont prendre le relais de leurs organes pour les maintenir en vie. Mais les séquelles peuvent être importantes.

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Tout d'abord, la manœuvre en elle-même est délicate. Pour intuber un patient, il faut lui introduire une sonde respiratoire par la bouche jusqu’à la trachée. Si ces manœuvres sont souvent effectuées à l'hôpital, elle peuvent également avoir lieu au domicile d'un malade qui serait déjà trop en difficulté pour respirer par lui-même. Une fois intubé, le patient nécessite une surveillance constante. Elle s'effectue dans les services de réanimation.

Pendant l'intubation, plusieurs risques et complications peuvent intervenir. "Le fait d'être intubé, ventilé, provoque un hyper-métabolisme du corps, qui fait donc qu'on consomme trop de calories", a expliqué à franceinfo le pneumo-cancérologue à l'hôpital privé de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) David Mispelaere. "Donc les muscles fondent (…). On peut avoir aussi des complications de retour à la marche puisque les muscles des jambes ont également fondu. Il y a aussi toutes les autres complications de la réanimation, les problèmes d'insuffisance rénale qui peuvent se mettent en place, des problèmes de thrombose vasculaire." 

"Il est courant que des patients sous respiration artificielle aient besoin de dialyse"

Onjen Gajic, pneumologue dans le Minnesota (Etats-Unis) complète auprès de France 24. "La difficulté en soins intensifs, c’est que les deux organes sur lesquels nous nous concentrons sont le cœur et les poumons. Et, quand nous déployons tant de moyens pour essayer de les protéger, nous savons que cela aura des conséquences sur d’autres organes. Les reins, par exemple, peuvent commencer à se dégrader. Il est courant que des patients sous respiration artificielle aient besoin de dialyse. Par ailleurs, l’utilisation de médicaments pour plonger les patients dans un coma artificiel peut provoquer certains degrés de délire qu’il sera difficile de soigner."

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Les aspirateurs artificiels eux-mêmes peuvent provoquer des lésions. Au magazine Industrie et Technologies, un médecin urgentiste de Baltimore explique qu'en cas de SDRA, "les poumons deviennent extrêmement sensibles à la pression". Ainsi à long terme, une trop grande concentration d'oxygène ou une pression trop importante lors de l’insufflation "peut créer des lésions sur les tissus pulmonaires". "De plus, les zones enflammées ne sont pas toutes réparties au même endroit. D'autres parties du poumon fonctionnent normalement et pourraient elles aussi souffrir d'être exposées à des pressions trop importantes et s'enflammer à leur tour. Si vous envoyez de l'air à trop forte pression, vous détériorez les parties saines des poumons. Si vous n'en envoyez pas assez, vous ne comblez pas le manque de ventilation dû aux parties infectées", explique-t-il.

De la rééducation à la sortie de réanimation

Pour soigner ces séquelles, les malades sortant de réanimation devront effectuer de la rééducation, pour réapprendre à marcher ou à respirer. Ce sevrage respiratoire est notamment pratiqué dans une dizaine d'hôpitaux en France (voir vidéo en tête de cet article). Les soignants apprennent aux patients à respirer de nouveau par eux-mêmes, après de longs jours sous intubation. 

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