Covid-19 : la France trace-t-elle deux fois moins de cas contacts que cet été ?

Covid-19 : la France trace-t-elle deux fois moins de cas contacts que cet été ?

MISE AU POINT - Bruno Retailleau a affirmé ce jeudi que les autorités sanitaires ne traçaient plus que deux personnes par cas positif, contre cinq en début d'été. Une tendance effectivement confirmée par les chiffres de Santé publique France, mais qui doit être contextualisée.

Non, le chef de file des Républicains au Sénat ne veux pas d'un confinement plus serré. Il veut une "stratégie" regrettant que "nous n'en avons jamais eue". Invité sur France info, Bruno Retailleau a en effet répété ce jeudi 5 novembre que la gestion de la crise sanitaire était un "échec". Pour le prouver, l'élu de droite s'est appuyé sur un chiffre. Selon lui "en juillet, pour un cas positif, on traçait cinq cas contacts", tandis que "désormais pour un cas positif on en trace que deux". Une affirmation véridique, mais qui ne permet pas de conclure qu'aujourd'hui "on ne trace plus". C'est d'ailleurs tout le contraire.

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Le nombre de contacts à risque par cas a "diminué"

Sa stratégie, le gouvernement ne cesse de la répéter. Elle se résume en trois mots-clés : "tracer, tester, isoler". Or, si le premier maillon de la chaîne vient à manquer, c'est l'ensemble du système qui déraille. Élément essentiel de la lutte contre le coronavirus, il a en effet pour objectifs de limiter au maximum la diffusion du virus à partir des nouveaux malades et de briser les chaînes de transmission via l'identification des personnes en contact avec un cas positif. Il est appelé le "contact-tracing". Et toutes les données à son propos sont publiques et mises à jour chaque semaine par Santé publique France. 

Nous nous sommes donc penchés sur le dernier bulletin épidémiologique en date du 5 novembre, jour où le sénateur évoquait ces chiffres. Les éléments qui y sont communiqués sont ceux de la semaine 44 - soit du lundi 26 octobre au dimanche 1er novembre. L'agence sanitaire française y relève que le nombre de "personnes-contacts à risque par cas" a bien "diminué" par rapport à la semaine précédente. Et ce "de façon importante". L'indicateur a ainsi chuté à 2,2, soit un peu plus de deux personnes contactées pour chaque personne testée, contre 2,8 la semaine précédente. "Il s'agit du nombre le plus bas depuis la semaine 20", soit la mi-mai, écrit Santé publique France. De fait, en prenant le relevé de cet indicateur depuis le mois de mai, on voit, comme le montre le graphique ci-dessous, qu'il a drastiquement chuté depuis la rentrée. Et à l'inverse, à la mi-juillet - soit en semaine 29 - on appelait bien cinq personnes par cas. 

Les chiffes donnent donc raison à Bruno Retailleau. Mais, comme souvent, cette baisse est à contextualiser. Car elle ne signifie pas du tout qu'on ne "trace plus", comme le prétend l'élu de droite. C'est même tout le contraire. Pour l'expliquer, il faut se tourner vers les données de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM). C'est elle qui est au cœur de cette stratégie puisqu'elle a pour mission de s'approcher des Français qui auraient pu être à proximité d'un cas positif. Or, l'instance rappelle que son activité n'a pas baissé. Elle a même été multipliée par cinq depuis la rentrée. Dans l'un de ses derniers communiqués de presse, daté du 23 octobre dernier, l'Assurance maladie relève en effet avoir, "réalisé plus de 100.000 contacts quotidiens, contre 20.000 en moyenne début septembre". Une explosion qui s'explique évidemment par "l'évolution rapide et importante, avec une progression forte et constante du nombre de patients zéro et de cas contact". 

Même hausse relevée chez Santé publique France qui note qu'au cours de la semaine 44, il y a eu une "forte augmentation du nombre de nouveaux cas et de nouvelles personnes contacts à risque enregistrées". En fait, cette baisse que souligne l'élu vendéen ne se justifie pas par un "échec" du traçage, mais simplement par le comportement des Français.

Auprès de LCI, l'Assurance maladie note ainsi que depuis la rentrée, la moyenne des cas identifiés chaque semaine à partir d'un patient zéro "est autour de 3". La population n'était plus en vacances, elle se déplaçait moins. Chacun croisait donc automatiquement moins de monde. Cet indicateur a ensuite commencé à chuter au moment du couvre-feu. En fait, les Français ont tout simplement "réduit leurs contacts", comme il leur était demandé, note la CPAM. "Que ce soit par contrainte ou à cause des mesures sanitaires". Rien de surprenant, donc. Quand la population réduit ses rencontres et ses sorties, il y a mathématiquement moins de cas contacts appelés à chaque nouveau cas positif.

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