La nicotine efficace contre le Covid-19 ? "Je ne veux pas lever de faux espoirs mais on a une piste", estime le Pr Fontanet

La nicotine efficace contre le Covid-19 ? "Je ne veux pas lever de faux espoirs mais on a une piste", estime le Pr Fontanet
Santé

INTERVIEW POLITIQUE – Le professeur Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique, était l’invité d’Elizabeth Martichoux ce vendredi 24 avril sur LCI. Interrogé sur l'hypothèse selon laquelle la nicotine protège du Covid-19, l'épidémiologiste se veut prudent tout espérant que cette découverte puisse "déboucher sur un traitement préventif ou curatif".

Une piste prometteuse qui doit encore être consolidée. Le professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur et membre du Conseil scientifique, était l’invité d’Elizabeth Martichoux ce vendredi 24 avril sur LCI. L'occasion pour lui de revenir sur l’hypothèse selon laquelle la nicotine protège de la contamination au Covid-19, qui se consolide peu à peu. De fait, il apparaît que l’infection au nouveau coronavirus a touché quatre fois moins de fumeurs (7,2%) que de non-fumeurs (28%). 

75% de risques en moins pour les fumeurs

Avant toute chose, le chercheur a souhaité rappeler la mortalité liée au tabagisme, première cause de décès évitable dans l'Hexagone : "Le tabac tue 75.000 personnes en France. Pour moi, ça reste l’ennemi numéro 1." Puis d’exposer les résultats de l'étude, en toute franchise : "Ce résultat, j’aurais été très content de le garder sous la table, mais il est scientifiquement valide. Chez les fumeurs, le risque d’être infecté par le Covid-19 est réduit de 75% par rapport aux non-fumeurs."

Si les faits sont là, et qu’ils démontrent que "le tabagisme protège", il s’agit désormais "de comprendre pourquoi il protège", poursuit l’épidémiologiste, et il semblerait que la piste de la nicotine et son "interaction avec le récepteur du virus" soit "la plus intéressante". Mais le plus dur reste à faire : "Si cette découverte pouvait déboucher sur un traitement préventif ou curatif, ce serait une excellente nouvelle. Je ne veux pas lever de faux espoirs mais on a une piste."

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Le chercheur est par ailleurs revenu sur la première étude séro-épidémiologique conduite auprès d’un lycée de Crépy-en-Valois, l’un des premiers foyers de contamination de l’Oise, rappelant alors le contexte : le 25 février, un enseignant d’un collège de la ville meurt du Covid-19 et devient la première victime française. Nous sommes près de 20 jours après les suspicions de cas d’infection à la station de ski des Contamines-Montjoie : "On pensait que le virus ne circulait pas à cette période." 

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Or, il apparait que le virus circulait de manière active dans ce lycée : 41% des 661 personnes testées (personnel scolaire, lycéens, proches) se sont révélées positives au nouveau coronavirus, dont 38% de lycéens et 43% d’enseignants. Si un lycéen infecté peut contaminer sa famille, le taux de contamination au sein d'un foyer reste peu élevé, et c’est surtout au sein de l’établissement qu'elle réside. Le professeur Fontanet a donc rappelé l’importance des mesures d’hygiène et de distanciation sociale à destination de tous les écoliers qui reprendront le chemin de l’école.

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