Première vague de Covid-19 : la surmortalité bien moindre en France que chez ses voisins

Première vague de Covid-19 : la surmortalité bien moindre en France que chez ses voisins
Santé

STATISTIQUES - Selon une étude révélée ce mercredi, la France figure au huitième rang en matière de surmortalité lors de la première vague de la pandémie de Covid-19 parmi 21 pays industrialisés.

La première vague de Covid-19 qui a endeuillé le monde entier n’a pas touché tous les pays de la même façon. Si le coronavirus a déjà causé la mort de plus de 30.000 personnes en France, d’autres pays comparables déplorent un bilan de mortalité plus lourd. 

Selon une étude internationale révélée ce mercredi par l’Institut national d’études démographiques (Ined), la France figure au huitième rang parmi 21 pays industrialisés en termes de mortalité toutes causes confondues entre mi-février et fin mai 2020.

La France loin derrière l'Angleterre, l'Italie ou l'Espagne

"Les chercheurs ont utilisé différents modèles statistiques afin d’estimer le niveau ‘normal’ des décès qui se seraient produits dans ces pays (la plupart des pays européens hors Allemagne, en plus de la Nouvelle-Zélande et de l’Australie, ndlr) en l’absence de la pandémie", révèle l’Ined. 

Au cours de la première vague, "206.000 personnes supplémentaires sont décédées de toutes causes confondues par rapport aux niveaux attendus", poursuit l’institut. La France représente 11% de cette surmortalité, loin derrière l'Angleterre et le Pays de Galles (28%), mais aussi l’Italie (24%) ou l’Espagne (22%). Le Belgique et l’Écosse figurent également parmi les pays "qui ont connu le nombre le plus élevé de décès toutes causes confondues pendant la période d’étude".

Lire aussi

Toutefois, la France n’a pas été épargnée, et se casse parmi les pays dont la pandémie a eu "un impact moyen", avec les Pays-Bas et la Suède. L’Autriche, la Suisse et le Portugal ("impact faible"), mais surtout la Bulgarie, la Nouvelle-Zélande, la Slovaquie, l’Australie, la Tchéquie, la Hongrie, la Pologne, la Norvège, le Danemark et la Finlande "ont pu éviter une augmentation perceptible des décès".

Les pays les plus touchés ont moins investi dans leur système de santé

"L’impact n’a pas été aussi fort qu’en Angleterre, en Italie ou en Espagne, mais la France reste quand même au-dessus de la médiane des 21 pays en termes d’excès de mortalité", tempère toutefois le Dr Michel Guillot, directeur de l’Ined et co-auteur de cette étude. 

"La France se distingue également comme un pays dont le nombre de décès en excès a été plus faible que le nombre de décès Covid-19. Cela suggère qu’il n’y a pas eu de sous-enregistrement majeur des décès en France", contrairement à ce que certains spécialistes affirmaient ces dernières semaines, "mais également que la pandémie et la réponse en termes de politique de santé a sans doute généré une baisse des décès dus à d’autres causes."

Pour expliquer ces résultats, les chercheurs avancent la piste de l’investissement dans les services hospitaliers. "Les nations avec les décès en excès les plus importants pendant la période de l’étude sont ceux qui ont connu des investissements inférieurs dans leurs systèmes de santé", constate l’Ined. 

Toute l'info sur

Covid-19 : la France face à l'ampleur de la deuxième vague

Les dernières infos sur l'épidémie de Covid-19

"L’investissement à long terme dans les systèmes de santé nationaux est ce qui permet à un pays de répondre à la pandémie et de continuer à fournir les soins de routine courants dont la population a besoin", renchérit le Pr Majid Ezzati, auteur principal de l’étude. "Nous ne pouvons pas démanteler le système de santé pour cause d’austérité et ensuite s’attendre à ce qu’il prenne soin des gens au moment où le besoin est à son comble."

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

EN DIRECT - Covid-19 : aux Etats-Unis, record de contaminations à quatre jours de la Présidentielle

L’ŒIL DE LAURENCE HAÏM - "Il se passe quelque chose au Texas"

CARTE - Reconfinement : regardez jusqu’où vous pouvez sortir autour de chez vous

EN DIRECT - Attentat de Nice : un deuxième homme au contact du terroriste interpellé

Olivier Véran a-t-il affirmé que "c’est le confinement qui provoque la circulation du virus" ?

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent