Coronavirus : les cas baissent-ils en France à cause de la diminution du nombre de tests ?

Les patients positifs pourraient être plus fortement surveillés.

ÉPIDÉMIE – Un message reçu par la rédaction de LCI.fr s'inquiète de voir les autorités sanitaires "taire" la baisse du nombre de tests réalisés, craignant qu'elle soit liée à la décrue de l'épidémie. Le lien de causalité est en fait inversé.

Chaque jour, l'équipe des Vérificateurs reçoit des questions d'internautes via l'adresse mail dédiée lesverificateurs@tf1.fr. Lecteur de LCI.fr, Philippe nous a ainsi sollicités car il s'interroge sur "le faible nombre de tests réalisés depuis une bonne semaine". "C'est facile de faire baisser le nombre de cas positifs en réduisant énormément le dépistage. Il suffit de regarder le nombre de tests et de le rapprocher du taux de positivité pour se rendre compte que moins d'un million de tests sont fait par semaine. Facile donc d'avoir autant de baisse des cas. Merci de rétablir la vérité et d'attribuer le recul des cas à la bonne cause", écrit-il.  Pour en savoir plus, nous avons passé au crible les différents bilans hebdomadaires du pays. 

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L'info passée au crible

Baisse de 34% des nouveaux cas

De fait, en trois semaines, le nombre de tests PCR "a été divisé par deux", selon le dernier bilan de la Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques (DREES), réalisé ce jeudi 3 décembre. Plus précisément, entre le 23 et le 29 novembre, 1,1 million de tests virologiques, dits PCR, ont été validés. C'est effectivement deux fois moins que les 2,3 millions de tests qu'effectuait la France début novembre. Un chiffre en chute libre depuis plusieurs semaines, comme en atteste la courbe ci-dessous. Les laboratoires en réalisaient environ 1,4 million entre le 16 et le 22 novembre et 1,8 million la semaine précédente. 

Résultat : d'après Santé publique France, le taux de dépistage hebdomadaire dans la population n'est plus que de 891 tests pour 100.000 habitants. Une diminution de 23% par rapport à la semaine précédente.

En voyant ce phénomène, il apparait logique pour l'internaute de le lier à la baisse annoncée des contaminations. Pour lui, cette diminution expliquerait à elle seule les 34% de nouveaux cas confirmés en moins qu'a enregistrés le pays en semaine 48. En réalité, les explications sont ailleurs.

Tests antigéniques et baisse de l'incidence

D'une part, les chiffres cités plus haut ne prennent pas en compte les tests antigéniques. Déployés massivement, ils ne sont cependant pas comptabilisés par les autorités sanitaires, dont Santé publique France. Car pour le moment, le système de remontée des résultats de cette nouvelle méthode de dépistage n'est pas jugé assez efficace et transparent. Les autorités estiment en effet qu'il est aujourd'hui impossible de réaliser un cumul des cas confirmés par PCR et par test antigénique "du fait de l’impossibilité de croiser les bases" de données. "Certains patients peuvent ainsi être comptés en double", résume l'agence sanitaire. Pourtant, plus rapides et accessibles, ils sont de plus en plus  largement utilisés par les Français. La baisse du nombre de tests PCR a "été en partie compensée par la montée en charge des tests antigéniques", explique ainsi la Drees. Leur nombre approcherait les 200.000 sur la dernière semaine de novembre. Et, sur la totalité des dépistages du coronavirus réalisés en semaine 48, 86% l'étaient par tests RT-PCR contre 14% par tests antigéniques. On teste donc peut-être davantage que ce que l'on pense. 

Néanmoins, ce critère ne justifie pas à lui tout seul qu'on teste moins. Il faut en réalité essentiellement prendre en compte la chute de la transmission du Covid-19. Le taux de reproduction, qui permet d'observer la dynamique de

transmission du virus, est en effet estimé inférieur à 1 en France. Selon les données virologiques, il est de 0,58  et de 0,66 d'après les données de passage aux urgences. Cela signifie qu'un Français malade propage le virus à moins d'une personne. La contamination ne cesse donc de chuter. Or si celle-ci chute, cela signifie automatiquement qu'il y a moins de patients malades et aussi moins de contacts.

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Ce phénomène, on peut l'illustrer par un autre indicateur, celui de la positivité des tests. Lui aussi continue de diminuer.  Établi à 10,7% en semaine 48, il était en baisse de 2,3 points par rapport à la semaine précédente. En réalité, la diminution des tests est donc une conséquence de la décrue de l'épidémie. Et non pas l'inverse.

Vous souhaitez nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse lesverificateurs@tf1.fr

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