Coronavirus : le retour à l’école a-t-il relancé l’épidémie ?

Les écoliers européens ne retournent pas tous en classe en cette fin juin.
Santé

À LA LOUPE – À partir du dernier bilan de Santé publique France, une revue d’enseignants assure que "la réouverture des écoles a bien relancé l’épidémie". Véridique ? Éléments de réponse.

Retour à l'école... et retour du virus ? Alors que des médecins demandent le port obligatoire du masque dans les lieux publics clos et alertent sur un rebond potentiel de l’épidémie, la circulation du Covid-19 dans le pays est bel et bien plus que jamais surveillée. C'est dans ce contexte qu'une revue en ligne d’enseignants, intitulée Café pédagogique, affirme sur Twitter que "la réouverture des écoles a bien relancé l’épidémie". 

Et cite Santé publique France qui évoque dans son bilan du 9 juillet le nombre de visites hebdomadaires réalisées par SOS Médecins, en hausse pour la deuxième semaine consécutive : "Cette augmentation est plus marquée chez les enfants de moins de 15 ans (397 actes en S27 vs 235 en S26, soit +69%). Cette tendance à la hausse peut s’expliquer par la reprise de l’école qui a eu lieu avant les vacances scolaires d’été et pour laquelle le retour à la collectivité a favorisé les tableaux respiratoires". 

Politique de tests et taux de positivité

Cette hausse constatée suffit à Café pédagogique pour avancer que le retour des enfants à l’école, progressif à partir du 11 mai dernier, a entraîné une reprise de l’épidémie. En réalité, c’est plus compliqué que ça. Dans ses données de surveillance épidémiologique transmises à Santé publique France, SOS Médecins relève les visites faites pour des suspicions de Covid-19 et non les cas avérés. 

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Serge Smadja, secrétaire général de SOS Médecins, assure à LCI qu’il y a bien eu une augmentation de suspicions constatée chez les enfants mais pas forcément de cas positifs : "Depuis que les enfants sont retournés à l’école, on a eu une recrudescence des maladies respiratoires. On a eu la consigne de tester le plus possible mais tous les épisodes respiratoires n’étaient pas des cas Covid chez les enfants."

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Deux éléments sont à mettre dans la balance pour nuancer l’affirmation selon laquelle la reprise de la classe a relancé l’épidémie : la politique de tests et le taux de positivité. D’abord, la capacité de dépistage a suffisamment augmenté aujourd’hui pour que les médecins de ville prescrivent un test à chaque suspicion. "Au pic de l’épidémie, on n’avait pas de tests. Maintenant on en a donc tous ceux qui ont des symptômes se font dépister", avance Serge Smadja. 

Ensuite, être suspecté d’avoir attrapé le virus ne signifie pas être contaminé. Si le taux de positivité des tests a augmenté dans certaines régions, il reste très bas à l’échelle nationale en étant évalué à 1,4 pour la semaine du 29 juin au 5 juillet selon les données de SI-DEP, le Système d'Informations de Dépistage du gouvernement. 

On n’est pas au pic du mois de mars, mais attention- Serge Smajda, secrétaire général de SOS Médecins

Ceci dit, le virus circule plus qu’avant en France. Dans son bilan, Santé Publique France conclut qu’"en semaine 27 (du 29 juin au 5 juillet), le nombre de cas confirmés, le taux d’incidence et le nombre d’actes SOS médecins pour suspicion de Covid-19 sont en augmentation en comparaison à la semaine précédente. Le nombre de reproduction effectif (R effectif) en France métropolitaine est supérieur à 1. Ces résultats sont en faveur d’une tendance à l’augmentation de la circulation du virus en France métropolitaine." 

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A partir de ses observations de terrain et de ses visites journalières, SOS Médecins constate également une légère reprise de l’épidémie sur le territoire, sans pour autant pouvoir affirmer que celle-ci est ciblée chez les enfants. "Vendredi, on avait 360 suspicions Covid contre 200 il y a quelques jours. On n’est pas au pic du mois de mars (2500 suspicions relevées au point fort de l’épidémie, ndlr), mais attention."

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