Coronavirus : le Tocilizumab, un traitement prometteur pour réduire les entrées en réanimation

Coronavirus : le Tocilizumab, un traitement prometteur pour réduire les entrées en réanimation

CRISE SANITAIRE - Le service de médecine interne de l'hôpital Foch, à Suresnes (Île-de-France), utilise actuellement un médicament visant à maîtriser l'emballement immunitaire des personnes atteintes par le coronavirus. Cet emballement serait responsable de certaines entrées en réanimation. Les premiers résultats de ce traitement semblent prometteurs.

Partout sur la planète, les soignants et scientifiques se posent la même question : comment venir à bout du Covid-19 ? Car même si le nombre de patients admis en réanimation pour une infection au coronavirus est en baisse constante ces derniers jours en France, les hôpitaux ont déjà accueilli de très nombreux malades depuis un mois et demi, notamment en réanimation. De nombreuses pistes de traitements avancent, et des médecins d'un hôpital français pourraient bien avoir trouvé une clef pour diminuer le nombre de patients en soins intensifs.

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À l'hôpital Foch de Suresnes (Île-de-France), le service de médecine interne a en effet développé un traitement permettant de réduire l'emballement immunitaire des patients infectés, en partie responsable des entrées en réanimation. "Afin d'aider à réguler l'action immunitaire et favoriser la réaction inflammatoire de l'organisme, réponse naturelle à une agression, le système immunitaire fabrique et libère des molécules appelées cytokines", explique l'hôpital. "Pour autant, lorsque le système immunitaire s'emballe, ces molécules sont sécrétées en trop grande quantité et provoquent une réaction hyper-inflammatoire." Cet emballement immunitaire peut ensuite être à l'origine de détresses respiratoires, qui nécessite un accès en réanimation.

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Coronavirus : où en sont les traitements ?

"Une nette réduction de la ventilation mécanique" et de la réanimation

Pour pallier ces effets, le service de médecine interne de l'hôpital Foch, dirigé par le Dr Félix Ackermann, "a réalisé une étude préliminaire auprès de 30 patients de moins de 80 ans atteints de Covid-19", à qui les soignants ont administré du Tocilizumab, un médicament habituellement utilisé en rhumatologie. "Le devenir des patients traités a été comparé à un groupe de patients dits 'contrôles', correspondant à des patients de même sévérité n'ayant pas reçu de traitement", indique l'hôpital.

Les résultats se sont finalement avérés très prometteurs. "L'utilisation de ce traitement a permis d'observer chez les malades traités une nette réduction du recours à la ventilation mécanique, en comparaison aux 29 patients 'contrôles' qui ne l'avaient pas reçu. De plus, les patients traités ont été beaucoup moins fréquemment transférés en réanimation", notent les médecins dans leur étude. En outre, peu d'effets secondaires ont été repérés chez les patients. Les soignants notent donc "une très bonne tolérance à ce traitement".

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Ces résultats, "plus qu'encourageants", donnent de l'espoir au personnel médical, afin de réduire le nombre de lits occupés en réanimation, toujours à un niveau extrêmement élevé, et dont la baisse constante est encore fragile, notamment en cas de rebond épidémique dans les semaines à venir.

Ce traitement a réduit "significativement" la proportion de patients ayant dû être transférés en réanimation ou décédés, par rapport à ceux ayant reçu un traitement standard, a indiqué l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), le 27 avril. Il s'agit du "premier essai comparatif par tirage au sort" qui fait la "démonstration d'un bénéfice clinique" de ce traitement chez des malades Covid souffrant d'une infection sévère, ont souligné ses organisateurs au cours d'une conférence de presse téléphonique.

Ces résultats doivent encore être "consolidés" et seront publiés dans une revue scientifique d'ici quelques semaines. Mais l'AP-HP explique avoir décidé de les rendre publics dès maintenant "pour des raisons de santé publique", du fait du contexte de crise pandémique, et les avoir communiqués aux autorités sanitaires françaises et à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

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