Coronavirus : le recours à la chloroquine encadré et réservé aux cas graves, sous conditions

Coronavirus : le recours à la chloroquine encadré et réservé aux cas graves, sous conditions
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TRAITEMENT - Pour faire taire la controverse au sujet du traitement à la chloroquine, le ministre de la Santé a décidé d’encadrer strictement son utilisation, l’interdisant en dehors des cas les plus graves et hors de l’enceinte de l’hôpital.

Après l’engouement provoqué par l’annonce controversée d’un remède miracle, la chloroquine, contre le Covid-19, le gouvernement serre la vis ce lundi soir. Car si les premiers tests réalisés à partir de cette molécule, utilisée couramment contre le paludisme, sont encourageants, rien n'assure qu'elle soit un rempart contre le virus, trop peu de patients ayant été testés jusqu'alors. Sur les recommandations du Haut conseil de santé publique, Olivier Véran a ainsi annoncé que la chloroquine allait être désormais administrée seulement aux "formes graves" de malades atteints du Covid-19. 

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"Le Haut conseil recommande de ne pas utiliser ce traitement en l’absence de recommandations, à l’exception de formes graves hospitalières sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte", a affirmé le ministre de la Santé, remplaçant Jérôme Salomon au point quotidien à la presse sur l’évolution de l’épidémie en France. L'usage de la chloroquine doit être encadré par un arrêté pris dans les prochaines heures, a précisé Olivier Véran. 

La restriction de l’utilisation de ce médicament, dont les vertus ont été vantées par le professeur Didier Raoult, infectiologue à Marseille, interdit de fait "toute prescription dans la population générale ou pour des formes non sévères à ce stade". Ce qui veut dire concrètement que la chloroquine ne sera plus administrée en dehors de l’enceinte d’un hôpital mais sera  "accessible aux équipes médicales hospitalières qui le souhaitent dans les conditions prévues". 

"Il faut éviter de penser que ce médicament est magique"

Ce lundi soir sur TF1, Edouard Philippe a indiqué avoir "fait en sorte que les études cliniques puissent s'engager très rapidement sur l'hypothèse qu'a formulée le professeur Raoult" et a appelé à ce que "la recherche soit faite dans les meilleures conditions le plus rapidement possible".

Interrogé à ce sujet sur le plateau de TF1, le professeur Xavier Lescure a considéré qu’à ce stade, rien ne permet de "considérer qu’une molécule est plus efficace qu’une autre : il faut le prouver". L’infectiologue de l’hôpital Bichat a poursuivi, se montrant prudent au sujet d’un hypothétique moindre remède miracle : "Ce qu’il faut absolument éviter, c’est que tout le monde considère que ce médicament est magique, ce qui pourrait empêcher la réalisation des essais cliniques et empêcher de savoir in fine si tel médicament est actif sur le virus."

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Chloroquine : "Il faut éviter de penser que ce médicament est magique"

En conclusion, Olivier Véran a salué la recherche, travaillant d’arrache-pied pour trouver un vaccin contre le Covid-19 : "Faisons confiance à nos chercheurs, faisons confiance à nos médecins. Tous sont mobilisés pour trouver un remède." Pendant ce temps outre-Atlantique, Donald Trump a loué encore une fois ce lundi les mérites de la chloroquine, remède selon lui qui viendra à bout du Covid-19.

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