Le coronavirus présent en France dès décembre ? Deux médecins confirment un cas positif à Bondy

Le coronavirus présent en France dès décembre ? Deux médecins confirment un cas positif à Bondy
Santé

ÉPIDÉMIE - Il est probable que des hôpitaux aient soigné des patients atteints du Covid-19 sans le savoir, dès la fin de l'année 2019. En Seine-Saint-Denis, dans l'hôpital Jean-Verdier de Bondy, un cas admis le 27 décembre a été déclaré rétrospectivement positif.

Le Covid-19 a-t-il touché la France bien plus tôt que l'on pense ? C'est ce qu'affirme le Pr Yves Cohen, chef du service de réanimation de l'hôpital Jean-Verdier, à Bondy en Seine-Saint-Denis. Sur le plateau de BFMTV, le médecin a affirmé qu'un patient accueilli en réanimation fin décembre dans son service était en fait atteint de la maladie. Sans que le personnel médical ne s'en soit rendu compte à l'époque : officiellement, la maladie n’a fait son apparition en France que le 24 janvier 2020. Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, avait déclaré que trois cas avaient été diagnostiqués à Bordeaux et Paris.

Un test positif, quatre mois après l’hospitalisation du patient

"Sur une idée de Jean-Ralph Zahar, qui est notre professeur d’hygiène, on a repris toutes les PCR qui avaient été testées chez les patients qui avaient des pneumonies en décembre et en janvier", a expliqué Yves Cohen. Les tests PCR, dont on entend beaucoup parlé depuis le début de la pandémie, ne sont en effet pas réservés à la détection du Covid-19, mais permettent de diagnostiquer diverses infections virales. L'équipe de l'hôpital Jean-Verdier a donc repris des anciens prélèvements mis de côté, pour lequel le diagnostic de la grippe était négatif, pour rechercher cette fois-ci des traces du nouveau coronavirus. "Sur les 24 patients, nous en avons eu un qui était positif au Covid-19, le 27 décembre, quand il était hospitalisé chez nous, à Jean-Verdier", a finalement asséné le Professeur sur BFMTV.

Le patient en question a guéri et se porte bien aujourd'hui. Selon Yves Cohen, il "a été malade quinze jours et il a contaminé ses deux enfants mais pas sa femme", bien que celle-ci pourrait avoir été asymptomatique. En effet, le patient n’avait pas voyagé et "ne comprend aujourd'hui pas comment il avait été contaminé". Une explication possible selon le Pr Cohen : sa femme, qui travaille à l'étal des poissons dans un supermarché, travaillerait avec "des gens d’origine chinoise". Heureusement, toute la famille est désormais en bonne santé.

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Le médecin a ensuite assuré que l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France "a été prévenue" lorsque le test s'est avéré positif, et qu'une publication scientifique sur la découverte sortira la semaine prochaine dans un journal d’infectiologie.

"Il est encore trop tôt" pour le déclarer patient zéro

"Il est assez fréquent de conserver des échantillons pour rechercher secondairement une cause à une infection quelconque", a précisé à son tour le Pr Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Avicenne, à Bobigny, qui est relié à Jean-Verdier. "Pour l'histoire de ce patient, à l'époque soit fin décembre, il n'y avait pas de raison particulière de tester le Sars-Cov-2 puisque ce virus n'était pas connu pour circuler en France. C'est donc dans un second temps qu'il a été testé avec les prélèvements mis de côté, et cela s'est avéré positif", a-t-il expliqué, confirmant les dires du Pr Cohen.

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Le Pr Olivier Bouchaud, chef du service des maladies infectieuses de l'hôpital Avicenne à Bobigny, confirme le test positif du 27 décembre

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Concernant l'idée que le patient de Bondy serait "le patient zéro" en France, le professeur estime que "c'est une hypothèse" mais qu'il est "beaucoup trop tôt pour le dire". Il a ainsi précisé : "Cette étude a été faite rétrospectivement, j'imagine qu'il serait possible que des enquêtes similaires soient menées dans d'autres hôpitaux". Si selon lui, toutes les personnes qui ont eu des pneumopathies sévères ces derniers mois sont suspectés d'avoir, en fait, étaient atteints du Covid-19, cela reste difficile à établir puisque "tous les prélèvements ne sont pas systématiquement gardés pour tous les patients". Sur BFMTV, le Pr Yves Cohen avait déjà encouragé d’autres virologues à effectuer des recherches sur des PCR conservés des mois de décembre.

Le docteur a ensuite souligné que ce n'était "probable et pas vraiment étonnant" que le virus ait circulé dans le pays avant que des cas soient déclarés. "Cela s'est passé de la même manière en Chine, on a pu montrer que le virus circulait depuis deux ou trois mois avant les premiers malades objectivés", a ajouté le Pr Bouchaud. "Le virus à ce côté un peu pervers de se diffuser dans la population à bas bruit sans que cela se rende compte et de n'émerger que dans un second temps".

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