Covid-19 : le vrai du faux sur les jeunes et l'épidémie

Covid-19 : le vrai du faux sur les jeunes et l'épidémie

GÉNÉRATIONNEL - Alors que le virus circule toujours en France, le nombre de contaminations bondit chez les 20-30 ans. De quoi pousser à s'interroger sur le rôle des jeunes face à l'épidémie.

En France métropolitaine, l’ensemble des indicateurs savamment calculés par Santé Publique France montre que "la transmission de l’infection au Sars-Cov-2 s’est intensifiée de manière marquée en semaine 30", soit du 20 au 26 juillet. "Si cette progression concerne toutes les tranches d’âge, elle s’accélère plus fortement chez les jeunes adultes", note l'agence sanitaire. 

Un constat qui pourrait donner raison à ceux qui pointent du doigt des comportements jugés irresponsables : apéros agglutinés les uns sur les autres et soirées dansantes, sans masques. Mais ces "jeunes" sont-ils vraiment plus exposés au Covid-19 que le reste de la population ? LCI revient sur trois idées reçues sur le rôle des jeunes dans cette épidémie.

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"Les jeunes sont les plus porteurs du virus"

Etant donné qu'environ 50% des personnes testées positives au Covid-19 sont asymptomatiques, il faudrait que la population entière soit dépistée au même moment pour déterminer quelle tranche d'âge est la plus contaminée. Evidemment impossible, cette affirmation est ne peut donc pas être tenue en l'état. Il n'empêche que le dernier rapport épidémiologique de Santé publique France, publié le 30 juillet, montre une forte augmentation des nouveaux cas chez les "jeunes", à savoir... les 15-44 ans. Une fourchette assez large bien que, dans cette tranche d'âge, les 20-25 ans et les 25-30 ans soient les plus concernés. 

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Sur les 439.706 tests réalisés du 20 au 26 juillet, le résultat était positif pour 5.592 patients. "Le taux d’incidence (nombre de testés positifs pour 100 000 habitants) était de 3,9 chez les 0-14 ans, 13,1 chez les 15-44 ans, 7,8 chez les 45-64 ans, 5,5 chez les 65-74 ans et 6,2 chez les 75 ans et plus", explique Santé Publique France. Par rapport à la semaine précédente, le nombre de cas a augmenté dans l’ensemble des classes d’âge, mais plus nettement chez les jeunes avec une augmentation du nombre de nouveaux cas de 69%, analyse l'organisme. 

Certains experts - et même le ministre de la Santé, Olivier Véran - mettent en valeur le fait que les dépistages ont également été plus nombreux cette semaine par rapport aux précédentes. Et si le nombre de tests augmentent, le nombre de malades aussi, proportionnellement. "Le taux de dépistage a augmenté dans toutes les classes d’âge en semaine 30", confirme bien le rapport. Reste que "l'augmentation du nombre de nouveaux cas demeure plus importante que l’augmentation du nombre de personnes dépistées, reflétant une augmentation réelle de l’incidence", nuance Santé Publique France. Il y a donc une augmentation de cas positifs chez les 15-44 ans qui sont allé se faire tester.

"Les jeunes sont asymptomatiques/ne craignent rien"

Moins de 7% des personnes hospitalisées à cause du Covid-19 ont moins de 44 ans. Les jeunes présentent donc moins de symptômes que leurs aînés et sont moins concernés par des cas graves. Cela ne signifie pas qu'ils sont hors de danger pour autant. "Je rappelle qu'il y a deux à trois millions de jeunes à haut risque, parce qu'ils font du diabète, de l'hypertension, etc.", rappelle le Pr Patrick Berche, ancien directeur de l'Institut Pasteur de Lille. "Les jeunes sont souvent stigmatisés à tort, ce ne sont pas les seuls à ne pas respecter les gestes barrières", estime-t-il par ailleurs sur LCI. Le Pr Eric Caumes, chef de service des maladies infectieuses à la Pitié-Salpêtrière à Paris, affirme lui aussi que les jeunes ne sont pas épargnés : "Ils peuvent faire des formes graves, avoir des séquelles tardives et prolongées ou ils peuvent être très fatigués durant plusieurs mois."

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Pr Berche : "Il y a deux ou trois millions de jeunes qui sont à haut risque"

Notons que sur les 30.223 morts du Covid-19 recensés au 28 juillet, moins de 1% avaient moins de 44 ans. Par ailleurs, sur les décès en hôpital, 66% de ces personnes présentaient des comorbidités, soit des pathologies aggravantes comme l'obésité, du diabète, des maladies respiratoires ou cardiaques. Mais "s'ils ont peu de risque de développer une forme grave de la maladie, les jeunes peuvent contribuer à diffuser le virus s'ils ne respectent pas les mesures barrière et contaminer leurs proches, parents, grands-parents et les personnes fragiles, pour lesquelles les conséquences peuvent être graves", prévient la DGS.

"La contamination des jeunes va permettre l'immunité collective"

"En laissant les jeunes se contaminer, ils participeront à l'immunité collective et elle sera plus importante à la rentrée, dans les écoles et les universités." Cette idée lancée par le Pr Eric Caumes dans Le Parisien a beaucoup fait réagir ce week-end. De nombreux professionnels de la santé ont argumenté en la défaveur de l'immunité collective laissée à la responsabilité (ou irresponsabilité) des jeunes.

"C’est une mauvaise idée, irréaliste, les jeunes ne vivent pas sur une planète isolée, ils rencontrent des gens de tout âge toute la journée", a souligné l'épidémiologiste Catherine Hill sur LCI. Avant de développer des anticorps, les jeunes contamineraient donc surtout d'autres personnes, âgées ou fragiles, faisant simplement circuler le virus davantage. Et de faire valoir : "L'immunité collective voudrait dire que les deux tiers de la population ont rencontré le virus. Pour l'instant on en est autour de 10% et, si on ajoutait tous les jeunes, on n'atteindrait pas cette proportion."

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