Coronavirus : les chiffres montrent-ils que "le confinement est respecté" par les Français ?

Le confinement est-il vraiment respecté ? Ce que disent les chiffres

EN CHIFFRES - Olivier Véran a assuré ce mardi que les Français respectaient le confinement. Pourtant, de nombreuses images tendent à prouver le contraire. Pour y voir plus clair, nous avons analysé les différentes données de mobilité et de fréquentation disponibles.

Face à Olivier Véran, la journaliste se fait la porte-parole des Français. Et interroge le ministre de la Santé : "Avez-vous la fâcheuse impression que les gens ne se sentent pas en confinement?" Non, répond le ministre, qui se félicite même du contraire. Ce mardi 3 novembre sur RTL, il assure que cette consigne "est respectée". Une affirmation qui va à l'encontre de nombreuses vidéos où l'on voit des lieux toujours aussi bondés. Alors les chiffres donnent-ils raison aux images? 

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La fréquentation des transports en baisse

Il est encore tôt pour faire un bilan de ce nouveau confinement. Mais en attendant de voir son effet sur la courbe de l'épidémie, on peut déjà regarder les quelques chiffres officiels dont on dispose à ce jour sur la fréquentation de certains lieux. Et notamment des transports. Tandis que des vidéos montrent les couloirs du métro de la capitale saturés, Elisabeth Borne estime qu'entreprises et salariés jouent le jeu du télétravail. Si la ministre du Travail reconnait que "certaines lignes, fréquentées par des salariés qui ne peuvent pas télétravailler" continuent d'être fortement utilisées - citant "la fameuse ligne 13" - elle a indiqué qu'on observait "25 à 40% de fréquentation par rapport à la normale". Interrogée par LCI, la RATP corrobore cette tendance. Les véhicules de la régie parisienne sont utilisés à plus de 50% aux heures de pointe le matin. Une fréquentation qui baisse drastiquement ensuite, chutant à 30% pendant la journée et à environ 20% après 22h. IDF Mobilité, qui a la charge du sujet en Île-de-France, n'a quant à elle pas souhaité communiquer sur ces chiffres.

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Idem partout en France selon les rapports de mobilité de Google et Apple. Les deux géants américains fournissent depuis le début de la crise sanitaire un outil permettant de visualiser à quel point les mesures de confinement affectent les déplacements. Le premier utilise les très précieuses données de localisation des smartphones Android. Le deuxième se base sur les requêtes des utilisateurs sur l'application Plan. Et selon les chiffres de Google, arrêtés au 30 octobre, les arrêts de transport en commun étaient deux fois moins occupés (-53 %) par rapport à la période de référence. Cette dernière correspond à "la valeur médiane de la période de cinq semaines entre le 3 janvier et le 6 février 2020", précise l'entreprise. De même du côté d'Apple, qui enregistre une baisse de 51% des recherches pour des itinéraires en transport en commun.

Ces deux outils développés par les leader du Web ne permettent pas uniquement de vérifier la fréquentation des transports. Apple, qui dispose de données jusqu'au 1er novembre - soit 3 jours après le début du confinement - montre que les demandes pour des trajets à pied ont baissé de 68%. Quant à celles en voiture, elles ont été réduites de moitié elles aussi. On peut également le vérifier grâce à la plateforme gouvernementale sytadin, qui donne l'état du trafic en Île-de-France en temps réel. Ce mardi encore, la circulation était bien plus faible que la normale, comme on peut le constater sur le graphique ci-dessous.

Et ceux qui sortent, sont-ils en règle ?

Ce phénomène est visible sur l'intégralité des activités. D'après Google, au lendemain du confinement, le passage dans les "commerces et lieux de loisirs", secteur qui prend en compte les restaurants, cafés, centres commerciaux, parcs à thème, musées, bibliothèques et cinémas, avait drastiquement baissé, chutant de 62 % par rapport à la période de référence. Idem pour les lieux de travail, où la présence des salariés a été quasiment divisée par deux (-44 %). A noter cependant qu'on était en pleine période de vacances scolaires. Ce recul est moins notable pour les parcs et jardins publics (-27%) qui restent ouverts et qui n'étaient de toute manière pas particulièrement prisés en ce début d'automne. Alors où les Français étaient-ils? Chez eux, à en croire Google. La présence dans les lieux de résidence a augmenté de +20 % par rapport à la période de référence. 

Ultime preuve qu'effectivement, cette consigne est respectée par la grande majorité de la population : la part des verbalisations dans les contrôles. Au quatrième jour de la première interdiction de sortir, le 21 mars dernier, environ 92.000 infractions pour non-respect de cette mesure sanitaire avaient été relevées par les forces de l'ordre sur un total de 1.738.907 contrôles. C'est-à-dire que 5% des personnes contrôlées dans le pays étaient en infraction. Un chiffre quasi-similaire à celui que nous a donné le ministère de l'Intérieur ce mardi. Avec 200.000 contrôles qui ont donné lieu à 15.000 verbalisations en France selon nos informations, 7,5% des contrôles ont mené à une verbalisation. 

Un confinement très "light"

Alors pourquoi les Français ont-ils l'impression que nous ne sommes "pas dans un vrai confinement"? Parce que "les gens, par rapport au premier confinement, emmènent leurs enfants à l'école, peuvent aller les chercher, et vont travailler", pour reprendre les mots d'Olivier Véran. De fait, nous sommes bien dans un dispositif plus léger. Et de nombreuses données que nous citions plus haut en sont la preuve. En effet, la quasi totalité des indicateurs de Google baissaient deux fois plus au mois de mars dernier qu'en cette fin octobre. Entre autres exemples que citaient à l'époque le site Numerama, l'activité dans les commerces avaient chuté à 88% et celle dans les transports en commun à 82%. En fait, d'après les données Apple, les déplacements en France ne ressemblaient pas, en ce lundi, à ceux du premier confinement. Mais plutôt au niveau qu'on observait à la mi-mai.

Pour rappel, à la mi-mai, la France s'engageait dans la "levée progressive du confinement". Il était à nouveau possible de se déplacer sans dérogation tout en se limitant à 100 kilomètres et sans quitter son département. Les écoles avaient également repris leur activité, tout comme la totalité des commerces à l'exception des cafés, des restaurants et des bars. La différence principale était qu'à l'époque, le port du masque n'était obligatoire que dans les transports, où il fallait également présenter, aux heures de pointe, une attestation délivrée par l'employeur. Aujourd'hui, l'activité du pays est donc plus proche de celle qu'elle a connue lors de la toute première phase du déconfinement.

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