Les hôpitaux privés au cœur de la deuxième vague : pourquoi sont-ils plus sollicités qu'en mars ?

JOEL SAGET / AFP

COMPARAISON - Le secteur privé contribuerait actuellement à la prise en charge de 30% des patients de réanimation. Une mise à contribution conséquente au regard de l'expérience du printemps dernier.

Dès la première semaine d'octobre, l'Agence de santé régionale d'Ile-de-France avait prévenu : "Les hôpitaux et les cliniques doivent se préparer à une marée très forte de nouveaux malades." Pour faire face à cette résurgence de l'épidémie notamment en région parisienne, le plan blanc renforcé avait été activé et le partenariat public-privé relancé. 

À ce jour, soit trois semaines plus tard, alors que 67% des lits de réanimation franciliens sont occupés par des patients Covid, le secteur privé contribuerait à la prise en charge d'environ 30% de ces patients en soins intensifs. Un taux qui prévaut également au niveau national. À titre de comparaison, pendant la première vague, ce sont 24% des malades en réanimation qui avaient été pris en charge dans le privé.

"Des leçons été tirées", contextualise la Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France (FHP), qui évoque une coopération public-privé "totalement opérationnelle", précisant que les deux secteurs "ont appris à mieux se connaître et à travailler ensemble au service des patients"

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À chaque vague son contexte

Pour commencer, contrairement au printemps dernier, les marges de manœuvre sont plus limitées s'agissant des possibilités de déprogrammation. "Les retards de soins de la première vague n’ont pas encore été entièrement rattrapés", rappelle-t-on au service communication, soulignant que ces dernières "doivent être concertées avec les professionnels afin d’éviter des pertes de chances pour les patients"

Pour autant, dans certains territoires comme en Auvergne Rhône-Alpes, où la situation est la plus préoccupante, une déprogrammation totale des activités chirurgicales - à l’exception de la cancérologie et des urgences - peut être demandée par l'ARS.

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Autre paramètre à prendre en compte pour justifier cette collaboration étroite entre public et privé : la saison à laquelle surgit cette seconde vague. "Si nos services de réanimation sont de plus en plus occupés par des patients Covid, l’afflux de patients dans nos lits de médecine est plus important qu’au printemps. C’est là que se concentrent les tensions en Ile-de-France", ajoute  la FHP. 

Pour faire face à ces difficultés nouvelles, les établissements privés franciliens se préparent donc à créer 300 nouveaux lits de médecine dans les prochains jours, grâce au concours des établissements SSR (Soins de suite et de réadaptation) et MCO (Médecine, chirurgie, obstétrique). Très mobilisés en région Paca également, ces derniers prendraient en charge près de 70% des patients Covid. 

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Comment les cliniques privées sont mobilisées pour soulager les hôpitaux

Épuisement, difficulté de transférer des patients...

En outre, insiste-t-on, "dans ces territoires, la pression sur les équipes hospitalières est forte (...) le risque d’épuisement est aggravé par le manque de personnels". Enfin, dernière distinction entre le contexte du printemps et celui de l'automne, la deuxième vague frappe de manière plus globale le territoire national, alors que, pour rappel, trois régions étaient principalement concernées il y a six mois. 

"Aujourd'hui, le virus est partout en France, donc il n'y a pas de réserves cachées de lits", rappelait Emmanuel Macron lui-même le 14 octobre dernier. Un paramètre également pointé par Martin Hirsch vendredi : "Aujourd'hui, en tout cas pour ce qui concerne la région Île-de-France, on n'imagine pas être conduit à transférer dans les mêmes conditions qu'on l'a fait au printemps."

Autant de paramètres qui, additionnés, expliquent que la collaboration soit devenue plus fluide d'une vague à l'autre. "Nous ne sommes plus en second rideau ou en renfort, c'était le cas en mars dernier quand on nous appelait lorsque les hôpitaux étaient saturés, ce qui était une erreur", résumait il y a quelques semaines Lamine Gharbi, président de la fédération de l'hospitalisation privée.

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