Non, un laboratoire anglais ne propose pas 4000 euros à des volontaires pour leur inoculer le Covid-19

Les patients anglais sont regroupés en quarantaine dans une clinique de Londres.
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À LA LOUPE – Plusieurs médias français ont repris (et déformé) des informations parues dans la presse britannique. Si des patients volontaires vont bien se faire inoculer des souches de coronavirus, il ne s'agit pas directement du Covid-19 qui se répand aujourd'hui dans le monde.

Alors que l'épidémie de coronavirus s'étend et pousse désormais l'Italie à décréter un confinement de sa population, des sites d'information français relaient en ce début de semaine une étonnante annonce. Un laboratoire britannique proposerait en effet à un groupe de 24 volontaires de se "faire injecter le Covid-19 en échange de 4000 euros". Le tout bien sûr pour faire avancer la recherche.

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Des souches moins véhémentes

Cette proposition étonnante a d'abord été relayée outre-Manche, mais avec des précautions dont se sont affranchies certains médias hexagonaux. Sur son site Internet, le laboratoire hVIVO à l'origine de cet appel sème le doute : il souligne en effet qu'il ne dirige pas ses recherches directement sur le Covid-19, "mais sur un coronavirus moins dangereux et pas aussi virulent, qui a circulé à travers la population depuis un certain temps déjà". 

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Les journaux britanniques comme The Independant permettent de mieux comprendre la démarche de ce labo londonien. S'il propose bien une rémunération minimale de 100 livres Sterling par jour, il ne s'agit pas pour les volontaires de contracter à dessein le Covid-19. "Les deux souches qui doivent être administrées, OC43 et 229E, sont répandues depuis plusieurs années et ne provoquent que de légers troubles respiratoires", note le média.

Les patients, déjà sélectionnés, sont placés en quarantaine dans une clinique londonienne. hVIVO a indiqué en ce début de semaine que la phase de test avait déjà commencé et que les souches retenues avaient été inoculées avec succès. Selon la revue en ligne "European pharmaceutical manufacturer", cette étude s'inscrit dans le cadre des recherches sur le Covid-19 : elle doit notamment permettre de récolter des données susceptibles d'aider à identifier au mieux les molécules à utiliser ainsi que les meilleurs candidats pour les recevoir. 

Une vingtaine de volontaires

Régulièrement cité par les médias français qui ont relayé ces essais cliniques, le quotidien The Times souligne que les travaux menés par hVIVO rejoignent ceux "de la grosse vingtaine d'organisations du secteur public et d'entreprises qui participent à un effort commun pour développer un vaccin". L'objectif affiché est simple : "en disposer à l'orée de l'hiver prochain afin de protéger les personnes âgées et celles qui souffrent de pathologies sous-jacente". 

En résumé, il est faux d'affirmer que des volontaires sont actuellement contaminés de leur plein gré par le Covid-19 en échange de sommes d'argent par un laboratoire. Les 24 patients britanniques concernés, s'ils sont bel et bien rétribués financièrement, ne sont confrontés qu'à des souches peu virulentes de coronavirus. Si les travaux menés portent leurs fruits, ils pourraient néanmoins permettre d'accélérer la lutte contre le Covid-19. 

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