Covid-19 : "Nous sommes dans un équilibre très précaire", alerte le Pr Jean-Daniel Lelièvre

Covid-19 : "Nous sommes dans un équilibre très précaire", alerte le Pr Jean-Daniel Lelièvre

INTERVIEW - Chef du service d’immunologie de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil, Jean-Daniel Lelièvre a affirmé ce lundi que la situation sanitaire française demeurait des plus fragiles. Il estime que de nouvelles restrictions vont être nécessaires et qu'elles vont calibrer les prochains mois.

La France à la croisée des chemins ? Invité de LCI ce lundi matin, Jean-Daniel Lelièvre a tiré le signal d'alarme sur une situation sanitaire française des plus fragiles, qui "n'est toujours pas réglée". Selon le chef du service d’immunologie de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (Val-de-Marne), la France se trouve dans un "équilibre très précaire". "Il n’y a pas encore de pic, mais les réanimations augmentent dans les hôpitaux, y compris dans les services de réanimation. On n’a plus de marge de manœuvre", ajoute-t-il. "Il faut se continuer à se battre, ce n'est pas le moment de relâcher la vigilance", martèle-t-il encore précisant qu'il est nécessaire de "réussir à trouver un équilibre pour vivre avec le Covid-19". "Ce qui va être déterminant, c'est comment nous nous allons sortir de la période actuelle, possiblement avec un confinement. Ensuite, il ne faudra pas rouvrir les vannes d’un seul coup, mais retrouver une certaine vie normale". 

Interrogé sur la pertinence de la stratégie dite "zéro covid" (des restrictions très fortes pour baisser drastiquement la circulation virale NDLR), il estime qu'elle va finir par "s’avérer nécessaire". "Il faudra véritablement proposer quelque chose à la population" dans la foulée, nuance-t-il toutefois notant que "ce n’est plus possible de dire de tout bloquer" sans aucune perspective. 

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Parallèlement, le médecin est revenu sur la campagne vaccinale dans l'Hexagone considérant que "les choses ne vont globalement pas trop mal". "Évidemment, il y a des difficultés et l'on voudrait aller plus vite, mais nous sommes dans un pays avec d'importantes lourdeurs administratives. Il y a aussi une vraie crainte de la vaccination. Malgré ça, les choses ne se déroulent pas si mal", explique-t-il avant de mettre l'accent sur le personnel soignant. "Beaucoup de personnes parmi le personnel soignant ne veulent pas se faire vacciner. Il y a beaucoup d’hésitation autour des vaccins, de crainte autour des lobbys pharmaceutiques. Le vaccin contre la grippe en est l’exemple. Il faut poursuivre la pédagogie"

Enfin, Jean-Daniel Lelièvre a fustigé l'Europe dans sa gestion de la politique vaccinale et notamment vis-à-vis du vaccin russe Spoutnik V. "Je crois que les Russes ont demandé une autorisation de mise sur le marché, mais c’est plutôt l’Europe qui était un peu frileuse". "Il n’y a pas de raisons particulières de douter de ce vaccin. Il y a quand même une guerre politique et le vaccin est devenu une arme", juge-t-il. 

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