Coronavirus : observe-t-on vraiment une amélioration en région parisienne ?

Coronavirus : observe-t-on vraiment une amélioration en région parisienne ?

INDICATEURS - L'épidémiologiste Martin Blachier s'est félicité ce jeudi que la situation en Île-de-France se stabilise. Nous avons regardé les derniers chiffres de l'épidémie de Covid-19 en région parisienne.

La semaine dernière, le taux d'admissions dans les services de réanimation d'Île-de-France dépassait "la valeur maximale observée lors de la deuxième vague". C'était le constat, accablant, de Santé publique France lors de son dernier point épidémiologique sur la région, publié jeudi 25 mars. Une semaine plus tard, la situation serait pourtant en train de s'améliorer, selon certains commentateurs. L'épidémiologiste Martin Blachier a ainsi assuré ce jeudi 1er avril sur Europe 1 qu'il observait une "inflexion" de la situation dans la région. Qu'en est-il réellement ?

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Une stabilité très fragile

Il est vrai, comme l'a relevé ce spécialiste en santé publique, que, depuis le 20 mars, le taux d'incidence n'explose plus. On le voit très clairement sur ce graphique, issu de l'outil CovidTracker, basé sur les données officielles. En Île-de-France, on observe une stabilisation du taux d'incidence depuis la semaine dernière, ce qui n'était plus arrivé depuis la mi-janvier. Plus étonnant encore, cet indicateur, qui représente le nombre de nouveaux cas sur une période et une population données, baisse même légèrement à Paris. 

Un phénomène que l'on peut également relever dans les autres hôpitaux de la région. Le nombre de nouvelles admissions quotidiennes en réanimation est en effet en train de s'y stabiliser ces derniers jours. De là à dire que le flux se tarit ? Il est bien tôt pour s'en réjouir. Cette tendance est bien trop récente et beaucoup trop fragile pour conclure à quoi que ce soit. 

Des plateaux de quelques jours ont déjà été observés par le passé, sans perdurer. Et sans effet sur les services : tant qu'il ne s'agit pas d'une baisse claire et nette, cet épiphénomène ne peut pas changer la donne à l'hôpital, où le nombre de patients continue de grimper. Idem pour les contaminations. On ne peut pas parler de signal ou de tendance sur une durée si courte. D'autant que la situation reste extrêmement critique. 13 communes d'Île-de-France affichent actuellement un taux d'incidence supérieur à 1000.

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Ces éléments doivent par ailleurs être analysés avec précautions, les remontées du début de semaine dernière étant très perturbées à cause d'un "incident technique" détecté le 19 mars par les équipes de Santé publique France. Des problèmes que les autorités sanitaires ont également rencontré ce lundi. L'agence française a signalé qu'environ 150.000 tests, positifs ou négatifs, n'ont pas été "intégrés". "Dans une tendance épidémique générale à la hausse", le nombre des contaminations de ce début de semaine "n'est pas à interpréter comme une baisse", insiste Santé publique France sur son site. Il faudra donc attendre les données consolidées en fin de semaine par l'agence sanitaire avant de se féliciter d'une quelconque amélioration. 

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