Bateaux de croisière, porte-avions... Comment les navires ont contribué à propager la pandémie de Covid-19

Plus de 700 cas de Covid-19 ont été enregistrés à bord du Diamond Princess, ce paquebot de luxe qui transportait quelque 3700 personnes.

CRISE SANITAIRE - Alors que plus de deux millions de personnes à travers le monde ont déjà été touchées par la pandémie de coronavirus, un lieu regroupant du public a souvent été au cœur de l'actualité : les navires, civils ou militaires. Comment ont-ils pu contribuer à propager le virus ? Éléments de réponse.

D'abord partie de Chine, la pandémie de Covid-19 touche désormais la planète entière. Deux régions du monde sont plus particulièrement impactées : l'Europe et les Etats-Unis. La raison ? Ces zones font partie des plus reliées au réseau aérien mondial, ce qui a contribué à y installer durablement la maladie. Reste que les avions et les aéroports ne sont évidemment pas les seuls responsables. Et de fait, un autre moyen de transport semble avoir largement servi à propager le coronavirus : le bateau.

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Qu'ils soient de croisière, comme le Diamond Princess au large du Japon au début de la pandémie, ou militaire comme le porte-avions Charles de Gaulle, les navires ont dénombré de nombreux cas de contamination ces dernières semaines. Il faut dire que ce virus est particulièrement contagieux. Dès lors qu'une personne est déclarée positive, l'épidémie se propage au sein de l'équipage. Dans le porte-avions français, près d'un tiers des marins s'est finalement retrouvé positif à la maladie, a-t-on appris ce mercredi, alors que seule une cinquantaine avait été initialement diagnostiquée. L'enfermement groupé dans des lieux étroit semble donc être l'allié parfait du virus.

Et ce n'est pas une nouveauté. "Le pire endroit où avoir une épidémie, comme un feu, c'est un endroit clos de tout secours, tel qu'un navire en haute mer", écrivait déjà en 1976 l'universitaire américain Alfred Crosby, dans "Epidemic and Peace, 1918". "Le risque sanitaire est connu", souligne auprès de l'AFP le docteur Jean-Pierre Auffray, président de la Société de médecine maritime. De plus, "le dessein même d'un projet de croisière, c'est de faire rencontrer des gens et augmenter la socialisation." Une aubaine pour le virus.

Pourquoi une telle propagation ?

La cause principale permettant d'expliquer la propagation rapide du virus tient en un mot : promiscuité. Au sein des navires de croisière, comme sur le porte-avions Charles de Gaulle, les milliers de personnes à bord sont proches les unes des autres. Difficile pour elles de mettre en place les mesures de confinement, en vigueur dans la plupart des pays actuellement.

Difficile également d'isoler les malades. "Dès lors que plus d'un tiers de l'équipage est touché, il devient difficile de conserver ses distances de sécurité avec les autres", explique à l'AFP un officier français. "Dans un 'central operation' où les opérateurs ont bien souvent chacun une console, on ne peut pas déplacer les meubles pour éloigner les gens les uns des autres." Et lorsque l'on sait que sur terre, au moins un mètre de distance entre les individus est demandé pour éviter de se transmettre le virus, voire plus lors d'activités physiques, la propagation rapide de l'épidémie dans ces endroits clos paraît évidente.

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Comment se sont déroulées les mises en quarantaine dans les bateaux de croisière au large de l'Asie ?

Les navires, des bombes à retardement

Les bateaux sont alors devenus des foyers de la pandémie. L'USS Theodore Roosevelt, le Zandaam, le Celebrity Apex... Plusieurs cas ont fait l'actualité ces dernières semaines. Mais celui du Diamond Princess, premier à avoir émergé, reste sans doute le plus emblématique. Avec presque de 4000 personnes à bord, ce bateau est resté en quarantaine tout le mois de février au large des côtes japonaises. Le nombre de cas y a culminé à plus de 700 pour une dizaine de morts confirmées à fin mars.

D'autres ont suivi, renvoyant systématiquement l'image de gigantesques bombes à retardement refusées par plusieurs ports, alors que l'épidémie se propageait à bord. Ces derniers jours, la Floride a ainsi accueilli, avec plus ou moins de bonne volonté, plusieurs navires frappés par le Covid-19. Si les voyageurs ont été rapatriés chez eux en respectant les mesures de précaution, ils restent potentiellement infectés par le virus. Et sont désormais au contact du reste de la population. Pire encore, un passager du Diamond Princess a été déclaré positifs quelques jours après avoir débarqué à Hong Kong. Dans ces conditions, l'épidémie devient alors incontrôlable.

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Pour éviter un scénario similaire, le ministère des Armées a pris des précautions avec les marins du porte-avions, arrivé au port de Toulon dimanche. Les militaires ont été évacués de préférence par des "moyens nautiques" ainsi que par "bus, camions (et autres) véhicules" pour "éviter tout contact des marins avec l'extérieur", a précisé le ministère. Tous, positifs ou non, sont désormais placés à l'isolement pendant 14 jours, sans contact physique avec leurs familles.

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