"Ce texte suscite beaucoup d'espérance" : un projet de loi "Covid long" bientôt soumis au vote à l'Assemblée

"Ce texte suscite beaucoup d'espérance" : un projet de loi "Covid long" bientôt soumis au vote à l'Assemblée

INTERVIEW - Déjà été adopté à l’unanimité par la Commission des affaires sociales le 17 novembre, un projet de loi "Covid long" va être soumis au vote le 26 novembre à l'Assemblée nationale. Le député UDI du Territoire de Belfort à l'origine du texte, Michel Zumkeller, a répondu à nos questions.

Trouble du goût et de l'odorat, fatigue, douleurs thoraciques, manifestations neurologiques... La liste des symptômes connus du "Covid long" est longue et surtout inachevée. Dans un communiqué publié ce vendredi, la Haute Autorité de Santé en a ajouté trois autres : symptômes digestifs, lésions cutanées, troubles oculaires.

Depuis le début de l’épidémie, la persistance de symptômes après une infection au Covid-19 a été observée chez plus de 20% des patients après 5 semaines et chez plus de 10 % des patients après 3 mois. Le "Covid long" concernerait ainsi environ 700.000 personnes en France. Pour les patients touchés, le quotidien est devenu souffrance. D'autant que pour le moment, le "Covid long" reste méconnu et sa prise en charge déficiente.

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Afin d'améliorer le dépistage des personnes qui en sont atteintes et de mieux les accompagner, le député de la 2e circonscription du Territoire de Belfort, Michel Zumkeller, va défendre le 26 novembre à l'Assemblée nationale son projet de loi "Covid long". Le 17 novembre, le texte a déjà été adopté à l’unanimité par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale. Contacté par LCI, il a répondu à nos questions.

Pourquoi vous être engagé pour une meilleure prise en charge du "Covid long" ?

Dans la communauté du territoire de Belfort, il y avait beaucoup de cas de Covid et il y a ensuite eu beaucoup de gens qui ont eu des séquelles. À l’époque, on ne parlait pas encore de "Covid long", mais on s’est bien rendus compte qu’il y avait un problème. Les gens avec qui l'on pouvait parler nous disaient ne pas savoir à qui s'adresser, avoir l'impression de ne pas être compris, etc. Nous avons alors essayé de trouver un projet assez simple à mettre en place et c'est comme ça qu'est né le projet de loi, que j'ai déposé en septembre 2020.

Que contient ce projet de loi ?

L’idée est que les gens puissent exprimer ce qu’ils ressentent sur une plateforme et être guidés par des questionnaires médicaux. En fonction des réponses apportées, l’Assurance maladie, qui serait en lien avec cette plateforme, pourrait orienter les patients qui en ont besoin vers un parcours de soins. Pour alimenter notre réflexion et appuyer notre projet, nous avons lancé début novembre le site loicovidlong.fr. En quatre jours, nous avons reçu 2000 témoignages de patients atteints de Covid long.

Il faut aussi que les médecins généralistes aient un protocole de prise en charge adapté. Aujourd’hui ce n’est pas vraiment le cas et ils sont très démunis face à la multiplicité des symptômes. Dans le cadre de nos auditions, nous avons reçu lundi le ministre de la Santé de Catalogne. La région a mis en place un parcours de soin ou encore des centres "Covid long", comme il y en a aussi en Angleterre. J'aimerais beaucoup que l'on mette aussi ce type d'unités sur pied. Tout le monde s’y mettra je pense, ça va devenir une évidence étant donné le nombre de patients concernés. 

Évidemment, ce projet devrait être précisé dans le détail par un décret. Nous avons lancé le fil conducteur et espérons vraiment que la loi sera adoptée. Nous l'avons vu sur les réseaux sociaux, ce texte suscite beaucoup d'espérance.

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Que pensez-vous de l'étude publiée la semaine dernière dans le Journal of the American Medical Association (Jama) et qui prétend que le "Covid long" serait surtout d'ordre psychologique ?

Il y a vraiment des gens qui souffrent et il n'est pas entendable que l'on tienne ce genre de propos. Ce ne sont pas des malades imaginaires. Tous les médecins que nous avons auditionnés nous ont affirmé que les patients qu’ils ont eus en face d’eux étaient vraiment malades. Si les Anglais et les Espagnols mettent autant de moyens pour la prise en charge du "Covid long", cela ne peut pas être psychologique.

Plusieurs médecins dénoncent de plus que cette étude est biaisée sous plusieurs aspects. Surtout, il ne s’agit que d’une étude. Des milliers d’autres affirment le contraire. 

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