Plus de 5000 cas de Covid-19 par jour : peut-on déjà parler de "cinquième vague" de l'épidémie ?

Plus de 5000 cas de Covid-19 par jour : peut-on déjà parler de "cinquième vague" de l'épidémie ?

CRISE SANITAIRE - Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, estime qu'en dépit de la nouvelle hausse des cas de Covid-19 en France, il n'est pas encore approprié de parler de "cinquième vague". Explications.

Un "très léger rebond". Voilà comment le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, décrit la situation sanitaire qui sévit actuellement en France. Depuis plusieurs jours, le nombre de cas a cessé de baisser. En moyenne, il est même légèrement repassé au-dessus de la barre symbolique des 5000 contaminations quotidiennes. Et le taux d'incidence national a franchi le seuil des 50 cas pour 100.000 habitants, une première depuis septembre.

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Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Pourtant, du côté de l'exécutif, on se refuse encore à évoquer une "cinquième vague", après la quatrième de l'été. "Il y a un très léger rebond, mais pour l'instant, nous ne pouvons pas parler de cinquième vague", a ainsi insisté ce mardi matin sur Europe 1 Gabriel Attal, qui note que l'augmentation des contaminations n'est pas "exponentielle."

La hausse du nombre de cas, "les soubresauts de la quatrième vague"

L'ombre d'une nouvelle vague, la troisième de 2021, plane pourtant au-dessus de la France. Mais selon l'épidémiologiste Philippe Amouyel, professeur de santé publique, il ne s'agirait que d'une fluctuation de la quatrième. "Une vague consiste en une augmentation extrêmement rapide des contaminations", explique-t-il à LCI. "À chaque fois, il y avait une bonne raison. Lors de la première vague, il n'y avait pas de mesure barrière. Lors de la deuxième, on s'est complètement relâché à l'été 2020. Lors de la troisième, le variant anglais, plus transmissible, est arrivé. Et lors de la quatrième, il y a eu le variant Delta, encore plus contagieux."

Cette fois, la France n'observe aucun nouveau variant à l'horizon (le Delta représente plus de 96% des contaminations). Les gestes barrières (port du masque, pass sanitaire...) rythment toujours le quotidien des Français. En ce sens, "ce que nous voyons actuellement, ce sont toujours les éléments de la quatrième vague", conclut Philippe Amouyel.

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D'autant que si le nombre de cas est reparti à la hausse, l'augmentation demeure modérée. Le R0, symbole de la vitesse de circulation du virus, s'élève à 1,06, deux fois moins qu'au pic de l'été dernier. Et cette fois, la majorité de la population éligible a reçu au moins une dose de vaccin (88%), quand la campagne de rappel pour les plus vulnérables bat son plein. "Nous restons à des taux bas, nous flirtons avec le seuil d'alerte (50 cas pour 100.000 habitants, ndlr), mais nous n'atteignons pas les seuils d'urgence que nous avons pu connaître", tempère l'épidémiologiste.

Selon le professeur de santé publique, seule l'apparition d'une nouvelle souche du virus pourrait entraîner une réelle nouvelle vague. "La cinquième vague, ce sera si nous rencontrons un nouveau variant. Mais actuellement, nous nous battons toujours contre le même", poursuit-il. "Le nombre de cas risque tout de même d'augmenter, avec le relâchement indirect des mesures barrières. Mais ce ne sont que les soubresauts de la quatrième vague."

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