Que sait-on des séquelles du Covid-19 ?

Que sait-on des séquelles du Covid-19 ?
Santé

MALADIE - Une sensibilité accrue aux infections respiratoires, des capacités musculaires diminuées, des symptômes qui apparaissent après la guérison, mais aussi des conséquences psychiques… Dans un avis publié mercredi, l’Académie de médecine détaille les séquelles du Covid-19 dont elle a connaissance à l’heure actuelle.

A mesure que les semaines passent, les soignants connaissent davantage le Covid-19, nouvelle maladie qui a pris par surprise le monde entier lors de son apparition. Si tous ses secrets n’ont pas encore été percés, comme en témoigne encore récemment la possible découverte d’un nouvel effet secondaire, l’Académie de médecine a néanmoins été en mesure d’établir une liste de séquelles, dévoilée dans un avis rendu public le mercredi 15 juillet.

L’Académie de médecine distingue ainsi un premier groupe de séquelles, celui "des atteintes organiques de la phase aiguë", qui sont "non ou peu réversibles". Dans cette catégorie, sont d’abord évoquées les atteintes respiratoires résiduelles, car le poumon "est l’organe le plus fréquemment atteint" dans la phase la plus grave de la maladie. "La fibrose pulmonaire interstitielle est la conséquence fréquente de la détresse respiratoire observée", constate l’institution, avant de détailler : "Elle est caractérisée par un déclin progressif de la fonction respiratoire, une extension des lésions visibles sur la tomographie thoracique, une sensibilité accrue aux infections respiratoires. Même un faible degré de fibrose résiduelle peut accroitre la mortalité chez les sujets âgés."

L’avis signale aussi des atteintes cardiaques, comme une myocardie inflammatoire "fréquemment retrouvée chez les malades traités en soins intensifs", ou des troubles du rythme susceptibles de persister et donc de réclamer une surveillance prolongée, ainsi qu'un traitement approprié. Des atteintes rénales, et des atteintes directes ou indirectes du système nerveux central sont également citées comme séquelles du Covid-19, tout comme des sarcopénies, en d’autre termes des diminutions des capacités musculaires, "quasi constantes chez les malades immobilisés plusieurs semaines en soins intensifs". 

Malaise général, fatigue : des troubles après la guérison

L’Académie de médecine a également identifié un autre groupe de séquelles, qui inclut celui-ci des troubles complexes "mal étiquetés", survenant "quelques semaines après la guérison" et "dont l’origine et le devenir restent inconnus" : 

On a pu constater que des malades apparemment sortis de l’épisode aigu nécessitaient une convalescence prolongée ou se plaignaient de nouveaux symptômes après une période de rémission.- Académie de médecine

Dans ces cas-là, "l’infection initiale a été souvent courte et a guéri spontanément", indique l’avis, précisant que "les troubles dont se plaignent ces sujets sont un malaise général, des douleurs musculaires, des arthralgies, de la fatigue au moindre effort physique ou intellectuel, une perte de la mémoire et, parfois, des accès de tachycardie." Si ces troubles sont le plus souvent épisodiques, ils peuvent cependant avoir un caractère prolongé, et leur traitement est "difficile", à part "la prescription de paracétamol, le soutien psychologique et la correction d’une éventuelle dénutrition par un diététicien".

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Enfin des séquelles psychiques sont à craindre, prévient aussi l’Académie de médecine. Chez les patients d’abord, en particulier ceux "intensément marqués" par un passage en réanimation avec ventilation assistée et sédation profonde. Mais aussi chez les soignants, quels qu’ils soient, qui ont été "soumis à des horaires de travail prolongés associés à des responsabilités accrues, vu l’état préoccupant des patients traités, entraînant fatigue, anxiété et manque de sommeil." L’avis mentionne aussi le cas des "victimes du confinement", notamment des enfants, des étudiants, qui pourraient avoir besoin d’un soutien psychologique.

"Du fait de l’extension de la pandémie, même un faible pourcentage de séquelles représente un problème de santé publique à l’échelle du pays", fait remarquer l’Académie de médecine. Face aux différentes séquelles, celle-ci recommande, "dans la limite des connaissances actuelles" : la reprise dès que possible d’une activité physique (la marche étant le plus simple ; la vigilance "quant à la qualité fonctionnelle des organes les plus souvent atteints" ; mais aussi des mesures concernant l’organisation du travail dans les hôpitaux et les EHPADS, afin de diminuer le risque de "burn out" et les tensions psychologiques liées à un travail excessif.

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