PCR, antigénique, salivaire… Quel test pour quel usage ?

Des tests antigéniques réalisés à Paris, le 3 novembre 2020

DÉPISTAGE – Plusieurs types de tests existent aujourd’hui pour détecter une infection au Covid-19. Si les tests antigéniques sont considérés comme fiables et rapides, les tests PCR restent ceux de référence pour les autorités de santé.

"Tester, tracer, isoler" : la doctrine du gouvernement est la même qu’au premier déconfinement, les capacités de dépistage en plus. Aujourd’hui, 1,3 million de tests sont réalisés par semaine, en baisse avec le ralentissement de la circulation du virus, et différents types sont à la disposition de la population. Mais comment savoir quel test privilégier dans quelle situation ? PCR, antigénique ou salivaire, on fait le point sur les dépistages qui existent en laboratoire ou en pharmacie. 

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Les tests par RT-PCR

Ces tests, réalisés par prélèvement nasal, restent la référence pour les autorités de santé en raison de leur haute sensibilité. Puisqu’ils permettent de détecter de faibles quantités de virus, les faux négatifs sont plus rares et ils sont donc recommandés pour les cas-contact et les personnes à risques (plus de 65 ans, personnes atteintes d’obésité, de diabète, etc). Ainsi, un patient symptomatique présentant un risque de développer une forme grave du Covid-19 doit se faire dépister par PCR, selon le site médical Medscape.

Les tests antigéniques

Aussi appelés tests rapides, ils viennent compléter la stratégie de dépistage et visent principalement à détecter le plus rapidement possible les foyers de contamination, autrement dit les clusters. "Les tests antigéniques ont un grand intérêt si on va dans un Ehpad, si on va dans une collectivité et qu’on veut voir si le virus circule", a préconisé le docteur Richard Handschuh, ce mardi 24 novembre, sur LCI. "On peut tester toute une population, on aura une vraie réponse épidémiologique." C’est à ce titre que la région Ile-de-France a annoncé à la mi-novembre l’achat de 100.000 tests antigéniques, qui seront déployés dans les lycées et les gares.

En septembre, la Haute autorité de santé (HAS) se disait favorable à l’utilisation des tests antigéniques, en les considérant toutefois moins fiables que les PCR, et recommandait un seuil de sensibilité minimale de 80% pour qu’ils débouchent le moins possible sur de faux négatifs. Ces tests peuvent être utilisés dans deux cas, selon la HAS : dans celui des personnes asymptomatiques, dans le cadre d’un large dépistage mené au sein d’une population, et dans celui des personnes symptomatiques, si elles ne peuvent avoir le résultat de leur test PCR dans un délai de 48h.

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Dépistage : quel test pour quel patient ?

"Dans l’attente de données sur la fiabilité de ces tests chez les personnes asymptomatiques, la HAS ne se prononce pour l’instant pas sur leur utilisation en dépistage, que ce soit pour une personne sans symptôme qui souhaite être rassurée ou pouvoir voyager à l’étranger, ou pour des dépistages collectifs systématiques, dans les écoles, les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), ou en entreprise", avance prudemment la HAS, qui doit rendre un avis plus complet dans les prochains jours. Autrement dit, le test PCR est toujours de rigueur dans tous ces précédentes situations, que ce soit en voyage ou en Ehpad, mais aussi pour les cas contactsé asymptomatiques, "identifiés isolément ou au sein d’un cluster".

Les tests salivaires

Ces tests ne sont pas encore disponibles à grande échelle en France car n’ayant pas reçu d’avis favorable des autorités de santé, ils ne peuvent encore être remboursés par l’Assurance maladie. Faute de données suffisantes, la Haute autorité de santé ne s’est pas encore prononcée sur la fiabilité du test français EasyCovid, développé par le CHU de Montpellier, le CNRS et le laboratoire de biotechnologie Skillcell. Pour autant, la HAS considère que ces tests peuvent être réalisés chez les patients symptomatiques qui ne peuvent supporter le prélèvement nasal : les enfants en bas âge, les personnes âgées ou encore les personnes présentant des troubles psychiatriques. La HAS ne recommande pas le recours aux tests salivaires pour les personnes asymptomatiques et se fonde sur une étude ayant révélé "de très faibles performances du test" sur ce type de patients, avec 3 cas sur 4 non détectés.

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Les tests sérologiques

À la différence des tests virologiques qui cherchent la présence du virus en temps réel, ils permettent de détecter la présence d’anticorps, et par conséquent si le patient a été en présence du virus par le passé. Le ministère de la Santé recommande leur usage "en complément de diagnostic". Les tests sérologiques doivent ainsi être réalisés "pour confirmer le fait qu’une personne est infectée, dès lors qu’elle présente des symptômes, mais qu’un premier test par RT-PCR s’est révélé négatif" ou bien lorsque "la personne ne présente plus de symptômes et n’a jamais été testée positive par RT-PCR, pour confirmer ou non qu’elle a bien été infectée par le virus et permettre ainsi par exemple d’éviter d’éventuelles complications ultérieures". Mais ces tests comportent encore aujourd’hui des incertitudes, liées à leur fiabilité ou au caractère immunisant du virus. 

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