Coronavirus : pourquoi la France n'effectue-t-elle pas plus de tests de dépistage ?

Coronavirus : pourquoi la France n'effectue-t-elle pas plus de tests de dépistage ?
Santé

STRATEGIE - La France compte parmi les pays effectuant le moins de tests de dépistage. Une stratégie remise en cause par l'opposition et certains médecins, sur laquelle le gouvernement s'est dit prêt à revenir. Mais seulement à la levée du confinement.

Depuis le début de l'épidémie de coronavirus, la France a fait le choix de ne tester, pour l'essentiel, que les personnes présentant des symptômes sévères, ainsi que le personnel médical ou les personnes fragiles. Quelques 5000 tests sont réalisés chaque jour sur le territoire. Loin des 12.000 tests quotidiens effectués en Allemagne, et des 20.000 tests pratiqués par la Corée du Sud dès les premiers cas détectés. Ce pays est souvent pris en exemple, parce que cette politique lui a permis de casser rapidement l'épidémie, et de maintenir le nombre de décès sous la barre des 100.

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C'est d'ailleurs cette dernière stratégie que préconise aujourd'hui l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Nous avons un message simple à tous les pays : testez, testez, testez les gens ! Vous ne pouvez pas combattre un incendie les yeux bandés", a déclaré le 16 mars dernier son patron Tedros Adhanom Ghebreyesus. Car il est désormais connu que le virus se transmet notamment par des personnes asymptomatiques (la moitié des malades ne présenteraient pas de symptômes). Les identifier permet de les placer en quarantaine, et de casser la chaîne de transmission. 

L'opposition demande plus de tests

Ces derniers jours, alors que l'union nationale s'est fissurée, l'opposition a supplié le gouvernement d'adopter cette politique de dépistage. Ainsi, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a demandé, dimanche 22 mars, dans une lettre ouverte au gouvernement, l’instauration d’une "économie de guerre" prônant des réquisitions massives d’entreprises pour produire masques ou tests de dépistage. "Je vous demande de réquisitionner toutes les industries qui peuvent fabriquer des masques, des tests de dépistage, des respirateurs, du gel hydroalcoolique", a écrit le député, alors que plusieurs entreprises, par exemple le leader du luxe LVMH, ont réorienté leur production vers ces outils de protection.

Samedi 21 mars en conférence de presse, le ministre de la Santé Olivier Véran a assuré que le gouvernement entendait se donner les moyens "d’évoluer rapidement sur la stratégie de dépistage" du coronavirus pour pouvoir "multiplier les tests". Mais seulement "au moment où nous lèverons le confinement", a-t-il précisé. "Ce n’est pas sur la base d’un dépistage massif que nous mettrons fin au confinement, mais c’est sur la base d’un dépistage massif que nous pourrions être amenés à accroître notre surveillance une fois le confinement levé", a estimé le ministre. 

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Olivier Véran a justifié ainsi la politique actuelle de la France : "Nous avons fait jusque-là le choix d’un usage rationnel, raisonnable, raisonné des tests. Car il y a une logique qui prévaut lors de chaque épidémie quand un virus circule vite : ne pas dépister de manière systématique mais baser le suivi sur la surveillance des symptômes. C’est ce que nous faisons chaque hiver lorsque nous gérons par exemple l’épidémie de grippe."

Un problème d'approvisionnement

Quand bien même la France voudrait tester plus largement la population, elle serait confrontée à un manque de tests. "Aujourd'hui, nous avons la capacité de faire passer 5000 à 8000 tests par jour, mais pas davantage", a indiqué le président du conseil scientifique Jean-François Delfraissy à La Croix le 20 mars. Il ajoute que ces tests nécessitent "un certain nombre de produits dont une partie nous vient de Chine et des Etats-Unis, (et qui) n'arrivent plus en nombre suffisant". 

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Allant à l'encontre des recommandations officielles, des hôpitaux ou laboratoires effectuent des tests à grande échelle. Dans l'Essonne, un laboratoire dépiste les patients munis d'une ordonnance depuis leurs véhicules. A Marseille, la file d'attente ne cesse de s'allonger devant l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection dirigé par le professeur Didier Raoult, qui assure le dépistage de toutes les personnes "fébriles" qui s’y présentent. Faisant fi des consignes, l'IHU a indiqué dans un communiqué : "Nous avons décidé pour tous les malades fébriles qui viennent nous consulter, de pratiquer les tests pour le diagnostic d’infection à Covid-19."

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