Masques "grand public" : quel prix ? Et comment éviter les arnaques ?

Masques "grand public" : quel prix ? Et comment éviter les arnaques ?
Santé

PROTECTION – Le gouvernement a annoncé ce vendredi que le prix des masques chirurgicaux serait désormais plafonné à 95 centimes. Mais qu'en est-il des autres masques ? Notamment les masques réutilisables ? Avec des tarifs souvent disparates et parfois élevés, comment éviter de se faire avoir ? On fait le point.

Un masque chirurgical, à usage unique, ne vous coûtera pas plus de 95 centimes. C'est l'annonce qu'a faite Agnès Pannier-Runacher ce vendredi 1er mai après avoir reçu les recommandations de la DGCCRF. Mais qu'en est-il des autres masques de protection ? Ceux qui seront largement vendus pour le "grand public" et qui doivent permettre à la population de se protéger à l'heure du déconfinement ?

Sans plafonnement, comment y voir plus clair?

Si aucun plafonnement n'existe aujourd'hui, il faut savoir que c'est parce que, pour le moment, il est encore difficile de pouvoir fixer un prix maximal. "C'est une catégorie émergente, nouvelle, dont les coûts de fabrication et le nombre d'utilisations possibles sont très hétérogènes", nous explique Loïc Tanguy, porte-parole de la DGCCRF. "On ne connait pas encore assez ce marché." C'est pourquoi, si Bercy assure aujourd'hui que "l'objectif est de garantir l'accès de tous à des masques de qualité et à des prix raisonnables", certains internautes s'offusquent d'ores et déjà des prix exorbitants de ces produits. 

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Alors oui, certains coûtent bien plus de 15 euros. Mais la secrétaire d'Etat rappelle que cela ne correspond pas au prix d'une utilisation. "Il faut, dans l'appréciation du prix des masques, prendre en compte le nombre d'usages possibles", a-t-elle rappelé. "Un masque à 4 euros qui est utilisable 20 fois, c'est un peu moins de 20 centimes par utilisation." Soit moins que le prix maximum décrété pour les masques chirurgicaux. Sur Twitter, Agnès Pannier-Runacher répond même à des internautes qui s'inquiètent pour leur porte-monnaie en prenant plusieurs exemples, comme celui du modèle "phare", vendu en pharmacie. Si son prix avoisine la quinzaine d'euros, ils sont "qualifiés pour 45 lavages". "Cela fait un coût à l'usage inférieur à 35 centimes d'euros."

Du côté des enseignes de la grande distribution, elles se sont "engagées" à ce que le prix des masques "soit limité". Le prix de base d'un masque grand public "sera de l'ordre de 2 à 3 euros, soit un coût à l'usage de 10 à 30 centimes", a fait savoir le ministère de l'Economie via un communiqué ce mercredi 29 avril. Enfin, chez les buralistes, le masque commercialisé sera "lavable, normé et réutilisable 15 fois", soit "0,35 centime le coût d'utilisation". 

Entre 20 et 30 centimes pour chaque usage

C'est en s'appuyant sur tous ces produits qu'une fourchette de prix a pu être donnée. Si, pour l'instant, les consommateurs n'ont pas encore de repère précis, c'est à vous de faire le calcul. Chaque usage doit avoir un coût "de l'ordre de 20 à 30 centimes d'euros", selon Bercy. Un ordre de grandeur qui sera mise à jour grâce à un travail de "surveillance de l’évolution des prix" de la DGCCRF afin d'"objectiver le marché". "Quel acteur se fait des marges, sont-elles importantes, pourquoi un prix peut évoluer pour un même produits…", liste ainsi Loïc Tanguy, entre autres exemples. 

"A partir du moment où on aura compris ce marché, là on pourra - si besoin - prendre de nouvelles dispositions." Bercy communiquera alors "régulièrement" sur de nouvelles fourchettes de prix "afin de fournir de façon transparente aux consommateurs une information sur les prix habituels de ces produits leur permettant de faire des choix éclairés", comme l'assure la Secrétaire d'Etat. 

Il est également important de vérifier que vous achetez bien un modèle homologué. Ces derniers sont reconnaissables grâce à un logo obligatoire bleu et rouge. S'il assure que le produit a été testé et validé par les autorités sanitaires, il vous précisera aussi le nombre de lavages possibles. 

Une cellule qui traque l'arnaque

Pour les organisations publiques aussi, il est possible d'éviter l'escroquerie. Depuis le 2 avril, c'est la Direction générale des finances publiques (DGFIP) - via une cellule spécialisée - qui organise la lutte contre la fraude au masque. L'objectif est de venir en aide aux collectivités territoriales et établissements publics qui veulent passer commande avec des fournisseurs de matériel médical. Il appartient alors au comptable d'une commune ou d'un hôpital de "saisir" cette cellule afin de vérifier la "fiabilité" du fournisseur, nous explique-t-on au sein de l'administration publique. Son rôle dès lors est d'analyser la "situation financière" de l'entreprise qui propose ce produit. A savoir, "si c'est une coquille vide, une entreprise connue qui paie correctement ses impôts, une société créée il y a dix jours,…", comme nous cite, entre autres exemples, la DGFIP. 

Notre action est légitime car in fine c'est de l'argent public qui est en jeu- DGFIP à LCI

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Preuve de l'importance de ce travail, cette cellule spécialisée constituée d'une "cinquantaine" d'agents a d'ores et déjà rendu 470 avis dont 40% étaient "négatifs". "Cette mission fait partie des responsabilités de l'Etat", plaide la DGFIP. "Si les masques posent la question de la sécurité sanitaire, la sécurité des importations, ou encore la sécurité de la conformité du matériel, nous on arrive en amont, avant la prise de commande." Une façon de sauver de l'argent public. Et pas qu'un peu. La plus importante arnaque déjouée par les agents était une commande de 7 millions d'euros passée à un fournisseur qui n'était pas sérieux.

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