Propagation du Covid-19 : les manifestations, des nids à virus ?

Propagation du Covid-19 : les manifestations, des nids à virus ?
Santé

VIGILANCE - Plusieurs voix, notamment scientifiques, alertent sur les risques que représentent les manifestations en termes de propagation du virus. Qu'en est-il ? Éléments de réponse.

Les rassemblements, des nids à microbes ? Si la question n'est pas officiellement tranchée, les mises en garde se multiplient ces derniers jours, alors que la mort de George Floyd, l'afro-américain asphyxié par un policier à Minneapolis, a déclenché des manifestations partout dans le monde, et ce bien que l'épidémie de Covid-19 continue de progresser de façon préoccupante dans certaines régions du globe.

C'est le virologue américain Trevor Bedford, qui , le premier, a tiré la sonnette d'alarme. Selon ses estimations, qui découlent d'analyses statistiques et non d'études scientifiques, de tels regroupements peuvent engendrer 3000 infections par jour et pas moins de quinze à trente morts au quotidien. 

"Le virus lui-même ne fait pas de discrimination"

Une inquiétude que semble partager, plus près de chez nous, le secrétaire d'état à la santé britannique, Matthew Hancock, qui déclarait ce week-end, que manifester dans le contexte sanitaire que l'on connait "c'est sans doute un risque (...) le virus lui même ne fait pas de discrimination".

Si aucun membre du gouvernement ne s'est exprimé sur cette question en France, la Direction générale de la Santé a estimé ce mardi matin qu'il y a bien un risque de propagation du virus.

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Dans le détail, trois paramètres sont à prendre en compte selon les experts pour expliquer ce risque accru. Il s'agit en premier lieu du brassage de populations d'origines géographiques diverses qui implique une proximité, mais aussi de la présence inévitable de cris et de chants, vecteurs de gouttelettes que l'on sait désormais propices à une transmission du virus, ainsi que les gaz lacrymogènes qui font tousser.

Pas de cluster après un "match interdit"

Mais ce risque s'est-il vérifié ces dernières semaines ? Selon une étude, qui n'a pas encore été publiée, et qui reste donc à interpréter avec précaution, des participants au carnaval de Gangelt, en Allemagne, ont été 2,5 fois plus contaminés que des personnes qui n'y avaient pas participé. Si ces premiers résultats tendent à montrer en effet que les rassemblements extérieurs peuvent jouer en faveur d'une propagation accrue du virus, il est à noter que cet événement s'est tenu début avril, alors que le climat épidémique n'était pas celui que l'on connait depuis actuellement en Europe et qui se veut relativement rassurant.

En France, un "match interdit" qui a eu lieu à Strasbourg le 24 mai en présence de 400 personnes, dont beaucoup de jeunes, prête lui aussi à s'interroger. Alors qu'un cluster était redouté dans la quinzaine à suivre, les courbes du taux de positivité ne démontrent rien de tel.

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D'ailleurs, à y regarder de plus près, les clusters répertoriés dans l'Hexagone ne concernent finalement que des endroits confinés, à savoir des établissements de santé, sociaux, des établissements scolaires ou encore le milieu familial.

Aussi, alors qu'un doute demeure sur le potentiel risque d'une propagation accrue du fait des rassemblements, les experts invitent plus que jamais, pour manifester en militer les risques, à respecter les gestes barrière et plus précisément à porter masques et lunettes et ne pas faire fi de la distanciation sociale.

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