Coronavirus : entre 20 et 25% des Français éviteraient de se faire vacciner

Aucun vaccin n'est pour l'heure développé, et il faudra certainement encore attendre de longs mois avant d'en disposer.

VACCINATION - Selon le CNRS, près d'un Français sur quatre ne se ferait pas vacciner contre le Covid-19. Une réticence notamment liée à la fabrication jugée trop rapide et risquée du vaccin.

Depuis plusieurs mois, la question de la recherche du vaccin contre le Covid-19 est sur toutes les lèvres, certains voyant cette solution comme le seul espoir de faire reculer l'épidémie. Pourtant, en France, ce vaccin pourrait être boudé par une partie de la population lorsqu'il sera mis au point. Selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) publiée mercredi, près d'un Français sur quatre ne compte pas se faire vacciner contre le Covid-19.

Jeremy Ward, chercheur postdoctoral en sociologie, indique dans cette étude qu'après plusieurs enquêtes hebdomadaires réalisées au sein du projet Coconel, financé par l’Agence nationale de la recherche, entre 20 et 25 % de la population "ne compte pas se faire vacciner contre le nouveau coronavirus". "Le principal motif de cette réticence est l’idée que ce vaccin sera réalisé trop vite et risque par conséquent d’être peu sûr", ajoute la publication.

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Le précédent H1N1 comme explication

Jeremy Ward indique également que "les réticences sont notamment bien plus fortes chez les personnes se sentant proches des partis d’extrême gauche et d’extrême droite, ainsi que celles se déclarant sans orientation politique et s’étant abstenues lors de la précédente élection présidentielle". Pour autant, le chercheur se veut optimiste quant à l'utilisation future de ce potentiel vaccin : "On peut s’attendre à ce que les réticences à cette vaccination se diffusent lorsque ce sera le cas, ou plutôt si cela arrive."

Pour expliquer cette défiance face à la vaccination, Jeremy Ward se base notamment sur l'expérience de la grippe H1N1 : "Les intentions de vaccination contre la grippe H1N1 n’avaient en effet réellement baissé qu’au moment où un débat avait émergé autour de la sécurité de ce vaccin. Dans un contexte où les savoirs sur le virus tendaient à montrer qu’il serait beaucoup moins mortel qu’attendu, certains avaient remis en cause sa 'balance bénéfice-risque' arguant qu’il avait été produit trop rapidement et qu’il contenait des adjuvants potentiellement dangereux."

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