Vaccination : la 3e dose pour tous ? Les autorités sanitaires peinent à trouver un consensus

Vaccination : la 3e dose pour tous ? Les autorités sanitaires peinent à trouver un consensus

CAMPAGNE VACCINALE - Si les autorités sanitaires s'accordent à rappeler l'importance du rappel vaccinal contre le Covid-19 pour les personnes âgées et vulnérables, la population générale n'est toujours pas concernée par cette troisième dose.

Après la première et la deuxième injections de vaccin contre le Covid-19, toutes les catégories de Français vont-ils bientôt recevoir leur dose de rappel ? Le président de la République, Emmanuel Macron, devrait apporter des éléments de réponse ce mardi 9 novembre au soir lors de son allocution (à suivre à 20h sur TF1 et LCI), mais le sujet ne fait pas consensus. 

À ce jour, seules les personnes âgées de plus de 65 ans, ainsi que celles présentant des comorbidités, vaccinées depuis plus de six mois, sont fortement incitées à recevoir leur troisième dose. Mais concernant la population générale, les autorités sanitaires restent prudentes.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Le Conseil scientifique, l'instance chargée de conseiller le gouvernement depuis le début de la crise, estimait dans son avis du 5 octobre que "tant que la protection contre les formes graves [serait] assurée", la dose de rappel ne représenterait pas "une priorité". Mais, "par sécurité", cette dose de rappel devait être proposée "aux personnes vulnérables", insistait le Conseil scientifique.

"Certaines études rapportent que la baisse de la protection est constatée dans tous les groupes d'âge"

Toutefois, l'instance émettait une première réserve. Elle rappelait que, selon des données en provenance d'Israël, des États-Unis et du Royaume-Uni, le vaccin est efficace à 90% contre les formes symptomatiques deux mois après la deuxième dose, mais plus qu'à 50% six mois après. Un bon argument pour une troisième dose pour tous ? Pas tout à fait.

Car selon les scientifiques, "la protection contre les formes sévères, et donc une hospitalisation, reste à 90% six mois" après la deuxième injection pour la population générale. Et pour les plus jeunes (12-15 ans), aucune baisse de la protection n'avait même été constatée quatre mois après la deuxième dose, selon les mêmes données.

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Dans un communiqué publié lundi 8 novembre, la Haute autorité de santé (HAS), dont l'avis est suivi par le gouvernement, s'est montrée plus ouverte sur la question. "Les études les plus récentes confirment une baisse au cours du temps de l'efficacité de la primo-vaccination observée en vie réelle", écrit la HAS. "Tandis que cette baisse progressive de la protection au cours des six (premiers) mois est essentiellement observée chez les plus âgés, certaines études rapportent qu'elle est constatée dans tous les groupes d'âge", met-elle en garde, sans recommander pour autant d'élargir le public ciblé par cette nouvelle injection.

Alain Fischer pas fermé à un rappel pour tous

Le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale (COSV), le Pr Alain Fischer, reste lui aussi très prudent, sans fermer la porte au rappel vaccinal pour tous. Dans une interview accordée à Ouest France le mois dernier, il estimait ainsi que la troisième dose en population générale n'était "pas nécessaire". "Si la circulation du virus reste contenue, il n'y a pas de raison à ce stade de prévoir un rappel pour tous", affirmait-il.

Depuis, la situation sanitaire s'est pourtant dégradée. Au moment de ces déclarations, la France enregistrait, en moyenne, à peine 4000 cas par jour. Désormais, plus de 7000 contaminations sont enregistrées quotidiennement dans le pays - une hausse continue depuis mi-octobre - et les services hospitaliers voient affluer de plus en plus de patients. "Le rappel pour tous, on pourrait le faire rapidement en cas de rebond", prévenait alors le président du COSV.

L'intérêt de la troisième dose n'est cependant pas partagé par tous les scientifiques. Interrogée sur LCI, l'épidémiologiste et biostatisticienne Catherine Hill estime que les doses de rappel devraient plutôt être utilisées pour la primo-vaccination des 6,7 millions de Français éligibles, mais toujours pas protégés. "Ce rappel est utile à la marge, la population est encore bien protégée par le vaccin", assure-t-elle. "Peut-être que les personnes ayant des comorbidités et celles fragiles sont un peu moins protégées, mais ce n'est pas vraiment l'urgence. Il s'agit plutôt de vacciner ceux qui ne le sont pas."

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