Coup de frein sur l'économie française : les secteurs affectés par la crise du coronavirus

Un couple à Paris / Photo d'illustration

IMPACT - Le tourisme en tête, le ministre de l'Économie a identifié ce mardi les principaux secteurs dont l'activité est ralentie par l'épidémie de coronavirus. La croissance française pourrait perdre 0,3 point sur l'ensemble de l'année pour tomber à 0,9%, estime de son côté l'OCDE. 

Lignes aériennes coupées, réservations d'hôtel annulées, restaurants moins remplis, salons et événements reportés (quand ils ne sont pas annulés)... la crise du coronavirus affecte tout un pan de l'économie. Assurant les entreprises concernées de son soutien, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a décrit les secteurs les plus touchés ce mardi 3 mars dans le cadre d'une réunion menée avec les acteurs économiques. "Pour l'hôtellerie, 20% de chiffre d'affaires ont été perdus à l'échelle nationale avec des disparités importantes [...] 20 000 nuitées ont été annulées à Tarbes et Lourdes", a-t-il notamment indiqué.  

Dès le départ de l'épidémie, les touristes chinois faisant une croix sur leur voyage notamment dans l'Hexagone - 2,2 millions de visites en France par an - ont privé par la même occasion le secteur du luxe d'une bonne partie de ses clients. Maintenant que le coronavirus s'est propagé hors de Chine, faisant de la France le deuxième foyer européen de l'épidémie (après l'Italie), c'est la double peine pour les professionnels du tourisme, dont le secteur représente à lui seul plus de 7% du PIB annuel.

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Ainsi, dans l'aérien, "en 15 jours, la recherche de vols a baissé de 15%", constate ce mardi Guillaume Rostand, porte-parole du moteur de recherche de voyage liligo.com. Ce repli est bien sûr clairement marqué "pour l'Asie (-50% de recherches en février 2020 par rapport à février 2019 ) et la Chine (-65%)", observe-t-il. Tout en rappelant que "les Français étaient inquiets bien avant la médiatisation des cas en Italie, destination pour laquelle le recul était déjà de -20% en janvier 2020 par rapport à janvier 2019 et a atteint les -40% en février 2020 par rapport à février 2019".

Dans l’événementiel, jusqu'ici épargné,  la situation s'est finalement détériorée en fin de semaine dernière lorsque le gouvernement a annoncé l'interdiction des événements rassemblant plus de 5.000 personnes en milieu fermé partout en France. Parmi les nombreux exemples : le Salon de l'Agriculture a ainsi dû fermer ses portes un jour en avance ; le Salon du Livre et ses 160.000 visiteurs attendus a tout bonnement été annulé ; le Mipim de Cannes, rendez vous mondial des professionnels de l'immobilier qui draine 80 millions d'euros de chiffre d'affaires pour la ville, est quant à lui repoussé de mars à juin. Idem pour différents concerts, carnavals, rendez-vous sportifs et même marchés. 

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Il n'y a pas de pénurie dans les magasins- Bruno Le Maire, ministre de l'Économie , mardi 3 mars à Bercy

Résultat, la croissance française pourrait limiter sa progression à 0,9% cette année, selon les prévisions publiées lundi 2 mars par l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). C'est 0,3 point de moins que le dernier chiffre communiqué remontant à novembre. Reconnaissant que le coronavirus freinait l'économie française à un niveau "beaucoup plus significatif" que ce qui avait été envisagé jusqu'ici, le patron de Bercy a assuré ce mardi aux entreprises impactées que la solidarité nationale allait s'appliquer à travers une série de mesure (recours au chômage partiel, report de charges, accès au crédit facilité...).

Il n'empêche que ces aspects économiques ne perturbent pas, dans l'immédiat, le quotidien des Français : les mesures de restriction ne pèsent pas sur la consommation des ménages. À noter, comme l'a assuré ce mardi Bruno Le Maire, qu'"il n'y a pas de pénurie dans les magasins" pour les produits de première nécessité (pâtes, riz ou produits d'hygiène), contrairement aux craintes de certains clients se ruant dans les grandes surfaces. Certes des retards d'approvisionnement en produits ou pièces détachés essentiellement fabriqués en Chine perturbent déjà les filières de l'automobile, de la pharmacie et de l'électronique (y compris des smartphones) mais cela n'a pas encore de conséquences flagrantes pour les clients.

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