Couvre-feu avancé à 18h : ces départements qui pourraient basculer

Couvre-feu avancé à 18h : ces départements qui pourraient basculer

CRISE SANITAIRE - Alors que la pandémie gagne du terrain en France, la carte des départements contraints à un couvre-feu à 18 h pourrait être étendue. Mais sur quels critères cette liste est-elle établie ?

Ce jeudi, le Premier ministre Jean Castex tentera de donner "le plus de visibilité possible" concernant les mesures de restrictions sanitaires dans l'Hexagone. Et la tendance épidémique laisse croire que le plan de lutte contre le Covid pourrait se durcir. Cinq jours après l'instauration d'un couvre-feu avancé à 18h dans quinze départements, la liste pourrait s'allonger. 

Dans le viseur des autorités : 10 départements dont voici la liste.  "Nous avons un suivi permanent (...) et nous prenons les décisions qui s'imposent. C'est une carte qui peut évoluer dans un sens comme dans l'autre", a d'ailleurs prévenu le porte-parole, Gabriel Attal. 

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Sur quels critères s'appuie le gouvernement pour dresser la liste des départements confinés ? Tout d'abord, les autorités gardent les yeux rivés sur l'évolution du taux d'incidence par département. Cette donnée vise à mesurer le nombre de personnes testées positives pour la première fois depuis soixante jours, rapporté à la population. 

Si le taux d'incidence général dépasse les 200 cas pour 100 000 habitants, c'est donc un couvre-feu à 18h qui s'impose. Selon les données enregistrées entre le 26 janvier et le 2 janvier, plusieurs départements affichent un taux d'incidence supérieur à 200 dont certains pourtant ne sont pas encore soumis à un couvre-feu avancé selon Ouest-France. Dans les Bouches-du-Rhône, les Alpes-de-Haute-Provence, l'Allier, le Cher et la Côte-d’Or, le seuil d'alerte est dépassé. 

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"On cherche des lits tous les jours"

Parfois, il faut noter que le taux d'incidence général est inférieur à 200 mais cela n'empêche pas les départements d'être confrontés à un abaissement du couvre-feu. Il faut en effet prendre également en compte le taux d'incidence général sur les plus de 65 ans. Dans le Cher, l’Allier, l’Aube, ou encore le Vaucluse, ces départements affichent des taux d’incidence supérieurs à 300 cas pour 100 000 habitants chez les personnes plus âgées selon Ouest-France.

Ensuite, il faut combiner ces données avec un autre modulant important : le taux d'occupation des lits de réanimation par des patients Covid. Par exemple, s'il dépasse 30%, ce taux devient préoccupant. Ce paramètre permet de mieux appréhender les départements à surveiller. En effet, dans toute la moitié Est, plus de 50% des places en réanimation sont occupés par des patients Covid. Dans l'hôpital de Montluçon (Allier), il ne reste plus que quatre lits sur 48. "Nous avons été obligés de rouvrir la deuxième unité Covid, la première étant pleine. On cherche des lits tous les jours", déplore Dr Bernadette Mallo directrice du centre hospitalier de Montluçon. Dans ce département, de nouveaux clusters dans les Ehpad ont été identifiés.

Le facteur météo est avéré- Jérôme Salomon, le directeur général de la santé

Si cela peut paraître anodin, la météo est un paramètre qui pèse aussi dans la balance, comme l'a rappelé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon : "Le facteur météo est avéré. On l'a vu l'hiver dernier : la situation a vite dérapé en raison du froid, de l'humidité, du brouillard", soulignait-il dans Le Journal du dimanche, le 3 janvier. En effet, sur les quinze départements soumis au couvre-feu avancé  à 18 h, beaucoup d'entre eux "sont des zones où il fait froid et où le virus circule donc plus", a repris le directeur général de la santé. En effet, de nombreuses études ont établi un lien entre chute des températures et le rebond de l'épidémie de Covid-19.

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Du côté de l'opposition, l'abaissement du couvre-feu avait été vivement critiqué par certains maires. L'édile de Metz, François Grosdidier, jugeait le 2 janvier que cette mesure était "sans bénéfice sanitaire". De son côté, l'élu de Nancy, Mathieu Klein affirmait qu'il voulait bien jouer le jeu tout en jugeant cette décision "tardive et peut-être insuffisante". Certains maires craignent que cette mesure affaiblisse encore l'économie de la ville sans aucune conséquence sur la crise sanitaire.

Jusqu'ici, l'exécutif a écarté l'hypothèse d'un reconfinement total ou partiel du territoire, sans exclure cette option. Parmi nos voisins européens, le Royaume-Uni, confronté à une variante du virus particulièrement active, a décidé ce mardi de reconfiner totalement son territoire et de fermer les écoles.  

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