Les lieux culturels restent fermés : "Nous ne tuons pas la culture, nous la soutenons", justifie Gabriel Attal

Les lieux culturels restent fermés : "Nous ne tuons pas la culture, nous la soutenons", justifie Gabriel Attal

INTERVIEW - Invité politique vendredi 11 décembre 2020, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, est revenu sur l'ajustement de la stratégie de déconfinement. Des restrictions variables suscitant une vive émotion notamment dans le milieu culturel.

Gueule de bois pour le monde de la culture au lendemain des annonces de Jean Castex. Contrairement à ce qui avait été annoncé par Emmanuel Macron, les établissements culturels ne rouvriront pas leurs portes le mardi 15 décembre et devront attendre au moins trois semaines supplémentaires, au moins jusqu’au 7 janvier prochain. "Les conditions ne sont pas réunies à leur réouverture" a assuré le Premier ministre. 

Une décision qui heurte celles et ceux qui espéraient travailler pendant les fêtes : "Il y a des étapes qui avaient été annoncées, la réouverture des lieux de culture était conditionnée au fait qu'on maîtrise parfaitement les contaminations avec moins de 5000 cas par jour, on n'y est pas" déplore Gabriel Attal ce vendredi 11 décembre sur LCI. "La réalité, c'est qu'il faut être responsables" poursuit-il. 

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Le porte-parole du gouvernement est revenu sur ce qui questionne le milieu culturel, pourquoi par exemple les lieux de cultes sont ouverts et les lieux de culture demeurent fermés : "S'agissant des églises, nous avons eu une injonction du Conseil d'Etat à permettre aux Français de pouvoir se rendre dans les lieux de culte" affirme le porte-parole du gouvernement. 

Mais pas d'injonction du Conseil d'Etat pour les cinémas ? "Le Conseil s'est appuyé sur le principe constitutionnel de liberté d'exercer son culte et c'est en cela qu'il nous a enjoint de prévoir une jauge plus importante pour les lieux de culte", explique Gabriel Attal. Le porte-parole du gouvernement considère par ailleurs qu'avec le couvre-feu dès 20 heures à partir du 15 décembre n'est pas intéressant pour les lieux de culture "en termes de capacité et de rentabilité." 

"Renoncer à la culture, ce serait renoncer à une part de nous-mêmes"

En dépit des explications inhérentes à la crise sanitaire, la colère gronde chez les artistes. "On se sent méprisés", a réagi ce vendredi sur LCI le metteur en scène de théâtre Jean-Michel Ribes. "Il n’y pas eu un seul cluster (foyer épidémique, ndlr) dans une salle de théâtre", soutient le directeur du Théâtre du Rond-Point, jugeant la décision du gouvernement "totalement incompréhensible". 

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"On se sent méprisés" : le désarroi du metteur en scène Jean Michel Ribes

Face à cette incompréhension, Gabriel Attal répond qu'il n'y a pas "de système parfait idéal" : "Les débats que nous avons ont lieu dans tous les pays", rappelle-t-il. "On est face à une situation extraordinaire, on ne s'habituera jamais à vivre avec ce virus".

"J'entends le désarroi des artistes qui aimeraient exercer leur travail et leur culture", assure le porte-parole du gouvernement. "On a besoin de culture et d'art en ce moment" insiste-t-il. "Nous ne tuons pas la culture, nous soutenons la culture" dit-il, mettant en avant les aides perçues. "Renoncer à la culture ce serait renoncer à une part de nous-mêmes, il n'en est pas question", soutient-il, rappelant qu'il y a eu "des dispositifs de soutien inédits pour le monde de la culture" et sans "comparaison en Europe" : "On aide les artistes à survivre, on continuera à soutenir le secteur de la culture" maintient-il.

Il précise par ailleurs, concernant la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, dont l'absence à la conférence de presse a été remarquée, que si "elle est passionnée de culture et est attachée aux artistes", "elle a aussi été ministre de la Santé, au moment où le pays a été confronté à des épidémies" et "est lucide sur le fait qu'il faut protéger les Français."

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Autre mesure forte annoncée par Jean Castex ce jeudi : le couvre-feu, qui remplacera le confinement le 15 décembre et qui sera levé le 24 décembre au soir mais maintenu le 31 décembre. De quoi redouter une transgression pour la fête du Nouvel An ? Gabriel Attal explique dans un premier temps un tel arbitrage : "Ce sont deux fêtes différentes" souligne-t-il. "Le réveillon de Noël est familial, c'est un dîner ; l'autre est plus festif, se prolonge plus tard dans la soirée avec une difficulté à respecter les gestes-barrières (...) j'ai constaté, lors du deuxième confinement, que les Français avaient massivement respecté les règles." De fait, mise-t-il, "j'ai la confiance dans les Français pour éviter une reprise massive de l'épidémie". 

"Ce deuxième confinement a été un succès", souligne Gabriel Attal, insistant sur les efforts et la mobilisation des Français pour lutter contre l'épidémie. 

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