Covid-19 : "50% de lits occupés en réanimation" signifie-t-il que 50% de lits sont encore vides ?

Covid-19 : "50% de lits occupés en réanimation" signifie-t-il que 50% de lits sont encore vides ?

HÔPITAL – L’afflux des patients contaminés par le Covid-19 dans les services hospitaliers inquiète. Dans certains départements, le taux d’occupation des lits de réanimation dépasse les 50%. Cela signifie-t-il que la moitié des lits demeurent encore libres ? Eléments de réponse.

Les hôpitaux sonnent l’alerte. Avec la recrudescence de l’épidémie de coronavirus en France, le nombre de patients admis dans les services de réanimation ne cesse d’augmenter. Et cela pourrait continuer de s’aggraver dans les semaines à venir, tant les nouvelles contaminations dans le pays battent des records. Mais déjà, les hôpitaux souffrent. En Île-de-France, le taux d’occupation des lits de réanimation dépasse par exemple les 40%. Ce chiffre grimpe même à 58% en Seine-Saint-Denis et 55% dans le Val d’Oise, des niveaux proches du seuil d’urgence sanitaire (60%).

Pour autant, cette valeur ne signifie pas que les 40 ou 50% de lits restants sont libres et prêts à accueillir de nouveaux cas graves. "Des personnes me disent que si 50% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid, alors il nous en reste 50% de libres, et que donc ça va", indique sur LCI le Pr Philippe Juvin, chef du service des urgences à l’hôpital Georges Pompidou, à Paris (voir vidéo en tête de cet article). "Mais non, ça ne va pas."

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"50% d’occupation, pour nous, c’est un maximum"

En réalité, les autres lits sont occupés par des patients atteints d’autres pathologies mais nécessitant également une réanimation. "Il existe toute une chirurgie extrêmement lourde, avec des patients qui ont besoin de réanimation dans la période post-opératoire", poursuit le maire (LR) de La Garenne-Colombes (Hauts-de-Seine). "Lors de la première vague, nous avions utilisé 100% des lits de réanimation pour le Covid-19", rappelle-t-il. "Cette fois, nous voulons l’éviter car il va y avoir de la casse", même si "partout en France", des déprogrammations ont déjà été effectuées.

À l’hôpital Avicenne de Bobigny, même si "nous avons toujours refusé d’avoir une politique de déprogrammation", l’afflux des patients risque d’obliger les services à "déprogrammer" des opérations à partir de la fin du mois d’octobre, indiquait récemment à LCI le chef des urgences, Frédéric Adnet. Un choix qui serait "catastrophique" car "cela induit forcément une autre mortalité", affirmait alors l’intéressé. "C’est pour cette raison que lorsque nous disons que nous sommes à 50%" de taux d’occupation "des lits occupés par le Covid-19, pour nous, c’est un maximum si nous voulons continuer à être suffisamment efficaces pour les autres patients", conclut le Pr Juvin.

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